DOCTOR WHO - TERROR OF THE AUTONS
Titre: Doctor Who - Terror of the Autons
Réalisateur: Robert Holmes
Interprètes: Jon Pertwee

 

Kathy Manning
Nicholas Courtney
Richard Franklin
Roger Delgado
John Levene
 
Année: 1971
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Le premier serial de la huitième saison de DOCTOR WHO (diffusé en janvier 1971) voit l’introduction de nouveaux protagonistes comme Jo Grant (jouée par Katy Manning) destinée à rester auprès du Docteur jusqu’au terme de la dixième saison (et l’arc THE GREEN DEATH) et le capitaine Mike Yates (campé par Richard Franklin), un membre de la UNIT qui reviendra de manière récurrente dans les saisons 8 à 11 puis dans l’épisode anniversaire THE FIVE DOCTORS de 1983.

Cependant, l’importance historique de l’arc réside surtout dans l’apparition d’un nouvel adversaire, lequel deviendra rapidement le pire ennemi du Docteur, un véritable « super vilain » surnommé le Master. Ce Seigneur du Temps renégat, envisagé dès le départ comme le « Moriarty » du Docteur, reviendra à de multiples occasions (le troisième Docteur le combattra à sept autres reprises, notamment dans tous les autres arcs de cette huitième saison !) y compris dans plusieurs épisodes de la « période moderne ».

Ici, le Master arrive sur terre et prend possession d’une usine de plastique afin de créer des Autons, des automates maléfiques destinés à assurer sa suprématie planétaire. Partie enquêter dans l’usine, Jo est capturée et hypnotisée par le Maître qui l’envoie au quartier général de la Unit armée d’une bombe. Cependant, le Docteur déjoue le piège avant de poursuivre ses investigations dans un cirque où il confronte deux policiers, en réalité des Autons dirigés par le Maître. Le premier épisode de ce serial introduit les nouveaux personnages et les nombreux changements plus ou moins importants apportés à la mythologie depuis la fin de la saison précédente.

Rythmé, efficace, cette vingtaine de minutes laisse espérer le meilleur pour la suite qui, hélas, ne se hissera jamais au même niveau. Le Docteur se voit cependant réaffirmer en tant que principal protagoniste du récit et les autres intervenants deviennent ses compagnons ou ses subordonnés : il prend les décisions et mène les opérations, y compris au sein de la Unit, épaulé par le Brigadier et le Capitaine Yates.

Popularisés l’année précédente par l’arc SPEARHEADS FROM SPACE, les Autons effectuent ici leur grand retour (on les reverra également dans deux épisodes « modernes », ROSE et LA PANDORICA S’OUVRE) mais peinent toujours à générer le frisson souhaité, du moins pour un spectateur contemporain. En effet, TERROR OF THE AUTONS déclencha un débat à la Chambre des Lords, le programme étant jugé « trop effrayant pour les enfants ».

Quoiqu’il en soit et malgré un titre prometteur TERROR OF THE AUTONS n’use jamais des redoutables automates à leur plein potentiel, l’accent étant clairement mis sur le Maître et les Autons étant relégués au rôle de tueurs insensibles. Si l’intrigue souffre de longueurs dans les deuxième et troisième épisodes, elle parait, au contraire, trop précipitée dans la quatrième partie où les événements s’accélèrent en dépit de toute logique, en particuliers lorsque le Docteur réussit à convaincre le Master d’abandonner son plan d’invasion par un seul commentaire sentencieux affirmant que les envahisseurs ne lui seront guère reconnaissant une fois maître de la Terre.

Peu crédible en dépit de la performance sans reproche des comédiens, Roger Delgado se montrant particulièrement convaincant dans son rôle de super vilain galactique. Quelques dialogues amusants (« les gentlemen ne parlent pas d’argent » affirme un personnage auquel le Docteur rétorque « les gentlemen ne parlent jamais d’autre chose ») ne compensent pas les « productions values » très faibles, typiques de la télévision britannique de l’époque. La menace des Autons n’est, par conséquent, jamais très présente et la Unit se limite à une poignée de trouffions dépêchés pour juguler une attaque planétaire.

En dépit de l’aspect « historique » du récit et de son indéniable importance dans la constitution de la mythologie du Docteur, ce serial ne s’élève jamais au-dessus d’une honnête moyenne, handicapé par la mollesse de ces deux épisodes centraux.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014