DAY OF THE ANIMALS
Titre: Day of the animals
Réalisateur: William Girdler
Interprètes: Christopher George

 

Leslie Nielsen
Lynda Day George
Richard Jaeckel
Michael Ansara
Ruth Roman
Jon Cedar
Année: 1977
Genre: Fantastique / Horreur / Catastrophe
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Le début des seventies vit ressurgir le film « d’agressions animales », jadis popularisé par LES OISEAUX d’Alfred Hitchcock, et une série de bestioles féroces débarquèrent sur les écrans, des plus effrayantes (les rats de WILLARD, BEN ou SOUDAIN LES MONSTRES) aux plus saugrenues (les crapauds de FROGS et les lapins géants des RONGEURS DE L’APOCALYPSE).

La vague, qui traduit les préoccupations écologiques d’une partie de la population, soudain consciente des dérèglements environnementaux dont les grands médias commencent à parler, se poursuit avec le succès fracassant des DENTS DE LA MER. Ce triomphe inspire immédiatement le rusé William Girdler qui réplique au film de Spielberg par un plaisant GRIZZLY LE MONSTRE DE LA FORET fort bien accueilli par le public. Confiant, le cinéaste enchaine avec un nouveau long-métrage intitulé DAY OF THE ANIMALS, parfois qualifié de séquelle du GRIZZLY LE MONSTRE DE LA FORET précité. En réalité, les deux films n’ont rien en commun, excepté une intrigue similaire, la présence, derrière la caméra, de Girdler et, devant la caméra, de Christopher George.

Simpliste, DAY OF THE ANIMALS traite des ravages causés par la disparition de la couche d’ozone à la suite des pollutions consécutives aux diverses activités humaines. L’influence pernicieuse des radiations solaires se fait particulièrement sentir en altitude et provoque rapidement des excès de folie, notamment chez les animaux qui deviennent agressifs et dangereux pour l’Homme. Un groupe de randonneurs, perdus en montagne juste avant l’annonce de la catastrophe, va devoir lutter pour sa survie face à des bêtes enragées.

Si GRIZZLY LE MONSTRE DE LA FORET ne concernait qu’une unique espèce animale, ce succédané plus ambitieux va multiplier les bestioles et proposer de nombreuses scènes d’attaques impliquant, en vrac, des rapaces, des serpents, des rats, un puma, un ours, des chiens, etc. Anticipant des titres ultérieurs comme PROPHECY (qui mélangeait épouvante et considérations socio-écologiques) ou le plus discutable LES BÊTES FEROCES ATTAQUENT, le film de Girdler joue ouvertement la carte de l’exploitation mais l’enrobe dans une fine couche de conscientisation afin d’élever un minimum le propos. Une tentative louable même si les spectateurs seront sans doute davantage sensibles aux nombreuses scènes d’action qu’au message écologique lourdement délivré par le cinéaste. Cependant, Girdler maintient un semblant de suspense et d’intérêt en relayant régulièrement des communiqués alarmistes dispensés par les médias. Il crée ainsi un climat d’angoisse paranoïaque et joue sur l’attente à la manière de ces films de zombies (ou d’infectés) dans lesquels personne ne sait véritablement à quoi s’attendre et où la situation, déjà tendue, ne peut qu’empirer et échapper à tout contrôle.

Le groupe victime des exactions animales, pour sa part, se compose d’une douzaine de personnes évidemment de caractère divers, ce qui permet une montée progressive de la tension entre les antagonistes. Si le casting place au premier plan Christopher George (THE EXTERMINATOR, FRAYEURS, MORTUARY, CHISUM) et son épouse Lynda Day George (MORTUARY, SADIQUE A LA TRONCONNEUSE), DAY OF THE ANIMALS permet surtout à Leslie Nielsen de briller dans un rôle sérieux, très éloigné de ses prestations ultérieurs dans Y-A-T’IL UN PILOTE DANS L’AVION ? et ses dérivés. Les fans de l’acteur seront sans doute surpris de le découvrir en véritable salaud assoiffé de pouvoir décidé à profiter de la situation pour rétablir la loi du plus fort, notamment vis-à-vis des femmes dont il souhaite user à sa guise. Sa folie culmine lorsqu’il tente de combattre un ours féroce pour prouver sa virilité après une tentative de viol.

Malgré des moyens réduits, William Girdler assure un beau spectacle et sa mise en scène tire le meilleur parti des magnifiques paysages à sa disposition. La photographie de qualité, l’utilisation du scope et la bande sonore signée Lalo Shifrin concourent également à donner un joli cachet à un film qui aurait pu n’être qu’une banale série B noyée dans la masse. Si les scènes d’attaque manquent souvent de mordant (un comble !), les contraintes obligent le cinéaste à ruser et à jouer davantage la carte du suspense que du gore. La classification « PG », quoique surprenante, rend DAY OF THE ANIMALS timoré au niveau de la violence brute mais permet cependant un véritable crescendo dans l’angoisse parfois efficace. Hélas, les nombreuses longueurs n’aident pas vraiment les impatients à apprécier un long-métrage dont les chutes de rythme s’avèrent franchement problématiques.

Le résultat général se révèle par conséquent mitigé, parfois ennuyeux, parfois risible (certaines agressions animales sombrent dans un ridicule encore accentué par des effets spéciaux foireux) mais traversé de quelques fulgurances et de l’un ou l’autre passage frissonnant à souhait, comme l’attaque des rats ou le véritable assaut mené par une meute de chiens contre une cabane isolée. Lors de ces passages, Girdler sauve les meubles même s’il ne peut compenser toutes les faiblesses de l’entreprise.

Dans l’ensemble ce petit film qui mêle aventures, survival, catastrophe, horreur et anticipation se regarde sans déplaisir mais reste une relative déception tant Girdler semble n’avoir pas su (ou pu, peut-être à cause d’un budget insuffisant) exploiter tout le potentiel de son sujet qui, après quarante ans, reste toujours autant, si ce n’est davantage malheureusement, d’actualité.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2012