DOCTOR WHO - THE ROMANS
Titre: Doctor Who - The romans
Réalisateur: Christopher Barry
Interprètes: William Hartnell

 

William Russell
Jacqueline Hill
Maureen O'Brien
Derek Sydney
Derek Francis
 
Année: 1965
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Diffusé en quatre parties (en janvier et février 1965), ce piètre serial appartient à la seconde saison de la série. Comme le titre l’indique, l’intrigue se situe durant l’époque romaine et plus précisément en 64 après Jésus Christ, durant le règne de Néron.

Coincés au début de notre ère, le Docteur et ses compagnons (Ian, Barbara et Vicky) s’installent dans une villa romaine inoccupée à quelque distance de Rome. Le Docteur et Vicky décident, pour tromper l’ennui, de se rendre à la Capitale de l’Empire. Sur le chemin, ils découvrent le corps d’un musicien renommé, Maximus Pettulian, invité à la cour de Néron. Par un concours de circonstances, le Docteur endosse l’identité du joueur de lyre assassiné et arrive finalement devant César. Pendant ce temps, Ian et Barbara ont été attaqués par des trafiquants d’esclaves : Ian échoue aux galères, s’évade et se voit condamné à combattre dans l’arène. Barbara, elle, est destinée aux plaisirs de l’Empereur…

Loin des intentions « didactiques » affichées par certains arcs du Docteur ou du ton sérieux de l’ultérieur THE CRUSADE, cette incursion aux temps antiques joue ouvertement la carte de l’humour comme en témoigne l’interprétation cabotine de Derek Francis en Néron. Se conformant à la vision devenue canonique du personnage, Francis se délecte en jouant de la lyre, se congratule de son génie et s’empiffre dans les banquets, uniquement préoccupé de son plaisir.

L’humour fonctionne donc plaisamment et William Hartnell incarne à la perfection le Docteur quoiqu’il se trompe parfois dans ses répliques ou marque des hésitations involontaires dans ces dialogues. Cependant, ces dernières ne dénotent pas ; au contraire, elles paraissent intégrées au script et confèrent beaucoup de charme et d’enthousiasme à l’interprétation du débonnaire Hartnell.

Le troisième épisode (« Conspiracy ») verse d’ailleurs dans la farce complète : l’Empereur se désole des talents de joueur de lyre du Docteur et se propose de le jeter aux lions, Barbara essaie d’échapper à ses tentatives de séduction entreprenantes et le tout se transforme en véritable Vaudeville dans lequel les personnages se croisent sans jamais se rencontrer. Le dernier épisode (« Inferno ») revient à davantage de sérieux et se centre, comme le titre l’indique, sur l’incendie de Rome, « suggéré » par le Docteur à l’Empereur lorsque ce dernier voit s’embraser par accident les plans de la Nouvelle Rome voulue par Néron.

Considéré comme « si ridicule qu’il en devient ennuyeux » ou « uniquement destiné aux imbéciles » lors de sa première diffusion, le serial gagna, peu à peu, les faveurs des fans et les critiques modernes louent généralement son mélange bien dosé de suspense, d’Histoire et d’humour.

Si THE ROMANS n’est certes pas dénué de faiblesses (un budget insuffisant, des combats mollassons et une conclusion quelque peu précipitée), il reste une amusante curiosité dominée par le jeu plein de fougue de Francis et Hartnell.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014