DEBBIE DOES DALLAS
Titre: Debbie Does Dallas
Réalisateur: Jim Clark
Interprètes: Bambi Woods

 

Robert Kerman (as Richard Balla)
Christie Ford (as Misty Winter)
Robin Byrd
Eric Edwards
Herschel Savage
Jenny Cole
Année: 1978
Genre: Porno / Comédie / Culte
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Les majorettes de l'équipe de l'université de Dallas sont bien décidées à accompagner leurs copains footballeurs à une importante rencontre. Mais l'argent manque et les jeunes demoiselles se demandent comment rassembler suffisamment d'argent. Debbie trouve la solution après qu'un type lui ait proposé un joli paquet de dollars pour lui montrer sa poitrine…

DEBBIE DOES DALLAS est rapidement devenu un titre culte dans le domaine du cinéma X, récoltant un immense succès, au point qu'il demeure - trente ans après sa sortie - un des métrages les plus rentables du genre. En 1978 il entra même dans la liste des 10 plus gros succès de l'année aux Etats-Unis, aux côtés de VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER ou SUPERMAN 2.

Même si il n'a rien de particulièrement remarquable, DEBBIE DOES DALLAS possède une bonne humeur sympathique et un aspect volontiers humoristique, si ce n'est même parfois comique. On pourrait pratiquement dire que ce film préfigure - en plus hard - les comédies de lycées à la manière de PORKY's. Contrairement à d'autres classiques du porno seventies, l'intrigue ne cherche pas la complication et n'emprunte ni à la littérature ni au fantastique. Nous ne sommes pas dans la sophistication un peu froide de Gerard Damiano mais plutôt dans le domaine du porno chic, sans vulgarité excessive ni séquences vraiment choquantes.

DEBBIE DOES DALLAS est un film que l'on peut facilement qualifier de "grand public", dans le sens où il présente une série de saynètes érotiques assez traditionnelles de manière positive et rafraîchissante. Dénué d'ambitions mais confectionné avec un minimum de soin, DEBBIE DOES DALLAS possède une mise en scène tout à fait quelconque mais non dénuée d'un certain savoir faire. Le cinéaste parvient à mettre un minimum en valeur les demoiselles et se permet quelques très gros plans qui tranchent avec la relative retenue des scènes chaudes. A ce niveau le catalogue habituel est représenté: solo, duo, trio,…Rien de novateur ni de particulièrement mémorable si ce n'est un enthousiaste authentique de la part des participants.

Les actrices sont naturelles et plutôt mignonnes et, toutes, ressemblent vraiment à de jeunes étudiantes en pleine effervescence sensuelles, loin des clichés des porn-stars actuelles. Bambi Woods, qui incarne Debbie, accomplissait là ses débuts et ne tourna ensuite que trois autres X, dont les deux premières séquelles de ce DEBBIE DOES DALLAS (même si son rôle dans DEBBIE DOES DALLAS a été "créé" à partir d'extraits et de scènes coupes). Elle devait malheureusement décéder d'une overdose dans les années 80. (Selon d'autres sources Bambi Woods n'est pas morte mais a choisi de se retirer du métier). Son air innocent et libéré ajoute une véritable valeur ajoutée au métrage et les spectateurs appréciant les physiques naturelles et "sains" pourront se délecter de son corps dans la dernière scène du film, laquelle n'est pas vraiment mémorable. La scène de la bibliothèque, suivi de celle de la fessée (assez souvent censurée d'ailleurs) reste donc le meilleur passage hot de ce DEBBIE DOES DALLAS. En tout il y a sept scènes hard (et quelques autres qui sont juste érotiques ou dénudées), une moyenne standard pour les années 70 puisque les deux tiers du métrages sont occupés par les scènes de liaison ou de comédie…aujourd'hui les proportions sont plutôt inverses!

Du côté des acteurs, l'inévitable Richard Bola, alias Robert Kerman est de la partie dans le rôle principal, celui de Mr Greenfield. Il joua dans la plupart des classiques du X des seventies ainsi que dans quelques productions plus nanties (on le vit dans AIRPOTR 80 CONCORDE et dernièrement il est apparu dans SPIDERMAN) et une poignée de bis italiens consacrés aux anthropophages comme CANNIBAL HOLOCAUST, LA SECTE DES CANNIBALES et CANNIBAL FEROX. Bien sûr, DEBBIE DOES DALLAS est fermement ancré dans son époque: les scènes de liaison entre les passages chauds sont plus longs que les scènes hard elles-mêmes, la musique oscille entre les thèmes typiques de majorettes et une sorte de funk rock psychédélique sans doute inappréciable sans une bonne dose de fumette. N'oublions pas non plus la réorchestration assez easy-listening de 'I Can Hep Falling In Love With You". Bref, une bande son assez réussie devenue d'ailleurs quasiment aussi célèbre que le film lui-même.

Le tout a été filmé dans une université de New York en faisant croire aux responsables de l'établissement qu'on allait y tourner un film "sérieux"…malheureusement l'énorme succès de cette petite production (une semaine de tournage en décors naturels entraîna un gros scandale et l'expulsion d'une partie du personnel universitaire. Toute une époque!

Les dialogues, évidemment, ne sont pas très recherchés mais, dans les séquences "calmes", ils témoignent d'un certain souci de second degré un minimum appréciable. Aux Etats-Unis, DEBBIE DOES DALLAS est toujours considéré comme une pierre angulaire du cinéma X, ayant donné lieu à une dizaine de séquelles officielles, plusieurs remakes et un nombre incalculable de variations.

La popularité du titre est telle que Brian DePalma l'a même parodié avec certaines scènes de son BODY DOUBLE et, plus récemment, le premier film devint même, sur les planches, une comédie musicale à succès dans laquelle les passages porno sont remplacés par des chansons! Difficile d'ailleurs d'expliquer l'engouement pour ce métrage même si différents scandales (la publicité gratuite offerte par l'équipe outragée des Dallas Cheerleaders) et une bonne conjoncture, associée au fantasme typiquement américain de la pom-pom girl en rut explique en partie le succès monumental de l'entreprise.

Bref, DEBBIE DOES DALLAS mérite bien son statut de classique du hard même si, objectivement, le métrage en lui-même, débarrassé de son aura mythique, n'est qu'un honnête porno, parfois amusant, souvent sexy et toujours agréable à suivre mais sans le moindre génie. Une vision est conseillée mais il faut bien avouer que malheureusement, DEBBIE DOES DALLAS n'est pas à la hauteur de sa réputation.

Fred Pizzoferrato - Février 2008