DALLAS

Titre: Dallas
Réalisateur: Juan Bosch
Interprètes: Anthony Steffen

 

Fernando Sancho
Gillian Hills
Ricardo Palacios
Sergio Doré
Attilio Severini
Gaspar 'Indio' González
Année: 1974
Genre: Western
Pays: Espagne / Italie
Editeur
Critique:
Dernier western tourné par Anthony Steffen alors que le genre agonise, ce film de Juan Bosch (que l’on a connu plus inspiré) suit les aventures de Dallas, sorte de cow-boy vagabond et décontracté qui aime jouer avec de la nitroglycérine. Dallas recherche un ami de son père décédé, Lumacone (« La limace »). Le papa de Dallas a, en effet, gagné aux cartes un ranch et une mine d’émeraude pouvant rendre très riches les deux compagnons. Mais, problème, le propriétaire de ces terres est lui aussi décédé, laissant tout l’héritage à sa fille, la tout mignonne Glenda, nièce d’un sheriff alcoolique persécuté par les méchants tyrans locaux, à savoir les frères Bright et un petit despote sadique dont la poigne d’acier lui a valu le surnom de Hand Buster. Dallas décide de regagner ses propriétés au Poker en offrant une revanche à la belle Glenda. Malheureusement celle-ci ne sait pas jouer aux cartes et tonton s’avère incapable de lui apprendre les rudiments du jeu. Dallas va donc les lui enseigner afin que la partie soit plus honnête. Mais les frères Bright reviennent à la charge et récupèrent une émeraude avalée par Lumacone. Tous se rendent dans la fameuse mine pour régler leur compte.



Si l’intrigue en vaut une autre et comporte même de nombreux rebondissements, DALLAS souffre du ton général choisit par le cinéaste. Forcément, à l’époque, ce qui plait c’est le western comique bien gras dans la veine de TRINITA (un film pourtant amusant et « léger » comparativement aux bouffonneries qui vont lui succéder) donc on verra Anthony Steffen et Fernando Sancho se la jouer clowns de l’Ouest. Tout est donc prétexte à des blagues poussives : Sancho avale une émeraude, les méchants veulent l’étriper mais Dallas suggère qu’il est plus simple de lui faire avaler des litres d’huile. Nous avons aussi droit à des gags plus visuels, façon burlesque avec concours de baffes typiques du western « fayot » : après une longue (interminable !) exhibition de boxe, nos grands bras sont engagés pour tabasser les héros mais bien sûr ceux-ci s’en sortent vaillamment et font ensuite passer le chapeau pour récolter l’argent gagné suite à cette magnifique démonstration.



Les comédiens font ce qu’ils peuvent, Anthony Steffen a l’air de s’en foutre un peu, on sent que l’enthousiasme n’y est plus, ses grandes heures sont derrière lui (par la suite on le retrouvera dans quelques Women In Prison pas franchement prestigieux). La jolie Gillian Hills donne le change. A seulement 30 ans elle allait mettre elle aussi un terme à sa carrière. On l’avait aperçue dans ORANGE MECANIQUE puis revue de manière plus… détaillée dans le NANA de McAhlberg, le film d’épouvante DEMONS OF THE MIND et le giallo THE KILLER WORE GLOVES. Vétéran de la télé, Sergio Doré campe le sheriff pleutre et alcoolique à qui les méchants joue quelques tours pendables comme le forcer à boire un café additionné de cendres de cigare.



Tout se termine dans une mine, façon grosse farce, avec l’eau qui jaillit opportunément du sol pour permettre une grosse bagarre dans la boue. Le héros repart alors, tel Lucky Luke vers le couchant, accompagné du pouilleux joué par Sancho horrifié par cette avancée de la civilisation (« Si tu restes ici tu devras boire de l’eau plutôt que de la Tequila », lui déclare Steffen avant d’ajouter l’argument imparable : « et prendre un bain »).

Bref, DALLAS c’est du western comique fauché, fatigué, pas totalement nul (l’amateur – hélas – a vu pire !) mais quand même bien médiocre et certainement pas à conseiller, même aux inconditionnels de la comédie fayot ou aux fans d’Anthony Steffen. A oublier donc…

Fred Pizzoferrato - Mai 2017