DOCTOR WHO - THE ARK IN SPACE
Titre: Doctor Who - the Ark in Space
Réalisateur: Rodney Bennett
Interprètes: Tom Baker

 

Elisabeth Sladen
Ian Marter
Wendy Williams
Kenton Moore
 
 
Année: 1975
Genre: Science-fiction / Série TV / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Second serial de la douzième saison du Docteur, THE ARK IN SPACE fut diffusé en quatre parties en janvier et février 1975. L’arc fut un grand succès et bâtit des records d’audience. Il reste, aujourd’hui encore, très populaire auprès des fans mais aussi, par exemple, de Steven Moffat, ce-dernier ayant déclaré qu’il s’agissait de son serial préféré concernant la série « classique ».

Le Tardis surgit sur une station spatiale, Nerva, que vont explorer le Docteur et Harry. Pendant ce temps, Sarah Jane Smith, privée d’oxygène, est placée en animation suspendue. Le Docteur découvre ensuite que la station constitue une arche spatiale destinée à préserver les connaissances humaines afin de reconstruire l’Humanité. Quelques personnes, cryogénisées depuis des millénaires, sont tirées de leur sommeil, dont Vira et le chef de la station surnommé Noé. Ce-dernier est infesté par une créature extraterrestre hostile, le Wirrn, qui prend possession de son corps. Décidés à absorber toutes les connaissances humaines, le Wirrns attaque la station et seul le Docteur semble capable de stopper sa propagation.

Serial intéressant, THE ARK IN SPACE développe une intrigue aux prémices prophétiques. La terre étant devenue inhabitable dans un lointain futur, l’ensemble des connaissances disponibles et quelques poignées d’humains ont choisis d’attendre sa « guérison » dans une station spatiale assimilée à l’Arche de Noé. Dans cet environnement protégé surgit une menace prenant la forme d’une sorte de larve monstrueuse, le Wirrn, qui se sert des hommes comme d’incubateur avant de les posséder.

Beaucoup ont pointé d’indéniables similitudes entre cet arc et ALIEN (sorti quatre ans plus tard) même si l’idée d’une créature extraterrestre qui pond ses œufs dans le corps de ses hôtes humains avait déjà été abordée à plusieurs reprises, notamment dans le roman « La Faune de l’espace » d’Alfred Van Vogt paru en 1950 (par ailleurs une influence avérée d’ALIEN). Pour l’époque, THE ARK IN SPACE bénéficie de décors relativement élaborés et convaincants, d’ailleurs assez chers selon les standards de la série ce qui explique leur réutilisation dans l’ultérieur REVENGE OF THE CYBERMEN situé sur la même station spatiale mais à une époque différente.

Néanmoins, si l’intérieur de la station Nerva demeure crédible, les quelques vues de l’extérieur fonctionnent fort mal et trahissent leur côté « maquette » hâtivement bricolée. Le monstre extraterrestre, pour sa part, souffre des faiblesses habituelles des créatures vues dans la série et apparait clairement comme un figurant costumé de latex mais reste toutefois un peu moins ridicule que de coutume.

Si l’intrigue est globalement réussie, THE ARK IN SPACE n’évite pas les longueurs et baisses de rythme coutumières et eut gagné à se voir quelque peu raccourci. Après un premier épisode plein de panache et de mystère qui se conclut par un joli cliffhanger, la suite ne se montre jamais réellement à la hauteur et l’épisode 3, en particulier, inclut trop de remplissage pour maintenir l’intérêt avant la résolution, satisfaisante sinon passionnante, au terme de la quatrième partie.

Heureusement, l’interprétation énergique de Tom Baker supplée à ces faiblesses et rend l’ensemble divertissant et définitivement plus « moderne » que les saisons antérieures. Souvent vanté, THE ARK IN SPACE constitue en définitive une plaisante aventure du Docteur mais parait avoir quelque peu usurpé son statut de « classique » ou de « chef d’œuvre » de la série.

Le tout se suit toutefois avec plaisir et saura contenter les fans de « Doctor Who ».

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014