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Critique: |
Le premier film d'horreur anglais en couleurs fut, indubitablement, un véritable phénomène qui, à l'époque, relança complètement le genre, s'imposa comme un classique et positionna l'Angleterre en général, et la Hammer en particulier, comme LE pays de l'épouvante durant près de quinze ans. FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE permit en outre la mise en chantier de nombreux remakes ou relectures des titres phares de la Universal, redonnant vie à un bestiaire en sommeil depuis une douzaine d'années (après LA MAISON DE DRACULA les "grands monstres" se contentèrent d'apparitions en guest-stars dans des pantalonnades comme celles du duo Abbot & Costello). Rapidement, Dracula, La Momie, Le Loup-Garou, Le Fantôme de l'Opéra, Jekyl & Hyde et leurs cohortes revinrent sous l'égide de la Hammer. Cinquante ans après sa sortie, FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE demeure une œuvre forte et jamais ennuyeuse, en dépit d'une intrigue à présent connue de tous. Tout commence par la "confession" du Baron Victor Frankenstein au prêtre venu lui donner les derniers sacrements avant son exécution. Dès ses 15 ans, Victor devint obsédé par le secret de la vie. Suite au décès de sa mère, le jeune homme se trouva à la tête d'une immense fortune. Il rencontra aussi Paul Krempe, son professeur et associé, et - emporté par leurs recherches - les deux savants arrivèrent bientôt à de stupéfiants résultats, comme par exemple rendre la vie à un animal décédé.
Mais alors que tous les scientifiques du monde (comme Herber West) seraient contents, Frankenstein désire plus: créer la vie à partir des membres épars d'une créature morte. La base est donc le corps d'un homme pendu. Mais Frankenstein et Krempe désirent pour les mains et le cerveau utiliser des éléments provenant de corps plus intéressants. Finalement, Krempe commence à douter de l'intérêt des recherches entreprises, d'autant que la belle Elizabeth, la cousine de Victor, vient vivre à leurs côtés. Ce qui ne plaît guère à Justine, servante mais aussi amante de Victor! Pendant ce temps, la conception du Monstre suit son cours: mains, yeux, etc. Mais pour le cerveau, Victor désire le nec plus ultra. Incapable d'attendre la bonne occasion, le savant prend les choses en mains en assassinant un de ses brillants collègues. Le cerveau est là, prêt à servir, mais une dispute - entre Victor et Krempe - va l'endommager. Après le coup de tonnerre habituel, le Monstre est vivant (vivant!!!) et s'échappe pour semer la terreur. FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE offre à l'amateur un superbe exemple de fantastique à l'ancienne, avec néanmoins une violence déjà plus sanglante qu'à l'époque Universal, jouant d'un scénario convenu mais riche servi par des interprètes talentueux. Peter Cushing se montre ainsi incroyablement brillant et démontre toute la justesse de son jeu, incarnant LE Frankenstein définitif. Au fil des épisodes, Cushing fera d'ailleurs évoluer son personnage: scientifique ambitieux mais possédant encore un semblant de moralité dans ce premier volet puis personnage cruel, manipulateur, sadique, violeur et complètement perverti par son appétence de gloire. Christopher Lee se montre moins convaincant mais son rôle muet était délicat, ne serait-ce qu'en raison du très lourd maquillage. Traversé d'images grandioses, magnifié par les couleurs splendides et la photo sans défaut, le métrage use également à bon escient d'effets sonores et garde un rythme alerte étonnant pour une production des années 50. Réussite de haute volée, FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE peut sans doute être considéré comme la pierre angulaire de l'horreur moderne et constitue un imparable classique. |
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Fred Pizzoferrato - Décembre 2007 |
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