DISCOPATHE
Titre: Discopathe
Réalisateur: Renaud Gauthier
Interprètes: Jérémie Earp-Lavergne

 

Sandrine Bisson
Ivan Freud
Ingrid Falaise
Katherine Cleland
Mathieu Lepage
 
Année: 2013
Genre: Slasher / Comédie
Pays: Canada
Editeur
Critique:

Petite production canadienne dotée d’un budget restreint, DISCOPATHE transpose les codes du slasher dans l’univers festif du disco. La première moitié du métrage se situe ainsi durant l’émergence de ce « nouveau son », dans le New York de 1976. Nous y suivons la morne existence de Duane, jeune homme timide traumatisé par la mort accidentelle de son paternel dans son studio d’enregistrement. Depuis, Duane associe les pulsations rythmées du disco avec la violence et, chaque fois qu’il entend cette musique, il se transforme en fou homicide. Après avoir assassiné sa petite amie dans la boite de nuit « Seven Heaven », Duane fuit à Montréal où il se cache, sous l’identité du malentendant Martin Lopez, dans un collège pour jeunes filles. Mais les mélodies disco réveillent le maniaque qui s’en prend à deux demoiselles délurées avant de kidnapper une enseignante…

En dépit d’une durée restreinte à 70 minutes (hors générique), DISCOPATHE semble souvent bien longuet, le scénariste et cinéaste débutant Renaud Gauthier n’allant jamais beaucoup plus loin que son concept de base, sans doute plus adapté à un court-métrage. Pour un format long, il eut sans doute été nécessaire de développer un minimum les différents protagonistes, ici réduits à de simples clichés, ou de proposer une intrigue plus travaillée et moins référentielle.

En l’état, DISCOPATHE ressemble beaucoup à un épisode de série télévisée des seventies un poil plus audacieux que de coutume et, malgré ses influences évidentes (MANIAC, CAUCHEMAR A DAYTONA BEACH, L’EVENTREUR DE NEW YORK et bien d’autres slashers urbains du début des années ’80) peine à maintenir l’intérêt. La faute, également, à une mise en scène paresseuse et à des interprètes globalement peu convaincant débitant des dialogues très creux. L’humour, lui non plus, n’est sans doute pas suffisamment développé pour emporter l’adhésion : le réalisateur se repose bien trop sur son concept absurde au lieu de proposer de véritables gags. Le résultat trahit donc un rapide essoufflement et, au bout d’une petite demi-heure, le film n’a plus guère de nouveauté à proposer pour relancer un intérêt défaillant.

Tout n’est pas négatif pour autant : les quelques meurtres sanglants bénéficient de sympathiques effets gore à l’ancienne réalisés par le spécialiste Rémi Couture et la bande originale compte quelques classiques vintages (dont les droits engloutirent une bonne partie du budget) comme le « I was made for loving you » de Kiss, le « Discobol » de Charlebois ou le « Stop ou encore » de Plastic Bertrand, sans oublier une poignée de compositions originales dans la droite ligne du disco de la fin des années ’70 ou empreintes de sonorités electro rétro proches de John Carpenter.

La reconstitution historique s’avère, pour sa part, crédible et vu les moyens dont disposaient l’équipe, le soin apporté à l’ambiance se révèle plaisant. Moyen et oubliable, DISCOPATHE se regarde cependant sans déplaisir et, dans la bonne ambiance (de préférence en groupe) le film pourra distraire un public complice durant un peu plus d’une heure. On en espérait davantage mais il faudra s’en contenter.

Fred Pizzoferrato - Juillet 2015