THE DEATH KISS
Titre: The Death Kiss
Réalisateur: Edwin L. Marin
Interprètes: David Manners

 

Adrienne Ames
Bela Lugosi
John Wray
Edward Van Sloan
Vince Barnett
Alexander Carr
Année: 1932
Genre: Policier
Pays: USA
Editeur Hantik Films
Critique:

Réalisé en 1933, THE DEATH KISS est un petit film policier sans grande originalité mais sauvé de l’oubli par la présence, dans un rôle secondaire, de la star de l’épouvante Bela Lugosi.

Sur le tournage d’un long-métrage, l’acteur principal, Myles Brent, est abattu conformément au scénario. Hélas, les balles à blanc ont été remplacées par de véritables munitions et Brent meurt réellement. L’enquête s’annonce délicate car l’acteur a entretenu des liaisons sentimentales avec une bonne partie des interprètes féminines présentes sur le tournage. Les suspects sont donc nombreux et seul un scénariste, improvisé détective, parait à même de démêler le vrai du faux…

Suite, probablement, au succès grandissant de la littérature policière de détection popularisée par des auteurs comme Agatha Christie ou John Dickson Carr, les studios hollywoodiens se lancent, dès les années ’30, dans la mode du film policier de type « whodunit ». Les conventions de ce genre sont rapidement codifiées (un héros séduisant ou original, un crime mystérieux, des suspects nombreux, un mystère épais et un coupable finalement désigné à l’issue d’une enquête riche en rebondissements) et, par la suite, reprises dans des kilos de séries télévisées.

Ni pire ni meilleur que la moyenne du genre, THE DEATH KISS se laisse cependant suivre avec un minimum de plaisir. Si l’intrigue policière se révèle tout à fait conventionnelle, elle n’en reste pas moins bien menée et agréable. L’énigme prend en outre place sur le tournage d’un polar de série B, ce qui permet au spectateur de découvrir les coulisses d’une petite production du début du parlant. Cet atout supplémentaire rend THE DEATH KISS sympathique et change agréablement des manoirs et autres lieux habituellement utilisés pour ce type d’enquête.

Au rayon du casting, THE DEATH KISS mise sur trois acteurs alors en vogue puisqu’ils venaient d’apparaître dans le DRACULA de Tod Browning: David Manners, Edward Van Sloan et, bien sûr, Bela Lugosi. Ce-dernier doit malheureusement se contenter d’un rôle secondaire mais son air inquiétant le rend immédiatement suspects, une impression accentuée par les rôles coutumiers de l’acteur, souvent fort à l’aise dans les emplois de « méchants ».

La mise en scène, pour sa part, échoit à Edwin L. Marin, lequel signait là le premier des cinquante huit films qu’il réalisa entre 1932 et 1951. Marin se spécialisa un temps dans les adaptations (lointaines) de classiques du roman policier (il livre un A STUDY IN SCARLET d’après Conan Doyle l’année suivante puis plusieurs versions des œuvres de S.S. Van Dine) et, plus tard, dans le western avec quelques titres à la bonne réputation comme COLT 45.

Une des curiosités de THE DEATH KISS consiste enfin dans la manière dont certains éléments du film (tourné en noir et blanc) sont teintés lors des scènes clés, en particuliers les éclairs de lumière ou les coups de feu. Un procédé digne du comic-book qui anticipe de 80 ans les expérimentations similaires de SIN CITY. Cette trouvaille sympathique accroit le manque de réalisme, sans doute volontaire, de ce divertissement sans prétention mais, en échange, lui confère un style plus intéressant que la moyenne des productions du même style sorties durant les années ‘30.

Dans l’ensemble, THE DEATH KISS apparaît comme une honnête série B policière qui se suit sans déplaisir et dont la courte durée (environ 70 minutes) permet de maintenir un rythme soutenu. Loin d’un classique méconnu, THE DEATH KISS reste un plaisir agréable et une plaisante manière d’occuper un peu plus d’une heure de son temps, en particuliers pour les inconditionnels du « whodunit » à l’ancienne.

Anecdotique, certes, mais finalement sympathique.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2011