DJANGO ET SARTANA
Titre: Quel maledetto giorno d'inverno...
Django e Sartana all'ultimo sangue
Réalisateur: Demofilo Fidani
Interprètes: Hunt Powers (aka Jack Betts)

 

Fabio Testi
Dean Stratford (aka Dino Strano)
Dennis Colt (aka Benito Pacifico)
Luciano Conti
Simonetta Vitelli
 
Année: 1970
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur Evidis
3 /6
Critique:

Un shérif, Sartana (caché sous un faux nom!), vient tenter de remettre de l'ordre dans une petite ville tombée aux mains d'infâmes brigands. Mais Django, chasseur de prime aventurier, débarque également dans la ville…Les deux hommes vont devoir unir leur force pour combattre les méchants.

Demofilo Fidani, ici prudemment caché sous le pseudo de Miles Deen, s'est acquis la réputation d'un des pires faiseurs de western spaghetti et, à l'image d'Ed Wood ou Andy Milligan, sa persévérante médiocrité lui ont permis d'acquérir une poignée de fans dévoués. La vision de DJANGO ET SARTANA est donc une expérience réservée aux "complétistes" du western bis italien…mais, alors que les échos disponibles et la présence de Fidani au générique laisse craindre le pire (ou espérer le plus déjanté des nanars, pour les plus pervers!), le résultat se révèle simplement…moyen!

Le métrage, par opportunisme commercial évident, tente donc la rencontre entre deux personnages bien connus du genre, à savoir Django (créé par Franco Nero) et Sartana (jadis joué, entre autre, par Gianni Garko). Le premier est cette fois incarné par un Hunt Powers moyennement concerné qui se contente surtout de reprendre les vêtements et quelques attitudes du "vrai". Le début du métrage tente pourtant de s'inscrire dans la tradition du chef d'œuvre de Sergio Corbucci en présentant le personnage dans un cimetière et en favorisant une ambiance un peu étrange. Inutile de dire que la pauvreté des décors et la côté très vite expédié de la mise en scène ne parviennent pas vraiment à donner à DJANGO ET SARTANA le côté "aux frontières du réel" souhaité.

Sartana, pour sa part, est joué par un Fabio Testi plus qu'insipide. Il ne révèle sa véritable identité qu'à la dernière minute du métrage, ce qui est doublement frustrant, d'abord parce que rien ne viendra justifier son patronyme et deuxièmement parce que le titre du film tuait dès le départ tout semblant de "suspense" sur l'identité des personnages principaux.

DJANGO ET SARTANA se contente donc d'illustrer très platement un scénario déjà mille fois vu, sans beaucoup d'inspiration et avec un budget misérable. Pourtant, force est de constater que Fidani - tout artisan besogneux préoccupé de rentabilité maximale qu'il soit - se montre parfois inventif dans sa mise en scène, certes très brouillonne mais indéniablement sympathique. Les scènes les plus outrancières (l'allumette craquée sur les dents d'un méchant, les longs duels au milieu d'une poussière voltigeante, le bras de fer avec des bougies enflammées,…) sont plutôt agréables à suivre, du moins pour les fanatiques d'un style spaghetti ici poussé dans ses derniers retranchements. Fidani joue donc la carte de la surenchère, du cliché, du grotesque et, en définitive, ne se débrouille pas si mal que ça: les bandits mexicains sont vraiment méchants et leurs sales têtes sont typiques du genre. Notons toutefois que DJANGO ET SARTANA se montre finalement fort familial et n'utilise guère la violence, contrairement à ses modèles et inspirateurs. La musique, elle aussi, se laisse écouter avec un certain plaisir même si l'amateur n'y trouvera que du déjà entendu. Coriolano Gori livre une partition très typée, un brin jazzy, et manifestement inspirée des plus grands compositeur du genre, Morricone en tête évidemment. Dommage que l'intrigue soit à ce point prévisible et que les rebondissements soient franchement attendus, sinon l'ensemble aurait été relativement distrayant. Les dialogues, eux, n'arrangent pas les choses et se limite à des banalités, autres point négatif pour un métrage qui en compte sans doute un peu trop pour mériter plus qu'une vision distraite.

Sans ambition, ni génie, DJANGO ET SARTANA est donc, au final, un tout petit produit qui se laisse éventuellement regarder sans trop d'ennui un soir de pluie. Sans plus mais sans moins, ce qui sera sans doute suffisant pour intéresser un minimum les indécrottables du western rital, ne serait-ce que par curiosité pour le cinéaste ou pour cette prometteuse (sur le papier!) rencontre entre deux figures clés du genre. Pourquoi pas?, d'autant que le DVD Evidis se trouve généralement pour un ou deux euros. Evidemment à ce prix là, faut pas espérer de bonus ni de VO, juste une image type vieille VHS et une VF d'époque ayant beaucoup vécu. Evidis réussissant même à sortir des DVD sans menu, le niveau technique est déplorable mais pour les curieux l'investissement est minimal…

Fred Pizzoferrato - Mars 2007