CHRONIQUE DES MORTS VIVANTS
Titre: Diary of the Dead
Réalisateur: George A. Romero
Interprètes: Michelle Morgan

 

Joshua Close
Shawn Roberts
Amy Lalonde
Joe Dinicol
Scott Wentworth
Philip Riccio
Année: 2007
Genre: Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Cinquième épisode de la saga initiée voici quarante ans par George A. Romero, DIARY OF THE DEAD ressemble davantage à un remake de LA NUIT DES MORTS VIVANTS pour la génération « YouTube » qu’à une véritable suite.

Après le très moyen LAND OF THE DEAD Romero remet à nouveau le couvert et se propose de suivre Jason, un étudiant en cinéma décidé à tourner un film de momie minable avec quelques copains et un prof alcoolo. Lorsqu’il apprend que les morts reviennent à la vie Jason décide qu’il tient là le sujet idéal et part filmer tout ce qu’il voit, plus préoccupé par le nombre de clics enregistrés sur le Net que par la désolation qui l’entoure.

DIARY OF THE DEAD se lance donc sur les traces de CLOVERFIELD, [REC] ou des plus anciens BLAIR WITCH et CANNIBAL HOLOCAUST en proposant un faux documentaire filmé par les protagonistes de l’histoire. Mais, hélas, la sauce ne prend pas du tout. L’utilisation d’une bande sonore repousse dès le départ les limites du ridicule : effets destinés à faire peur (« nous voulons vous réveillez un peu »), musique stressante ou pseudo-humoristique (l’héroïne tue un zombie, s’exclame « Don’t mess with Texas » et une ritournelle country retentit comme dans 2000 MANIACS)…difficile de croire que tout cela est filmé au caméscope par un apprenti cinéaste.

Bref, Romero ne semble pas pouvoir se tenir à son concept et tente d’effrayer le spectateur par des moyens assez faciles. Il multiplie ainsi les plans en utilisant deux caméras et joue sur un montage bien trop élaboré pour ce qui est censément une sorte de documentaire pris sur le vif de la fin de notre civilisation.

 

La plupart des séquences paraissent bien trop préparées, l’image est relativement stable (ce qui évite des nausées à la CLOVERFIELD) et le son quasi parfait décrédibilisent encore la volonté initiale du cinéaste. Que dire également lorsque le brave « héros » préfère continuer à filmer plutôt que de secourir sa copine ? Certes il est obsédé par l’image (« il en a besoin » nous dit on) mais là c’est quand même un peu poussé, non ?

DIARY OF THE DEAD ne fonctionne absolument pas comme un film horrifique (en dépit de la voix off du début affirmant qu’il s’agit là de son intention) et donne davantage dans la comédie. Les personnages sont inexistants et pas spécialement bien joués mais il faut surtout avouer que la platitude des dialogues ne les aide pas beaucoup. Romero aligne pourtant une série de répliques incroyablement stupides sans que l’on sache jamais si il faut les prendre au premier degré ou bien en rire franchement.

Citons pour la fine bouche « avant on se battait contre nous même, maintenant on se bat contre eux. Mais eux c’est nous ». Terrassant ! De même la poursuite finale de l’adolescent en costume de momie (il ne s’est apparemment pas changé de tout le film !) devenu mort vivant permet quelques éclats comiques : « je te l’avais dit que les morts ne marchaient pas si vite » lance ainsi le caméraman. Des passages qui auraient parfaitement convenu au si décrié HOUSE OF THE DEAD…sauf que Romero se prend très au sérieux et essaie de nous avertir de la situation du monde. Qu’a-t-il de nouveau à nous dire ? Ben rien ! Très bien énoncé dans les trois premiers volets de la trilogie le message est à présent rabâché mais semble néanmoins indispensable pour que Romero soit à présent considéré comme un auteur sérieux et non un simple faiseur de gore. La voix off intervenant à plusieurs occasions pour commenter les images réussit surtout à souligner des évidences et à alourdir inutilement un propos déjà pas très subtil.

Avec des intentions similaires (jusque dans sa conclusion pessimiste), CANNIBAL HOLOCAUST s’avérait bien plus efficace que le pétard mouillé de Romero. Jamais passionnant (de toutes façons on sait dès le départ comment tout ça va se terminer), plombé par un discours asséné à coup de masse, incapable de s’en tenir à son concept de base, DIARY OF THE DEAD s’en remet finalement au gore lors des quelques scènes d’attaques jamais vraiment effrayantes et parfois un peu ridicules. Mais rien qui puisse vraiment motiver l’amateur.

Reste quelques scènes qui surnagent dans la mélasse (le début, l’hôpital, le final très pessimiste, la rencontre avec l’Amish, sabotée bien trop vite) mais, malheureusement, rien qui sauve vraiment DIARY OF THE DEAD de l’ennui.

Bref, c’est très mauvais.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2008