DOCTOR WHO: THE AMBASSADORS OF DEATH
Titre: The Ambassadors of death
Réalisateur: Michael Ferguson
Interprètes: Jon Pertwee

 

Caroline John
Nicholas Courtney
Robert Cawdron
Ronald Allen
John Abineri
 
Année: 1970
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Diffusé pour la première fois du 21 mars au 2 mai 1970, THE AMBASSADORS OF DEATH constitue le cinquante-troisième épisode de la (première) série télévisée Doctor Who. L’arc se compose de sept sous-épisodes d’environ 25 minutes pour une durée totale de près de trois heures.

L’intrigue débute par les tentatives du Docteur (John Pertwee) pour réparer son Tardis. Pendant ce temps, la Unit est chargée de récupérer des astronautes partis vers Mars et dont la Terre est sans nouvelle depuis sept mois. Le Docteur et sa compagne, Liz, se rendent nsuite dans la base spatiale responsable du programme où ils expliquent que la capsule revenue de l’espace émet un signal codé, lequel reçoit une réponse d’une base militaire supposée désaffectée de Londres. Après divers péripéties, les trois astronautes sont ramenés sur Terre mais le Docteur découvre qu’ils ont été remplacés par des extraterrestres. Un militaire, Reegan, capture alors Liz afin qu’elle l’aide à communiquer avec les trois aliens. Le Docteur, aidé du Brigadier, tente alors d’arrêter Reegan, aux ordres du belliciste Général Carrington, lequel s’apprête à déclencher une guerre galactique…

Inspiré par certaines aventures du professeur Quatermass (on pense ainsi à LA MARQUE ou LE MONSTRE), THE AMBASSADORS OF DEATH traite du thème classique des astronautes qui, partis dans l’espace, reviennent « contaminés » par une forme de vie extraterrestre apparemment hostile. A l’origine écrit pour la sixième saison (par David Whitaker), le scénario sera modifié pour prendre place dans la septième saison dont il constitue le troisième « arc ».

Si l’idée de base fonctionne en dépit de son manque d’originalité, THE AMBASSADORS OF DEATH se montre, malheureusement, décevant. L’étirement de l’intrigue sur sept épisodes rend l’ensemble languissant et le Docteur moderne prendrait certainement deux fois mois de temps pour conclure cette histoire somme toute très prévisible. Le « grand méchant », par exemple, se dévoile classiquement dans le dernier épisode mais la plupart des spectateurs auront compris son identité dès l’entame.

Quoique les péripéties se succèdent à la manière d’un serial (avec un cliffhanger au terme de chaque segment), l’arc manque hélas de nerfs et avance de manière erratique, voire laborieuse. La mise en place prend ainsi un temps infini et il faut attendre la fin du quatrième épisode pour que l’aventure s’anime enfin et dévoile ses enjeux. Une sous-intrigue complètement inutile expédie d’ailleurs le Docteur dans l’espace pour un voyage express à la rescousse des astronautes égarés. Le tout se déroule en quelques heures et alors que la Terre est menacée par une possible invasion extraterrestre. Bref, la crédibilité en prend un sacré coup !

Au niveau de la mise en scène, l’arc reste purement fonctionnel et les scènes d’intérieurs trahissent un tournage précipité et fort statique, typique des productions BBC de cette époque. Les passages en extérieurs s’avèrent, toutefois, plus nerveux et bénéficient de quelques poursuites en voitures, attaques d’hélicoptère ou bastons prudentes qui dynamisent un récit sinon mollasson.

Peu estimé des fans, THE AMBASSADORS OF DEATH n’est donc pas franchement une réussite, malgré l’un ou l’autre bon moment, malheureusement noyés dans un ensemble assez terne qui ne demandait probablement pas un aussi long développement. Ramené à une durée plus acceptable de quatre ou cinq épisodes, cet arc aurait sans doute grandement gagné en qualité. Mais, en l’état actuel, il faudra se contenter d’une intrigue banale à réserver aux inconditionnels ou aux nostalgiques.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014