LE TRAIN DES EPOUVANTES
Titre: Dr Terror's House of Horrors
Réalisateur: Freddie Francis
Interprètes: Peter Cushing

 

Christopher Lee
Bernard Lee
Michael Gough
Donald Sutherland
Irene Richmond
 
Année: 1965
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
4 /6
Critique:

Grand chef opérateur, Freddie Francis (décédé en mars 2007) a travaillé avec les plus grands, de John Huston à David Lynch en passant par Jack Clayton. Il reçut même un Oscar en 1960 pour AMANTS ET FILS avant de débuter, à 45 ans, une seconde carrière de metteur en scène. Artisan doué ayant œuvré sur de nombreuses productions de la Hammer et de la Amicus, il travailla malheureusement souvent sur des scénarios peu inspirés ou desservis par des budgets indignes (L'EMPREINTE DE FRANKENSTEIN, LA LEGENDE DU LOUP-GAROU) mais se montra bien plus à l'aise dans les anthologies horrifiques.

Le genre, relancé par LES TROIS VISAGES DE LA PEUR (et d'autres, comme L'EMPIRE DE LA TERREUR ou TWICE TOLD TALES), fut fort fréquenté durant la seconde moitié des années 60 (et même encore au début de la décennie suivante). LE TRAIN DES EPOUVANTES est la première de ces compilations signées Francis, lequel réalisa par la suite LE JARDIN DES TORTURES et HISTOIRES D'OUTRE TOMBE. Rivale de la Hammer durant les sixties, la Amicus, dirigée par Milton Subotsky, se fit donc une réputation en proposant de nombreux "films à sketches" mais la compagnie livra aussi son quota de "psycho thrillers", tels POUPEES DE CENDRES en débauchant Robert Bloch, alors célèbre pour le roman ayant inspiré PSYCHOSE, et tenta ainsi de rivaliser avec les nombreux succédanés du classique d'Hitchcock produits par la Hammer.

Peter Cushing incarne ici le Dr Schreck, passager d'un compartiment de train dans lequel ont pris place 5 personnes. L'homme est un spécialiste du Tarot et il se propose de révéler le futur de ses compagnons. La première histoire concerne l'architecte John Dawson invité dans une ancienne maison. La porte de la cave est fermée à clé et Dawson y découvre un cercueil, celui d'un certain Valdemar. Une sombre malédiction et un loup-garou seront de la partie.

Mr Bill Rogers, pour sa part, sera confronté, tout comme sa femme et sa fille, à une étrange plante grimpante meurtrière. Membre d'un orchestre de jazz londonien, Biff Baley, cherche l'inspiration à Haïti, où il vole la musique religieuse d'une peuplade locale. Malheureusement, les Dieux Vaudous n'aiment guère ce genre de malversations…

Marsh (Christopher Lee), critique artistique célèbre, ne perd jamais une occasion de ridiculiser le peintre Eric Landor (Michael Gough) mais celui-ci se venge en humiliant le critique, l'invitant à une exposition dont les toiles ont été peintes par un chimpanzé. Marsh finit par broyer la main de l'artiste, le poussant au suicide…mais la main n'a pas dit son dernier mot.

Enfin, le Dr Caroll (Donald Sutherland) épouse une jeune française, Nicole, qui s'avère être une vampire. Mais elle n'est peut-être pas la seule de son espèce à semer la terreur dans la région. La conclusion à toutes ces intrigues sera donnée par ce cher Dr Schreck…en route pour l'enfer!

LE TRAIN DES EPOUVANTES est donc une production fort sympathique, composée de cinq histoires durant entre 15 et 20 minutes, liées entre elles par les présentations du Dr Schreck. Un principe ensuite adopté dans la plupart des films à sketches (comme ASYLUM ou CREEPSHOW pour ne citer que les plus fameux) et même par la télévision, avec les "Contes de la Cryptes". C'est d'ailleurs à ces épisodes télévisés, réalisé 30 ans plus tard (!) que LE TRAIN DES EPOUVANTES s'apparente le plus, offrant une suite d'histoires pas spécialement originales mais toujours agréables à suivre grâce, en partie, à leur chute horrifico-comique toujours savoureuse.

Milton Subotsky, scénariste de l'ensemble, maintient une bonne qualité générale et aucun des cinq sketches n'est réellement raté, même si la première et la quatrième s'élèvent clairement au-dessus de la deuxième (la plus faible) et de la troisième (des prémices intéressants et originaux mais trop de clichés pour convaincre totalement).

Le casting bien choisi (Christopher Lee, Peter Cushing, Donald Sutherland, Michael Gough) aide à passer un bon moment jusqu'au final attendu mais amusant, typique du genre. En dépit de contraintes budgétaires un peu pesantes, LE TRAIN DES EPOUVANTES constitue un bel exemple de récits d'épouvantes, servi par des scénarios futés, des interprètes talentueux et une réalisation chevronnée qui ménage intelligemment les passages humoristiques et les séquences d'angoisse.

A re-découvrir.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007