DEAD OF NIGHT
Titre: Dead of Night
Réalisateur: Dan Curtis
Interprètes: Ed Begley Jr.

 

E.J. André
Patrick Macnee
Anjanette Comer
Elisha Cook Jr.
Joan Hackett
Lee Montgomery
Année: 1977
Genre: Film à sketches / Fantastique / Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Deux ans après la réussite de l’anthologie horrifique LA POUPEE DE LA TERREUR (alias « Trilogy of Terror »), Dan Curtis en reprend la formule gagnante avec ce nouveau téléfilm à sketches qui aurait très bien pu s’intituler « Trilogy of terror 2 ». Curtis lui préféra ce titre évocateur, DEAD OF NIGHT, déjà précédemment utilisé pour un célèbre long-métrage à épisodes nommé, en français, AU CŒUR DE LA NUIT.

Dès l’entame, le metteur en scène nous avertit cependant que les récits traités ne développent pas nécessairement une angoisse vespérale puisque le cœur de la nuit diffère selon les individus et désigne, de manière plus générale et au sens figuré, ce moment où la réalité s’estompe pour révéler le fantastique. Scénarisé par Richard Matheson, DEAD OF NIGHT nous invite donc à trois histoires dédiées au « mystère, à l’imagination et à l’horreur ».

La première, « Second Chance », suit un étudiant qui achète et retape une ancienne voiture à un fermier. Une fois restaurée, le véhicule l’emmène à travers le temps, cinquante années auparavant, où son intervention donnera une seconde chance à un jeune homme imprudent…grand-père de sa future fiancée qui aurait, sans sa venue, périt dans un accident d’automobile. Nostalgique et empreint d’un charme suranné agréable, ce segment n’aurait pas dépareillé auprès d’autres excursions similaires effectuées dans la fameuse « Quatrième dimension » de Rod Sterling.

Le second sketch, « No such thing as a vampire », s’apparente, pour sa part, aux récits horrifiques à chutes typiques des productions « omnibus » de la firme Amicus comme LE TRAIN DES EPOUVANTES ou ASYLUM. La jeune Alexis se réveille chaque matin mordue au cou et de plus en plus exsangue. Quoique son mari, le professeur Gheria, se montre sceptique, il invite un de ses amis, Michael, à veiller sur elle afin de neutraliser l’hypothétique vampire. Mais les apparences peuvent être trompeuses…et puis chacun sait que les vampires n’existent pas ! Une intrigue amusante servie par la prestation impeccable de Patrick MacNee et un retournement de situation final inattendu à l’humour noir ravageur dans l’esprit des E.C. Comics. Très agréable.

La dernière histoire s’avère, cependant, la plus réussie, Dan Curtis se conformant, comme pour LA POUPEE DE LA TERREUR, à l’indispensable règle de progression dans l’effroi des meilleurs films à sketches. Inspiré de l’inusable nouvelle « La patte du singe » de W.W. Jacobs, « Bobby » traite d’une mère désespérée depuis la noyade accidentelle de son fils Bobby. A l’aide de pentacles et d’invocations, elle parvient à le faire revenir du royaume des morts…mais est-ce encore son enfant ? Tout comme le fameux segment « Amelia » de la POUPEE DE LA TERREUR, cet ultime récit propose un jeu de cache-cache mortel entre le revenant et sa mère épouvantée qui se conclut d’une manière un peu attendue mais bien amenée. A noter que « Bobby », tout comme « Amelia », sera « remaké » une vingtaine d’années plus tard dans la dernière anthologie horrifique de Dan Curtis, LA POUPEE DE LA TERREUR 2.

Moins connu et célébré que LA POUPEE DE LA TERREUR, cette seconde livraison fantastico-horrifique du tandem Dan Curtis / Richard Matheson en possède pourtant les mêmes qualités (intrigues intéressantes, comédiens crédibles, rythme soutenu) et défaut (premier sketch plus faible, mise en scène manquant d’audace et timidité préjudiciable au niveau de l’horreur graphique ou de l’érotisme ici totalement absent).

Cependant, ces trois histoires permettent de passer 73 minutes divertissantes et sauront contenter les amateurs de fantastique gentiment frissonnant. Plaisant.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013