DOCTOR WHO - INFERNO
Titre: Doctor Who - Inferno
Réalisateur: Douglas Camfield
Interprètes: Jon Pertwee

 

Caroline John
Nicholas Courtney
John Levene
Christopher Benjamin
Sheila Dunn
 
Année: 1970
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Quatrième et dernier arc narratif de la septième saison (originelle) du Docteur, INFERNO marque également l’ultime apparition régulière de Liz Shaw (campée par Caroline John), compagne du docteur durant toute cette saison. INFERNO fut également le dernier serial en sept parties de DOCTOR WHO, les suivants adoptant une longueur plus raisonnable.

L’intrigue s’organise de manière étrange puisqu’elle démarre réellement au début du troisième épisode. Les deux premières parties se consacrent, en effet, à un dangereux projet scientifique, surnommé « Inferno » qui consiste à creuser en profondeur l’écorce terrestre. Le directeur Stahlman n’hésite d’ailleurs pas à accélérer le processus au mépris des consignes élémentaires de sécurités, ce qui entraine plusieurs accidents. Il sabote également l’ordinateur central d’Inferno afin de camoufler ses décisions malavisées. Tout cela attire cependant l’attention de la Unit, toujours menée par le Brigadier. Après diverses péripéties, le Docteur est projetée dans un monde parallèle dictatorial où la monarchie anglaise a été renversée et la famille royale exécutée. A sa place règne une république dans laquelle l’ordre est assuré par les forces de sécurité du chef de brigade Lethbridge-Stewart. Pris pour un espion, le Docteur est passible de la peine de mort. Il va devoir s’échapper et revenir dans notre univers tandis que les expériences menées par Inferno menacent d’entrainer l’apocalypse.

Inspiré d’un authentique projet de forage à grande profondeur, le scénario d’INFERNO évolua d’intéressante manière lorsqu’une sous-intrigue à base de monde parallèle y fut incluse pour « tenir la distance » des sept épisodes prévus. Or, cette histoire « secondaire » devint rapidement un classique et s’avère bien plus efficace que la trame principale, trop prévisible, à base de savant fou, de projet scientifique délirant et de monstres infectés. L’arc trouve réellement sa vitesse de croisière à partir de la troisième partie, lorsque le Docteur échoue dans une Angleterre totalitaire et y rencontre les versions alternatives et maléfiques de Liz et du Brigadier. Toutefois, le quatrième sous-épisode marque un peu le pas et se limite, durant une bonne partie du temps

alloué, à confronter le Docteur aux doubles de Liz et du Brigadier qui le bombardent de question à la manière de 1984 ou du PRISONNIER. Ce segment se clôt heureusement sur un cliffhanger de toute beauté qui voit le Docteur, sous la menace d’une arme, tentait de stopper un projet scientifique capable de conduire à l’Armageddon. Le compte à rebours, enclenché, termine l’épisode en égrenant de manière menaçante cinq…quatre…trois…deux…un…Générique !

La suite, mouvementée, va assembler avec bonheur les deux histoires (le forage et l’univers alternatif) et montrer les tentatives du Docteur de regagner notre continuum pour éviter une catastrophe devenue inévitable dans le monde parallèle. En outre, les assauts des infectés (peu crédible avec leur masque caoutchouteux et leurs crocs en plastique) compliquent la situation et assurent le quota requis d’action même si ces scènes sont souvent plus distractives qu’angoissantes. Les séquences de dialogues, par contre, fonctionnent plaisamment et possède une réelle qualité d’écriture ainsi qu’un ton sérieux, voire désenchanté, assez inhabituel. Parmi les innovations d’INFERNO se trouve également l’usage du « karaté vénusien » qui permet au Docteur de triompher d’adversaires plus jeunes ou mieux armés. Un évident emprunt à la « prise vulcaine » de Spock.

Le scénario lui-même rappelle d’ailleurs un des épisodes les plus populaires de la série originelle STAR TREK, le fameux « Mirror, mirror ». Le look des infectés, à la peau verdâtre et aux cheveux hirsutes, anticipe pour sa part les morts-vivants des « zombie movies » ultérieurs. Quelques détails, toutefois, paraissent fort datés, en particulier la conception des ordinateurs, considérés comme des machines omniscientes et toute puissante à même d’apporter aux humains toutes les réponses aux questions posées. Les transitions entre les univers sont, elles, gérées de manière rudimentaire avec des effets visuels scintillants peu convaincants façon « boule à facettes ».

Enfin, INFERNO ne répond jamais à cette question pourtant fondamentale : puisque tous les personnages possèdent leur contrepoint dans cet univers alterné, où est le Docteur ? Une hypothèse osée mais séduisante, envisagée par certains fans, affirme qu’il est, en réalité, le despote de ce monde parallèle !

Quoiqu’il en soit, le serial demeure un bon exemple de la série classique du Docteur. Comme bien d’autres, il eut certainement gagné à être amputé d’un ou deux épisodes (le septième apparait comme bien décevant après le rythme soutenu des cinquième et sixième) et le tout paraitra sans doute un peu longuet et languissant pour les aficionados de l’incarnation moderne du héros « britannique ».

Toutefois, pour ceux qui désirent se familiariser avec la série classique et ne craignent pas de se plonger dans une intrigue de trois heures, INFERNO assure un divertissement efficace et globalement satisfaisant.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014