DOCTOR WHO - THE TIME MEDDLER
Titre: Doctor Who - The time Meddler
Réalisateur: Douglas Camfield
Interprètes: William Hartnell

 

Maureen O'Brien
Peter Purves
Peter Butterworth
Alethea Charlton
Peter Russell
 
Année: 1965
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Le premier épisode de ce serial, le neuvième et dernier de la seconde saison du DOCTOR WHO, commence par les lamentations de Vicky qui se plaint auprès du Docteur de l’absence de Ian et Barbara.

Une parfaite introduction pour Steven Taylor, nouveau compagnon apparu dans le serial précédent, THE CHASE, et qui restera en compagnie de nos héros durant pratiquement toute la troisième saison. La série n’étant guère connue pour sa stabilité, conséquence inévitable de son exceptionnelle longévité, les compagnons, ennemis et docteurs se succèderont sans répit durant le quart de siècle suivant.

Originellement diffusé en juillet 1965, THE TIME MEDDLER fut, par la suite, rediffusé en 1992 dans le cadre d’un hommage aux différents Docteurs. L’intrigue voit le Tardis atterrir dans une lointaine contrée qui s’avère l’Angleterre de 1066. Un étrange Moine est témoin de leur arrivée tandis que le Docteur découvre de curieux instruments modernes comme un gramophone ou un grille-pain, anachroniques en ces temps reculés.

La véritable nature du Moine sera révélée par la suite mais de manière détournée: lui aussi est un Seigneur du Temps qui dispose de son propre Tardis, d’ailleurs plus sophistiqué que celui du Docteur. Tandis que le Docteur se prépare à une prochaine invasion des Vikings, il est capturé par le Moine, lequel souhaite « améliorer » l’Histoire.

Adroit mais sans surprise, le premier épisode (« The Watcher ») introduit le nouveau compagnon, prend le temps de développer un aspect nostalgique (la défection de Ian et Barbara) et place résolument le Docteur (campé avec bonne humeur par William Hartnell) au centre d’un récit classique, à savoir l’irruption du Tardis dans un environnement potentiellement hostile. Ici, nous sommes en Angleterre à la veille d’une invasion viking mais, à ce fond historique traditionnel (déjà exploré par d’autres arcs « didactiques » comme le très humoristique THE ROMANS ou le plus sérieux THE CRUSADE) s’ajoute la présence d’un second Seigneur du Temps, le Moine (The Meddling Monk en version originale).

Néanmoins, à l’époque, la mythologie entourant le Docteur était encore rudimentaire et fluctuante et le Meddling Monk apparait, dès lors, comme un excentrique qui possède, lui-aussi, une machine temporelle dont il se sert pour modifier à sa guise l’Histoire. Le personnage acquit une notoriété suffisante pour revenir dans le célèbre arc en douze chapitres de la saison 3, THE DALEKS’ MASTER PLAN puis fut intégré au canon de la série, apparaissant dans des jeux de rôles ou des romans dérivés, parfois assimilé à une incarnation du Master.

La révélation de la nature du Meddling Monk en tant que voyageur du temps en possession de sa propre version du Tardis (« C’est un Tardis ! Le Moine possède son Tardis ! ») se fait à l’issue du troisième épisode (« Battle of wits ») et constitue un cliffhanger mémorable pour la série qui établit la nature non unique du Docteur. Cependant, il faudra encore plusieurs années avant que ne soient révélé sa nature de Seigneur du Temps et ses origines sur Gallifrey (le nom sera mentionné pour la première fois en 1973 dans l’arc TIME WARRIORS).

Malheureusement, excepté ce climax efficace, la troisième partie du serial manque de punch et s’encombre de discussions oiseuses entre deux éclaireurs Vikings. Rien de très palpitant ne survient dans cet épisode de remplissage à l’intérêt limité dont l’unique raison d’être semble d’accroitre le suspense avant la résolution de l’intrigue dans le quatrième et dernier volet, « Checkmate ». Cet ultime épisode de la saison 2 ne fut d’ailleurs retrouvé que bien des années plus tard et, hélas, la copie, destinée à l’étranger, souffre de coupes sévères visant à limiter sa violence (selon les standards de l’époque évidemment).

Cette quatrième partie rappelle, en outre, la règle d’or du voyage temporel (« ne jamais interférer avec le cours de l’Histoire ») et donne quelques exemples des agissements du Moine contraire à ce principe : il a aidé De Vinci a concevoir ses inventions, a provoqué la construction de Stonehenge ou, de manière plus modeste, a bâti sa fortune en déposant une petite somme en banque dont il a recueilli les intérêt deux siècles dans l’avenir.

Toutefois, l’ambitieux Moine envisage, cette fois, de modifier radicalement le cours de l’Histoire en stoppant l’invasion viking annoncée. Le Docteur devra donc le bloquer en 1066 et l’empêcher d’utiliser son Tardis (« modèle 4 ») afin qu’il gagne en maturité par son exil temporel forcé.

Sans surprise et souffrant, comme souvent, de quelques longueurs rédhibitoires, THE TIME MEDDLER demeure un serial efficace et globalement plaisant dans lequel le Docteur trouve enfin un adversaire à sa hauteur, ce qui entraine une agréable confrontation basée sur des dialogues bien troussés.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014