DJANGO!, PREPARE TON CERCUEIL
Titre: Preparati la bara!
Réalisateur: Ferdinando Baldi
Interprètes: Terence Hill

 

Horst Frank
George Eastman
José Torres
Guido Lollobrigida
Pinuccio Ardia
Barbara Simon
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1966, DJANGO fut une date charnière du western à l’italienne et sans doute un des trois ou quatre métrages les plus importants du genre aux côtés des premières œuvres de Sergio Leone et Sergio Sollima. Une séquelle se devait forcément de voir le jour mais il faudra attendre plus de vingt ans pour voir débarqué sur les écrans DJANGO 2 : LE GRAND RETOUR. Pourtant, dès le succès du classique de Sergio Corbucci sortirent de nombreux titres tentant de s’approprier les miettes de la renommée de Django.

Entre les fausses séquelles, les films simplement retitrés ou les arnaques pures et simples on compte une bonne trentaine de soi-disant DJANGO, un personnage mis à toute les sauces via DJANGO LE TACITURNE, DJANGO NE PRIE PAS, AVEC DJANGO LA MORT EST LA, DJANGO ARRIVE PREPAREZ VOS CERCUEILS, DJANGO NE PARDONNE PAS, LE RETOUR DE DJANGO, DJANGO DEFIE SARTANA, TIRE DJANGO TIRE !, etc. De tous ces films d’intérêt varié, seuls DJANGO PREPARE LE CERCUEIL se veut une véritable séquelle / réinterprétation du métrage de Corbucci et, quoique non officielle, on peut considérer le film de Ferdinando Baldi comme une suite tout à fait acceptable de DJANGO.

Quoiqu’il soit fondamentalement sérieux, le métrage ressortit pourtant quelques temps plus tard sous le titre de TRINITA PREPARE TON CERCUEIL et ce afin d’exploiter le popularité de Hill dans ce nouveau rôle.

L’intrigue de cette supposée séquelle se révèle classique mais intéressante : Django vit heureux avec son épouse et conduit un chargement d’or vers une banque. Malheureusement, une bande de bandits, menés par un certain Lucas, attaque la diligence. La femme de Django est tuée tandis que le pistolero est, pour sa part, laissé pour mort. Cinq années s’écoulent. Django travaille à présent comme bourreau mais n’a pas renoncé à son désir de vengeance. Au lieu d’exécuter les condamnés à mort, le redoutable hors la loi les sauve de la potence et les enrôle dans sa troupe de « fantômes », semant la terreur auprès des hommes de Lucas. Malheureusement, le fermier Garcia, que Django a sauvé de la corde, le trahit et s’empare d’une importante quantité d’or.

Si il ne bénéficie pas de la renommée de Sollima ou Corbucci (ne parlons même pas de Leone !), le réalisateur Ferdinando Baldi a pourtant réalisé une poignée de westerns intéressants comme TEXAS ADIOS, LE DERNIER DES SALAUDS ou encore le très culte BLINDMAN et le curieux COMIN’AT YOU (filmé en 3-D). Son approche du mythe de Django se révèle rigoureuse et bénéficie d’un scénario solide, cohérent et relativement complexe laissant la part belle aux trahisons et retournements de veste. Comme souvent avec les westerns italiens de cette époque le métrage laisse planer un certain élément surnaturel et Django parait revenir des Enfers pour se venger. Est il mort ou vivant ? Difficile de trancher après avoir vu Terence Hill criblé de balles lors du prologue.

Un climat également entretenu par la présence de ces pauvres types, injustement accusés et condamnés à mort, que Django sauve de la potence pour constituer une sorte de horde de justiciers se présentant comme des fantômes venus réclamer justice. Au niveau de la mise en scène, Baldi assure le spectacle et propose quelques beaux paysages, des duels efficaces et l’une ou l’autre attaque de diligence bien menées. Les combats à mains nues et les cascades sont, elles aussi, de bon niveau tandis que la scène finale se révèle particulièrement mémorable. Lors d’un hommage (décalque ?) du premier DJANGO, notre pistolero doit creuser sa propre tombe, cerné par des bandits dans un cimetière. Mais Django sort sa fameuse mitrailleuse du cercueil et se lance dans un véritable carnage. Une excellente manière de conclure le métrage par cette référence assumée au classique de Corbucci.

Les interprètes, eux, sont tout à fait corrects. Même si Terence Hill n’est pas pleinement à l’aise dans ce rôle de tueur implacable, il assure la succession de Franco Nero avec un bel aplomb. Parfois monolithique, voire figée, sa prestation reste efficace et confère même un caractère menaçant à ce Django qui, décidément, s’apparente fortement à un revenant. Du côté des méchants on retrouve avec plaisir l’allemand Horst Frank (que l’on verra dans de nombreux gialli tels SI DOUCES SI PERVERSES ou LE CHAT A NEUF QUEUES et quelques westerns de qualité, en particulier LE GRAND DUEL) et le fameux George Eastman. Cet acteur spécialisé dans le bis a déjà tourné quelques westerns (DJANGO TIRE LE PREMIER, DJANGO LE TACITURNE) mais il connaîtra la célébrité au début des années 80 via une poignée de gore et en particulier ANTROPOPHAGEOUS.

DJANGO!, PREPARE TON CERCUEIL constitue donc un très honnête western à l’italienne, servi par un scénario intéressant, une mise en scène très professionnelle, une musique agréable et un casting de choix. S’il ne peut prétendre rivaliser avec les plus grandes réussites du genre, DJANGO PREPARE TON CERCUEIL se situe toutefois clairement dans le peloton de tête du western spaghetti et s’inscrit parmi les productions les plus intéressantes d’un style ayant généré plusieurs centaines de titres souvent peu passionnants.

Divertissant et bien fichu, le film mérite donc largement une vision pour les amateurs du genre.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2009