DARKESS SURROUNDS ROBERTA
Titre: Darkness Surrounds Roberta
Réalisateur: Giovanni Pianigiani
Interprètes: Yassmin Pucci

 

Fabrizio Croci
Leandro Guerrini
Raine Brown
Joe Zaso
Eileen Daly
Tim Rose
Année: 2008
Genre: Giallo
Pays: Italie / USA
Editeur  
Critique:

Petite production transalpine transpirant l’amateurisme, DARKNESS SURROUNDS ROBERTA se veut un hommage aux classiques du giallo des années ’70. Malheureusement, la mayonnaise ne prend guère en dépit de rares moments inspirés et l’ensemble tourne rapidement à vide avant de sombrer dans l’ennui, une durée déraisonnable (plus de 100 minutes) achevant les plus conciliants.

Comme le titre le laisse présager, le long-métrage s’intéresse à une riche jeune femme, Roberta, qui peint d’étranges œuvres et se laisse aller à commettre quelques larcins bijoux pour tromper son ennui. Elle a également été violée par deux de ses modèles ce qui lui a causé un traumatisme qu’elle tente d’oublier. Pendant ce temps, une série de crimes secoue la ville de Florence et un enquêteur américain aveugle (!) mène l’enquête, aidé d’un collègue italien, pour coincer l’assassin qui semble s’acharner sur l’entourage de Roberta.

Réalisateur italien né en 1962, Giovanni Pianigiani essaie de retrouver l’esprit de ses glorieux prédécesseurs mais, hélas, se contente souvent d’en reproduire les tics visuels à travers un script paresseux qui mixe, vaille que vaille, rebondissements, traumatisme et psychologue de bazar jusqu’à un retournement final aussi ridicule qu’attendu.

DARKNESS SURROUNDS ROBERTA aligne également les scènes osées, en réalité d’une timidité malvenue, les actrices (hum !) rechignant manifestement à dévoiler le moindre centimètre carré de peau en mimant fort mal l’extase. Ces passages répétitifs s’avèrent rapidement insupportables tant le cinéaste en use et abuse pour meubler un spectacle fort peu enthousiasmant.

Les interminables dialogues, dénués de tout intérêt, occupent, en effet, l’essentiel du temps de projection et les motivations du tueur (dont l’identité ne surprendra personne malgré son absurdité) sont, elles aussi, longuement détaillées dans un véritable (anti) climax bien laborieux. Les répliques étant, pour leur part, d’une platitude confondante et déclamées sans la moindre conviction par des acteurs peu à l’aise avec l’anglais, le résultat devient rapidement consternant.

Les personnages, de leur côté, manquent d’épaisseur et sont rarement sympathique : le seul bénéficiant d’un minimum de développement est le policier atteint de cécité, ce qui permet, bien sûr, un clin d’œil appuyé à Argento et Fulci.

Seule la photographie aux teintes contrastées et criardes rappelle, par intermittence, les grandes heures du genre mais l’application du cinéaste ne peut sauver les meubles et s’apparente davantage à une copie carbone malhabile qu’à une réelle réinterprétation des codes visuels propres aux thrillers horrifiques des précédentes décennies.

Longuet et maladroit DARKNESS SURROUNDS ROBERTA échoue dans sa tentative de réactiver le giallo pour les spectateurs de l’an 2000 et se révèle, au final, une sévère déception. Dommage.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2014