DEMONS 3
Titre: Demoni 3 / Black Demons / Black Zombies
Réalisateur: Umberto Lenzi
Interprètes: Keith Van Hoven

 

Joe Balogh
Sonia Curtis
Philip Murray
Maria Alves
Juliania Teixeira
 
Année: 1991
Genre: Horreur
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Tourné en 1991 par un Umberto Lenzi déclinant, DEMONS 3 ne présente, en réalité, aucun lien avec les précédents volets tournés par Lamberto Bava cinq ans plus tôt.

L’intrigue, située au Brésil, suit les pas d’un trio de reporters (Dick, sa sœur Jessica et le copain de cette dernière, Kevin) occupés à photographier les danseurs de Samba. Toutefois, Dick, manifeste son ennui devant les clichés touristiques pris par ses collègues et souhaite explorer les rites plus sacrés et secrets du pays, ceux liés à la magie, au Vaudou et à la Macumba. Peu après, le jeune homme est conduit par une vieille femme à une cérémonie où il assiste à des rituels de sorcellerie et enregistre la musique utilisée pour cette célébration macabre. Le lendemain, Dick et les deux autres reporters reprennent le voyage au cœur du Brésil. Ils croisent la route de deux randonneurs et aboutissent dans une sinistre demeure (« je sens quelque chose de mauvais dans ce lieu » déclare pertinemment une des demoiselles) où réside la vielle Maria. A la nuit tombée, Dick se rend dans un cimetière local et, à l’aide d’un médaillon et de l’enregistrement effectué durant la cérémonie magique, réveille une demi-douzaine de zombies.

Tourné durant l’agonie du bis italien, DEMONS 3 tente d’en ranimer la flamme en dépit d’un budget trop restreint par rapport à ses ambitions exotico-horrifiques. Dès l’entame, le manque de moyen se ressent cruellement: les figurants regardent la caméra où lui font coucou de la main tandis que les acteurs principaux paraissent bien peu concernés, en particuliers une Sonia Curtis continuellement à côté de la plaque. Joe Balogh (HITCHER IN THE DARK) et Keith Van Hoven s’en sortent mieux et compensent, en partie, la médiocrité sidérante d’une grande partie de la distribution.

Heureusement, après ce début en demi-teinte, la suite du métrage s’avère plus intéressante et reprend joyeusement les conventions coutumières du cinéma d’horreur : cérémonies secrètes, artefacts magiques (un médaillon) et morts-vivants en maraude. L’ensemble se rapproche bien davantage de L’ENFER DES ZOMBIES de Lucio Fulci et ses succédanés plus ou moins officiels (on pense aux médiocres mais divertissants ZOMBIE 3 et ZOMBIE IV) que du diptyque démoniaque de Lamberto Bava. Les zombies sont, par ailleurs, convaincants : à demi-décomposés, pourrissants, ils trainent leurs chaines (ce sont d’anciens esclaves en quête de vengeance) et frappent leurs victimes à l’aide de machettes, crochets, haches et autre instruments tranchants.

Les effets gore, pas spécialement nombreux, demeurent effectifs et comprennent notamment une énucléation bien saignante. Hélas, DEMONS 3 souffre souvent d’un rythme déficient : si Lenzi développe une atmosphère appréciable et brosse des personnages moins stéréotypés que de coutume, il n’évite pas les lenteurs préjudiciables.

Après un démarrage convaincant (à l’inverse de bien des bis italiens qui prenaient beaucoup de temps à se lancer), le métrage ralentit grandement et accuse un ventre mou peu passionnant avant un troisième acte plus convenu mais relativement plaisant. Le principal problème réside dans l’incapacité du cinéaste à rendre son film palpitant une fois la menace dévoilée, le siège attendu des survivants par les revenants manquant de nerf pour convaincre.

Sans surprise et fort linéaire, DEMONS 3 reste néanmoins au-dessus du tout venant des productions horrifiques italiennes à petit budget sorties durant les années ’90. De brefs passages gore, une musique efficace et une mise en scène potable (Le métier de Lenzi évite le bâclage de mise chez la plupart de ses confrères), rend l’ensemble acceptable même si réservé aux inconditionnels de l’horreur bis.

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2014