DARK BAR
Titre: Dark Bar
Réalisateur: Stelio Fiorenza
Interprètes: Marina Suma

 

Richard Hatch
Barbara Cupisti
Alessandra Stordy
Lea Martino
Patrizia Bettini
 
Année: 1988
Genre: Thriller / Polar / Giallo
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Unique mise en scène de l’inconnu Stelio Fiorenza, également scénariste (il fut assistant réalisateur sur le « giallo porno » PLAY MOTEL en 1979), DARK BAR tente, à la fin des années ’80, de marier le polar « neo noir » au giallo alors grandement délaissé. Pour cela, le cinéaste concocte une intrigue tarabiscotée dont la construction emprunte l’idée de base de PSYCHOSE : une demoiselle dont on suppose qu’elle sera l’héroïne du métrage est tuée au bout d’une petite demi-heure pour laisser place à sa frangine.

Anna et Elizabeth sont deux sœurs que tout oppose. La première est une saxophoniste talentueuse tandis que la seconde trempe dans divers affaires louches. Après un mystérieux coup de téléphone, Elizabeth se rend dans un club « new wave », le Dark Bar, où elle a rendez-vous avec un inconnu. Malheureusement, la jeune femme est assassinée dans les toilettes de l’établissement. Sa sœur, inquiète de sa disparition, entame dès lors une enquête pour la retrouver en compagnie d’un certain Marco.

Si Stelio Fiorenza essaie manifestement de créer une atmosphère et propose un travail de mise en scène relativement soigné qui passe par des angles de prise de vue intéressants et des détails incongrus, le film tourne, hélas, rapidement court. Le climat d’étrangeté développé manque ainsi de consistance et parait n’avoir d’autre but que d’instaurer un univers visuellement accrocheur mais dénué de réelle incidence sur l’histoire. Cette esthétique très « new wave » s’avère, en outre, aujourd’hui fort datée, entre perruque rouge flamboyante, maquillages outranciers et décors sans doute très branchés à l’époque mais à présent incongrus, comme par exemple un téléphone en forme d’escarpin.

Préoccupé par ce stylisme recherché, Fiorenza en oublie son intrigue et échoue à entretenir le moindre suspense. En dépit d’une silhouette menaçante portant gants de cuir noir et imperméable, les liens avec le giallo s’effilochent au fur et à mesure de la projection et le film se transforme, peu à peu, en un polar mollasson agrémenté d’une prévisible romance.

La résolution de l’enquête, banale et attendue, ne surprendra guère les habitués, d’autant que le cinéaste s’en désintéresse rapidement pour se perdre dans des prétentions « arty » et « auteurisantes » mal à propos. Les dialogues rarement inspirés et l’inévitable bande originale jazzy qui use et abuse d’un saxophone plaintifs sont d’autres bémols à imputer à ce long-métrage certainement plus prometteur sur le papier qu’effectif à l’écran.

Le casting, composé essentiellement d’acteurs de télévision comme Marina Suma et Richard Hatch, n’est guère plus palpitant mais l’amateur pointera cependant la présence de Barbara Cupisti, précédemment aperçue dans L’EVENTREUR DE NEW YORK ou BLOODY BIRD.

Sans être un complet ratage, DARK BAR constitue une véritable déception et confirme tout le mal qu’on peut généralement penser du « neo giallo » des années ’80.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2013