DOCTOR WHO - THE TOMB OF THE CYBERMEN
Titre: Doctor Who - The tomb of teh cybermen
Réalisateur: Morris Barry
Interprètes: Patrick Troughton

 

Frazer Hines
Deborah Watling
Roy Stewart
Aubrey Richards
Cyril Shaps
 
Année: 1967
Genre: Science-fiction / Doctor Who
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Premier épisode la cinquième saison originelle du Docteur (et trente septième épisode au total), TOMB OF THE CYBERMEN constitue un arc en quatre partie, diffusé de manière hebdomadaire durant le mois de septembre 1967.

Le Docteur se voit une troisième fois confronté aux redoutables Cybermen, apparus dans l’épisode THE TENTH PLANET et revenu dans THE MOONBASE dans lequel ils essayaient de conquérir la lune. TOMB OF THE CYBERMEN s’y réfère brièvement et mentionne que les robots meurtriers ont disparus depuis cinq cents ans.

Présentée dans l’épisode précédent, EVIL OF THE DALEKS, Victoria Waterfield, désormais orpheline, devient la nouvelle compagne du Docteur. Le duo, auquel s’ajoute Jamie, part pour la planète Telos où ils rencontrent une expédition archéologique dirigée par le professeur Parry à la recherche de la civilisation perdu des Cybermen. La petite troupe, financée par l’ambitieuse Kaftan, comprend une poignée de personnes dont le musclé Toberman et le capitaine de vaisseau Hopper. L’expédition découvre rapidement le mythique tombeau où reposent les Cybermen, paralysés par le froid depuis cinq siècles. Ils encourent divers périls (dont un système de défense mortel) avant de réveiller les robots. Kaftan et le mathématicien Krieg appartiennent en effet à une société secrète dont le but est de conquérir le monde en s’aidant des Cybermen. Mais ces derniers n’entendent pas se plier à la volonté d’un simple humain.

Patrick Troughton, apparu au milieu de la saison 4 en remplacement de William Hartnell, incarne évidemment le (second) Docteur dont l’âge est pour la première fois précisé : il a 450 ans. Quelques passages dialogués entre le Docteur et Victoria sont également les bienvenus et confèrent davantage de profondeur aux personnages.

L’arc, relativement rythmé, bénéficie surtout d’une division en quatre sous-épisodes de 25 minutes, ce qui évite les longueurs inhérentes aux arcs en six ou sept parties. Toutefois, les deux premiers sous-épisodes sont indéniablement les plus réussis et possèdent un climat d’étrangeté et d’émerveillement palpable tandis que le Docteur et ses compagnons explorent les ruines de la civilisation disparue des Cybermen. Hélas, lorsque ceux-ci reviennent à la vie, le scénario ne semble pas savoir quel rôle leur attribuer et le serial retourne aux intrigues basiques et banales de domination planétaire et de combats entre « bons » et « méchants ».

Les motivations des différentes factions en présence (notamment celle dirigée par Kafkan) paraissent en outre nébuleuse et les effets spéciaux ne sont guère convaincant, notamment les costumes assez piteux des Cybermen, plus risibles qu’effrayants. L’arc fut cependant le premier épisode de DOCTOR WHO à susciter l’ire de certains spectateurs qui se plaignirent auprès de la BBC pour sa…violence ! Une autre époque ! Toutefois certaines séquences gardent presqu’intacte leur pouvoir de fascination, en particulier la résurrection des monstres de métal à l’issue du deuxième épisode, considéré (à juste titre) comme un des cliffhangers les plus réussis de la série.

Longtemps considéré comme le seul arc intact de la seconde saison (jusqu’à la découverte, en 2013, d’une version complète d’ENEMY OF THE WORLD), TOMB OF THE CYBERMEN appartient indéniablement aux « classiques » de la série. Regardé comme perdu pendant plusieurs décennies (il fut retrouvé à Hong Kong au début des années ’90), l’épisode gagna sa réputation auprès des fans via la publication du script ou diverses rumeurs qui lui confèrent un aspect pratiquement légendaire.

Un statut bien sûr usurpé puisque TOMB OF THE CYBERMEN n’est finalement qu’un bon épisode parmi d’autres. Même si ce n’est déjà pas mal !

Si cet arc « mythique » peut sembler quelque peu vieillot aujourd’hui, son rythme très correct et quelques images marquantes en rendent la vision conseillée aux amateurs du Docteur, lesquels lui pardonneront ses costumes ratés et un troisième épisode en forme de ventre mou.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2014