|
|
Critique: |
Ce nouvel épisode des aventures de Waldemar Daninsky, alias El Hombre Lobo, commence par un combat entre deux chevaliers. L'un est un suppôt de Satan et l'autre - Irenius Daninsky - un preux décidé à éradiquer le mal. Après la capture d'une sorcière (la fameuse comtesse Bathory) et son exécution, la famille Daninsky est maudite. L'EMPREINTE DE DRACULA débute donc par un petit prologue moyenâgeux bien sympathique et résolument rétro malgré un budget assez riquiqui. Une séquence sans doute inspirée des métrages sur l'inquisition alors en vogue, style LA MARQUE DU DIABLE ou LE GRAND INQUISITEUR. Ensuite, nous revenons aux temps présents pour faire connaissance avec Waldemar Daninsky, le dernier descendant du chevalier jadis maudit. Au cours d'une partie de chasse, l'aristocrate abat un loup, lequel s'avère en fait être un gitan. Quoiqu'il s'agisse manifestement d'un accident, les gens du voyage ne l'entendent pas ainsi et décident de se venger. Une demoiselle, Ilone, est donc chargée de le séduire et, la nuit venue, elle le blesse avec le crâne d'un loup-garou. Waldemar Daninsky se change dès lors en lycanthrope les nuits de pleine lune alors que la police persiste à accuser un détenu évadé. L'EMPREINTE DE DRACULA ne met jamais en scène le personnage du titre et, quoique les vampires soient mentionnés, on n'en verra aucun, excepté la comtesse Bathory, "authentique" vampire, à savoir une déséquilibrée prenant des bains de sang vierge pour entretenir sa beauté, selon les rumeurs. Le métrage est pourtant loin d'être inintéressant. Quoiqu'il soit visuellement moins abouti que LA FURIE DES VAMPIRES, le scénario est certainement plus construit et cohérent. Le prologue est bien mené et la manière dont le héros va rencontrer la malédiction plutôt originale. Une fois de plus, en effet, Paul Naschy reprend les événements à leurs débuts et réinvente la mythologie de son personnage, dont seul le patronyme s'avère véritablement récurrent d'un métrage à l'autre. De la douzaine de métrages d'intérêt variable consacré à Waldemar, aucun ne se suit véritablement et quoique cette EMPREINTE DE DRACULA soit présentée comme une séquelle à la FURIE DES VAMPIRES (d'ailleurs disponible sur le même coffret), il s'agit davantage d'une relecture que d'une suite. Naschy abusa d'ailleurs quelque peu du procédé puisque pratiquement chaque épisode de la saga s'apparente à une variation sur un même thème où l'acteur et scénariste se contente souvent de reprendre une série d'éléments, comme la mort du loup-garou de la main de la femme qu'il aime. Naschy marque également l'évolution du genre en d'hésitant pas à recourir aux éléments d'exploitation que sont la nudité féminine intégrale et l'horreur graphique bien plus sanglante que dans les productions Hammer. Mais ce sont paradoxalement les aspects du film qui ont le plus mal vieillis, les effets gore approximatifs et l'érotisme encore timide ne parvenant plus à donner le frisson même si cette générosité relative reste sympathique. Dommage que le maquillage du loup-garou ne soit pas vraiment réussi et semble même largement moins élaboré que celui de Lon Chaney Jr dans la série de la Universal, près de trente ans plus tôt! La mise en scène de Carlos Aured, un cinéaste ayant beaucoup œuvré avec Naschy, apparaît classique sans être désagréable, le budget restreint ne permettant évidemment pas beaucoup de folie même si les décors et autres costumes bénéficient d'un certain soin non négligeable. On note aussi, et surtout, ce véritable amour des codes de l'épouvante classique qui transparaît à travers le folklore et décorum illustré. Pleine lune, châteaux, gitans et autres campagnes directement héritées du WOLF MAN de la Universal répondent donc présent à l'appel d'El Hombre Lobo. Ce septième film de la saga constitue donc une petite réussite non dénuée de défauts. Quelques longueurs, facilités et invraisemblances empêchent ainsi de le placer au même niveau que LA NUIT DU LOUP-GAROU de Terence Fisher, par exemple. Néanmoins, il s'agit d'un film fantastique intéressant et agréable, dans lequel on ne s'ennuie pour ainsi dire jamais, d'autant que l'interprétation est fort correcte et l'image souvent très belle. L'ensemble permet à l'amateur de passer un bon moment. Au niveau des DVD, Seven7 a fait un bel effort en proposant ce titre (au public sans doute limité) dans un très beau 16/9 bien nettoyé et resplendissant. Une bande annonce et une courte présentation complète les DVD qui, hélas, ne proposent qu'une version mono doublée en français. Il s'agit néanmoins d'une version internationale, donc plus généreuse au niveau de l'érotisme, ce qui n'est pas plus mal. |
|
Fred Pizzoferrato - Mars 2007 |
|