LA CREATURE EST PARMIS NOUS
Titre: The Creature Walks Among Us
Réalisateur: John Sherwood
Interprètes: Jeff Moreau

 

Rex Reason
Leigh Snowden
Gregg Palmer
Maurice Manson
 
 
Année: 1956
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Le succès rencontré par LA CREATURE DU LAC NOIR en 1954 se devait de générer des suites et la Universal ne se fit pas prier pour livrer de nouvelles aventures à sa Créature (dite familièrement « Gill Man ») en sortant rapidement une REVANCHE DE LA CREATURE toujours filmé en 3-D. En dépit d’une réception plutôt tiède de la critique cette décevante séquelle n’empêcha pas la mise en chantier d’un ultime épisode, LA CREATURE EST PARMIS NOUS. Cette fois, réduction budgétaire oblige, le gimmick de la troisième dimension se voit abandonner et c’est donc en plat (très plat diraient les mauvaises langues) que débarque le métrage en 1956.

L’intrigue débute par une nouvelle expédition scientifique décidée à capturer notre cher Gill Man occupé à folâtrer dans son lagon. Nous trouvons donc le savant William Barton, le généticien Thomas Morgan, les biologistes Borg et Johnson et l’inévitable chasseur professionnel en quête d’un nouveau gibier de choix, Jed Grant. Evidemment l’équipe ne serait pas complète sans l’épouse de Barton, une blonde charmante et forcément intellectuellement limitée prénommée Marcia, laquelle passe une bonne partie du métrage à jouer les potiches en maillot de bain. Bref tout ce petit monde part à la chasse à la créature et finit par la capturer. Mais au cours de l’opération le monstre est accidentellement brûlé, ce qui oblige les scientifiques à une périlleuse opération.

En effet, privé de ses branchies (détruites par le feu), le Gill Man étouffe…heureusement il possède des poumons primitifs et Barton va s’employer à les activer afin d’adapter de force notre créature à un environnement terrestre. De mutations en mutations notre gracieuse créature aquatique devient donc une sorte de colosse plutôt moche qui évoque d’ailleurs le catcheur Tor Johnson, vu dans les films d’Ed Wood. Le reste du métrage suit davantage les états d’âme d’un Barton de plus en plus rongé par la jalousie au point de tuer un de ses rivaux. Il a alors l’idée machiavélique d’imputer le crime à notre pauvre Gill Man mais ce dernier décide soudainement que trop c’est trop. Très fâché, notre homme poisson s’évade et commence à tout casser dans la plus pure tradition des films de monstres.

Si LA CREATURE EST PARMIS NOUS ne retrouve pas les qualités de l’œuvre originelle, loin sans faut, ce métrage se révèle toutefois un poil plus intéressant que le paresseux second épisode. L’intrigue se montre plus originale et délirante mais malheureusement reste assez pauvre et prévisible dans ses diverses péripéties. On y retrouve le thème classique du savant, vaguement docteur Moreau sur les bords, cherchant à transformer une espèce primitive pour des motifs scientifiques un peu vaseux. Les développements du scénario sont donc assez convenus et le rythme plutôt assoupi n’aide pas à s’intéresser au film, lequel est truffé d’invraisemblances.

De plus les bases de cette histoire, même avec l’indulgence que l’on porte à la série B, sont quand mêmes franchement ridicules, surtout lorsque les acteurs se lancent dans des tirades édifiantes à rendre jaloux le Mr Spock de STAR TREK. La principale originalité (qui n’en est toutefois pas vraiment une si on veut chipoter) de cette seconde séquelle réside sans doute dans la présentation des différents personnages. Ceux-ci sont en effet bien peu recommandables alors que le monstre apparaît, lui, comme nettement plus sympathique par comparaison. L’évasion finale de la créature permet d’ailleurs de voir le pauvre monstre persécuté prendre une juste revanche sur les humains et termine le métrage sur une note plus positive. Les scènes finales distillent ainsi un certains suspense et quelques frissons bienvenus pour les spectateurs les mieux disposés en attendant une conclusion assez sombre et émouvante quoiqu’elle soit elle aussi attendue.

En résumé, LA CREATURE EST PARMI NOUS offre un spectacle rétro pas vraiment passionnant mais néanmoins distrayant pour les nostalgiques du fantastique à l’ancienne. Les puristes se contenteront de revoir L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR mais les fans de séries B jetteront cependant un œil à cette suite qui, sans être véritablement réussie, n’en reste pas moins sympathique.

Fred Pizzoferrato - Avril 2009