CREEPSHOW 2
Titre: Creepshow 2: Dead and Undead
Réalisateur: Michael Gornick
Interprètes: George Kennedy

 

Dorothy Lamour
Jeremy Greene
Lois Chiles
Tom Wright
Tom Savini
Stephen King
Année: 1987
Genre: Horreur / Fantastique / Film à sketches
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Joli succès du box-office en 1982, CREEPSHOW se devait de connaître une suite mais il faudra attendre 1987 pour que cette dernière débarque sur les écrans. George A. Romero, réalisateur de l’original, délègue son poste de metteur en scène à Michael Gornick, directeur de la photographie sur tous les métrages de Romero entre MARTIN (1977) et LE JOUR DES MORTS VIVANTS (1985). Gornick avait cependant gagné ses galons de réalisateur en travaillant sur quatre épisodes de la série télévisée « Tales from the darkside », elle-même dérivée de CREEPSHOW. Bref, nous restons entre habitué, d’autant que les histoires sur lesquels se basent les différents scénarios sont évidemment dues à la plume de Stephen King.

A l’origine, cinq histoires étaient prévues mais deux d’entre elles seront abandonnées pour des raisons budgétaires, l’une d’entre elle étant finalement tournée un peu plus tard pour le similaire TALES FROM THE DARKSIDE – THE MOVIE, souvent présenté comme le troisième volet officieux de la saga CREEPSHOW.

En dépit des jolis scores au box-office du premier long-métrage, les producteurs jouent malheureusement la carte de l’économie pour cette séquelle dont la mise en scène, télévisuelle et assez pauvre, ne peut rivaliser avec celle de Romero. Les arrières fonds semblables à des cases de bandes dessinées et les couleurs outrancières disparaissent donc, remplacés par une photographie assez quelconque et manquant cruellement de folie. Autre conséquence d’un budget réduit, les animations de The Creep laissent la place à un dessin (mal) animé servant de liaison entre les trois sketches. Hélas les faiblesses de l’animation ne sont nullement compensées par la qualité d’un script aussi prévisible que routinier.

Cependant tout n’est pas noir pour autant, le manque de budget obligeant également les scénaristes à situer les intrigues en des lieux isolés, pratiquement oubliés de tous, comme une ville abandonnée, un lac désertique ou des routes forestières. CREEPSHOW 2 gagne ainsi un certain charme surréel parfaitement adapté aux différents récits, lesquels, heureusement, sont très réussis et d’un bon niveau général, « The Craft » étant même, probablement, supérieur à ceux du premier CREEPSHOW.

Le premier épisode, « Vieux Chef Tête de Bois » possède une intéressante mise en place qui compense le caractère routinier de cette vengeance d’outre tombe typique des fameux E.C. Comics auxquels les CREEPSHOW se réfèrent explicitement. Nous découvrons un vieux couple d’épicier vivant dans une ancienne ville prospère aujourd’hui à l’abandon. Pour payer leurs dettes, les Indiens locaux apportent en dépôt leurs bijoux les plus précieux, valant plus de 10 000 dollars. Une forte somme qui attire la convoitise du neveu du chef et de ses deux complices. Après avoir abattu le couple, le trio s’empare des pierres précieuses afin de fuir en direction de Californie. Mais la statue de bois d’un chef de guerre, ayant assisté au crime, n’a pas l’intention de le laisser impuni. L’exposition possède un peu plus d’originalité que de coutume mais l’intrigue manque cruellement d’originalité pour convaincre réellement et le dénouement, trop précipité, aurait mérité davantage de suspense et de développement au lieu d’aligner les mises à mort. Les dialogues manquent également de naturel et d’émotions tandis que la réalisation de Gornick souffre d’un rythme lent et d’une regrettable absence de souffle. Reste les prestations des vétérans Burt Kennedy et Dorothy Lamour. Toutefois, aussi prévisible que soit ce « Vieux Chef Tête de Bois », il se regarde avec plaisir et les effets spéciaux rétro s’avèrent convaincants. Agréable à défaut de mieux.

Le sketch central, « The Craft », est probablement le plus original et exploite parfaitement une situation simple mais au suspense implacable. Quatre amis étudiants, deux filles et deux garçons, partent en week-end au bord d’un lac et gagnent un radeau où ils comptent passer un peu de bon temps. Mais une créature visqueuse, ayant l’apparence d’une nappe de pétrole, gâche la fête. Hommage avoué au fameux BLOB, le sketch bénéficie d’un rythme nerveux, de meurtres gore bien gluants et visqueux et d’une chute ironique de bon aloi. Une belle réussite servie par une réalisation relativement nerveuse et un ton sarcastique capturant admirablement l’esprit des E.C. Comics.

« The Hitch-hiker », l’ultime épisode se montre lui-aussi très simple mais efficace. Une femme fortunée, trompant son mari avocat avec un gigolo, renverse accidentellement un auto-stoppeur. Mais celui-ci revient la hanter en la remerciant sarcastiquement de l’avoir pris pour une ballade. La performance de Lois Chiles (MORT SUR LE NIL, MOONRAKER) compense les faiblesses d’une intrigue un peu longuette mais sympathique.

Privé des caractéristiques visuelles ayant fait la réussite du premier CREEPSHOW, cette séquelle n’en reste pas moins un agréable long-métrage à sketches. Si l’ensemble s’apparente davantage à la mise bout à bout de trois épisodes de série télé plutôt qu’à un film cohérent destiné aux salles obscures, CREEPSHOW 2 reste agréable et peut se voir comme un bon divertissement horrifique. Sans plus ni moins… mais ce n’est déjà pas si mal !

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2010