DINOCROC Vs SUPERGATOR
Titre: Dinocroc Vs Supergator
Réalisateur: Rob Robertson & Jim Wynorski
Interprètes: David Carradine

 

James C. Burns
John Callahan
Lisa Clapperton
Bryan Hanna
Rib Hillis
Delia Sheppard
Année: 2010
Genre: Horreur / Science Fiction
Pays: USA
Editeur  
Critique:

En 2004, en pleine vague « grosses bestioles carnivores », Roger Corman, soucieux de concurrencer les compagnies Nu Image et The Asylum, proposait un DINOCROC plutôt bien accueilli, au point que le rusé producteur décidait de récidiver en 2007 avec le similaire SUPERGATOR.

La mode des agressions animales n’étant pas retombée, loin de là, le brave Corman revient une nouvelle fois à la charge en confrontant ses deux monstres vedettes dans le bien nommé DINOCROC Vs SUPERGATOR, lequel débarque dans les vidéos clubs après BOA Vs PYTHON, KOMODO Vs COBRA ou encore MEGASHARK Vs GIANT OCTOPUS. Une recette déjà vue et revue (rien de bien nouveau dans un concept remontant à KING KONG CONTRE GODZILLA ou même à FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP GAROU) mais toujours divertissante pour peu que l’on apprécie ce genre de séries Z hâtivement emballées.

L’intrigue ne cherche aucunement à innover et le métrage se contente d’accumuler les clichés attendus, parfois tellement énormes et caricaturaux qu’une certaine intention parodique se dégage de l’ensemble. Deux monstres géants, un crocodile préhistorique (alias Dinocroc) et un alligator géant (plus communément nommé SuperGator) s’évadent d’un laboratoire de recherches génétiques dirigés par David Carradine qui, pour un de ses derniers rôles, n’a pas vraiment baissé le rideau sur un chef d’œuvre impérissable. Nos deux sauriens s’en prennent forcément à de belles bimbos décérébrées (pléonasme ?) dont les formes sont adroitement moulées par de très seyants bikinis mais qui, production télévisuelle oblige, ne dévoileront même pas un bout de sein. Au terme de nombreux carnages, Le Cajun, un intrépide chasseur modelé sur le mythique Crocodile Dundee se voit appelé à la rescousse et imagine un plan imparable : plutôt que de tenter de tuer les bestioles il va les obliger à s’affronter dans un combat au finish.

Si DINOCROC Vs SUPERGATOR n’offre aucune nudité aux amateurs, le métrage se rattrape en proposant de nombreuses scènes d’attaques, certes interchangeables et un brin lassantes mais néanmoins plaisantes et plutôt gore pour un téléfilm de SyFy. Quelques répliques relativement drôles permettent cependant de patienter entre les diverses attaques et l’humour n’est pas négligé, non plus, lors des agressions animales, prises au second degré.

La scène la plus amusante est probablement l’audition, dans un jacuzzi, de deux apprenties « scream queen » par un producteur libidineux désespéré par leur manque de conviction à hurler de terreur. Bien sûr, l’arrivée inopinée d’un des monstrueux lézards va leur donner l’occasion de gueuler à s’arracher les cordes vocales. Au niveau des personnages, stéréotypés à l’extrême, ils ne possèdent, évidemment, aucune épaisseur et se contentent d’apparaître pour une petite saynète rigolote et gentiment sexy avant d’être happés par les mâchoires de Dinocroc ou de Supergator. Sans doute ne faut il pas en attendre davantage de toutes manières.

Excepté David Carradine, qui lorgne sur son chèque durant chaque scène, et la présence furtive de Delia Sheppard (vue dans ROCKY V et ex-starlette du polar cochon dans les années ’90) à la cinquantaine fringante, DINOCROC Vs SUPERGATOR ne compte aucun nom connu à sa distribution et il est préférable de passer sous silence les performances embarrassantes de ces exécrables acteurs.

Comme dans tous les métrages du même style, la confrontation attendue survient seulement durant les cinq dernières minutes et il faut par conséquent s’armer de patience pour voir, enfin, les bestioles se castagner. Au niveau des effets spéciaux, rien de folichon à se mettre sous la dent mais reconnaissons que de nombreuses productions fauchées du même style ont livrés des trucages bien plus mal torchés. Ici, Roger Corman allonge suffisamment de biftons pour offrir un résultat au moins enthousiaste et généreux à défaut de convaincant, les monstres ressemblant à de mauvaises modélisations tirés d’un jeu vidéo.

Même si le métrage s’avère rythmé et relativement divertissant dans les limites de ses modestes ambitions, le spectateur partagera sans doute l’avis du héros venant de triompher des reptiles et s’exclamant, l’air satisfait « ouf, je suis quand même content que ce soit fini ». Cependant, dans la grande tradition du film de monstres de série Z, de petits cris animaux laissent entendre que des bébés encore plus féroces peuvent prendre la relève de leurs défuntes mamans en cas de succès.

Dans l’ensemble, DINOCROC Vs SUPERGATOR ne vole pas bien haut mais se laisse toutefois regarder d’un œil distrait. Si nous sommes loin d’une vraie réussite, on a également vu bien pire dans le genre et, avec un peu d’indulgence et une bonne dose d’humour, il est possible de prendre un minimum de plaisir à un téléfilm que l’on situera, généreusement, dans une honnête moyenne.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2011