DOCTOR WHO – AN UNEARTHLY CHILD (100 000 BC)
Titre: Doctor Who - An Uneathly Child
Réalisateur: Waris Hussein
Interprètes: William Hartnell

 

William Russell
Jacqueline Hill
Carole Ann Ford
Leslie Bates
Francesca Bertorelli
 
Année: 1963
Genre: Science-fiction / Série TV / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Aborder la série dite classique du DOCTOR WHO en se référant à son reboot moderne des années 2000 serait une grave erreur, particulièrement pour ce tout premier arc narratif en quatre parties diffusé à partir du 23 novembre 1963 et jusqu’au milieu du mois de décembre. A l’époque, le lancement du premier épisode fut complètement occulté par l’assassinat de J.F. Kennedy et le show, devenu le plus endurant de l’histoire de la télévision, faillit être annulé au bout de quelques semaines.

L’intrigue débute par les questionnements de deux professeurs, Ian et Barbara, au sujet du comportement étrange d’une jeune fille de quinze ans, Susan. Cette dernière semble particulièrement intelligente et pourtant curieusement inadaptée à notre monde. Effectivement, il apparait ensuite que Susan est une extraterrestre et qu’elle voyage en compagnie d’un vieux monsieur, surnommé le Docteur, dans un vaisseau spatial dénommé le TARDIS camouflé en cabine de police. Toute la petite troupe se retrouve ensuite cent mille ans dans le passé, au cœur d’un conflit entre deux hommes des cavernes qui souhaitent obtenir la maîtrise du bien le plus précieux : le feu.

L’aspect excessivement théâtral de l’épisode liminaire, presqu’entièrement situé dans le décor très carton-pâte du TARDIS, rebutera certainement bien des spectateurs d’aujourd’hui, de même que le rythme lénifiant. Difficile, pour ce vénérable sérial, de soutenir la comparaison avec les épisodes modernes, nettement plus divertissants, délirants et, surtout, riches en humour. Le docteur lui-même, campé avec talent par William Hartnell, n’est guère sympathique et apparait comme un vieil homme grognon et suffisant, loin du héros « romantique » qu’il deviendra au XXIème siècle. Il parait peu à l’aise sur notre planète et se désole de vivre au XXème siècle (« je tolère cette époque mais je ne l’apprécie guère »).

Toutefois, pour une production télévisuelle du début des sixties, AN UNEARTHLY CHILD ne démérite pas et aligne les concepts relativement novateurs. Le cliffhanger du premier sous-épisodes (également titré « An Unearthly Child ») s’avère intriguant et efficace avec la vision du Tardis échoué sur un paysage désolé tandis que s’approche une silhouette difforme vue en ombre menaçante.

Cependant, l’intrigue débute réellement dans le second épisode (« The Caves of Skulls ») dans lequel, à l’inverse des situations souvent développées par la suite, le Docteur est secouru par ses compagnons d’infortune. Le Seigneur du Temps constate également, « ce qui est très inquiétant », que le dispositif de camouflage du Tardis ne fonctionne plus, le condamnant à demeurer sous l’aspect d’une cabine bleue.

Dans la suite « The Forest of Fear », nos héros fuient devant les hommes des cavernes et entament un débat éthique pour savoir s’ils doivent sauver un de leur ennemi blessé ou, au contraire, le laisser mourir. « The Firemaker » conclut cet arc en permettant à la petite troupe de regagner le Tardis après que les deux rivaux préhistoriques aient réglé leur différent à coup de pierres.

Si l’intérêt historique de ce AN UNEARTHLY CHILD demeure indéniable un demi-siècle après sa première diffusion, difficile cependant, pour un spectateur moderne, de ne pas éprouver un certain ennui à la vision de cette intrigue étirée (plus que nécessaire) sur quatre épisodes un brin longuet. L’incarnation moderne du Docteur aurait regagné notre siècle en deux fois moins de temps, non sans avoir au préalable sauver l’univers de trois ou quatre invasions aliens. Autre temps…

Toutefois, ce premier arc reste incontournable pour les amateurs du Docteur et pose les fondations d’un mythe moderne qui perdure depuis plus de cinquante ans. S’il faut par conséquent une bonne dose d’abnégation pour s’enfiler cette centaine de minutes affreusement datée, le voyage reste conseillé aux amateurs du Docteur lesquels auront, heureusement, davantage de plaisir avec les arcs ultérieurs.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014