DJANGO II: LE GRAND RETOUR
Titre: Django 2: il grande ritorno
Réalisateur: Nello Rossati
Interprètes: Franco Nero

 

Christopher Connelly
Licinia Lentini
William Berger
Donald Pleasence
 
 
Année: 1987
Genre: Aventures / Action / Western
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Séquelle tardive et lointaine du classique de Sergio Corbucci, ce modeste film d’aventures signé Nello Rosati (le thriller érotique THE CAT IN HEAT) aurait probablement été plus inspiré de s’intituler DJANGO 2 : LA MISSION tant son scénario s’éloigne des racines du personnage pour privilégier un « bourrinage » digne de Stallone. Lorsque l’on apprend que Rosati et Nero en eurent l’idée alors qu’ils tournaient en Colombie un certain ALIEN TERMINATOR (sic !), on comprend mieux leur envie d’oublier le western au profit (hum !) de l’aventure guerrière.

Retiré dans un monastère, le pistolero Django a adopté le pseudonyme de Frère Ignatius et vit en paix à l’écart du monde séculier dévoré par la violence aveugle. Cependant, une femme vient lui apprendre qu’il a une fille adolescente, Marysol, enlevée par un tyran local surnommé El Diablo. Emmenée en Amérique du Sud, Marysol est condamnée à finir dans les bordels d’El Diablo mais Django reprend les armes (et sa célèbre mitrailleuse !) pour la tirer de cette situation.

Réalisé en 1966, le premier DJANGO devint rapidement un véritable classique du western spaghetti et engendra de nombreuses séquelles officieuses d’un intérêt discutable. Si la première, DJANGO ARRIVE PREPAREZ VOS CERCUEILS avec Terence Hill est un excellent western aux lisières du fantastique, les suivantes, de plus en plus fantaisistes, perdent tous liens avec le long-métrage original pour confronter Django, réduit à l’état de stéréotype, à divers figures légendaires de l’Ouest cinématographiques comme Sartana.

Vingt ans après le premier film, Franco Nero, forcément vieilli, accepte de reprendre son rôle emblématique mais, étonnamment (ou pas, les modes ont beaucoup changé et le western spaghetti est mort depuis près de quinze ans), DJANGO 2 abandonne en grande partie le contexte western de l’original pour devenir un banal film d’aventures exotiques. Située dans la jungle d’Amérique du Sud (le tournage s’est déroulé en Colombie), cette séquelle voit l’ancien pistolero effectuer une véritable opération commando (dans la lignée des succès de l’époque comme RAMBO 2 et PORTES DISPARUS) afin de sauver sa fille, kidnappée par un sadique mégalomane incarné par Christopher Connelly. Celui-ci, passionné par les papillons, a réduit en esclavage les populations locales pour bénéficier de main d’œuvre gratuite utilisée jusque l’épuisement dans ses mines d’argent.

Le taciturne Django finit par s’allier avec un entomologiste prisonnier (joué par un Donald Pleasance venu cachetonner) et un jeune garçon décidé à venger son père, assassiné par le tyran. Plus en phase avec son époque au niveau des thématiques, DJANGO 2 joue, également, la carte de la violence gratuite à la manière des films d’exploitation italiens des années ’80. Viols, tortures au cigare, balle en pleine tête, décapitations, coups de hache bien sanglant…Le long-métrage ne se prive d’aucun excès, du moins dans sa version intégrale, la plupart des copies disponibles étant sévèrement censurées, au point de compromettre, parfois, la compréhension du pourtant maigre scénario.

La logique et la vraisemblance ne sont d’ailleurs pas vraiment le souci principal du cinéaste, plus préoccupé d’orchestrer une série de mises à mort variablement spectaculaires. Là, aussi, souvent, en dépit du bon sens comme lorsque Django enfonce un bâton de dynamite dans la bouche d’une crapule qui attend gentiment de le voir exploser sans jamais songer à le recracher. Ou lorsque l’ancien cowboy confie sa fameuse mitrailleuse à un gamin avant de rendre justice de manière expéditive dans un bordel. Les scènes d’action sont, de toutes manières, souvent médiocres, le manque de budget handicapant sévèrement un film voulu épique mais généralement piteux et dépourvu de tout souffle.

Malheureusement, il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent, l’intrigue se limitant à suivre Django dans son enquête mollassonne pour retrouver sa fille enlevée par les méchants. Sur son chemin il torture et tue quelques truands avant de jouer les Rambo pour la sauver des griffes du tyran. Si DJANGO 2 ne cherche jamais à imiter le classique de Corbucci, les changements apportés ne sont, hélas, guère concluants.

Après plus d’une trentaine de séquelles officieuses, les fans avaient probablement envie de découvrir un véritable western et non une banale production d’aventures guerrières située au début du XXème siècle. Même le personnage de Django ne possède plus les caractéristiques d’antan et s’avère un « simple » pistolero vieillissant, tenté par la vie monastique, bien trop sérieux en dépit de quelques « punchlines » stupides qui rapprochent encore davantage l’entreprise des « actionners » américain produits durant les eighties. Seule la présence de la fameuse mitrailleuse, toujours cachée dans un cercueil, et de brefs passages mexicains rapprochent, au final, DJANGO 2 du film de Corbucci. C’est peu.

Sans être totalement raté, DJANGO 2 demeure une sévère déception et constitue, au mieux, une curiosité anachronique, baptisée de manière opportuniste pour profiter, même deux décennies plus tard, de l’aura culte du nettement plus réussi DJANGO. Bien des suites officieuses sont, d’ailleurs, plus plaisantes que cette médiocre production aujourd’hui oubliée avec raison. Une véritable occasion manquée qui laisse, surtout, une terrible impression de gâchis. Dommage.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013