DRACULA PRINCE DES TENEBRES
Titre: Dracula 3: Dracula Prince of darkness
Réalisateur: Terence Fisher
Interprètes: Christopher Lee

 

Andrew Keir
Barbara Shelley
Francis Matthews
Suzan Farmer
Charles Tingwell
 
Année: 1966
Genre: Fantastique / Horreur / Vampires
Pays: Grande Bretagne
Editeur  


Critique:

Christopher Lee incarne à nouveau le seigneur des vampires mais, suite à ses exigences financières sa présence à l'écran fut limitée. Après avoir refusé de participer au précédent métrage de la saga (LES MAITRESSES DE DRACULA), Lee s'était compromis dans l'auto parodie LES TEMPS SONT DURS POUR LES VAMPIRES en 1959.

Devenu une véritable icône de l'épouvante par ses rôles pour la Hammer Films (LA GORGONE, LA MALEDICTION DES PHARAONS, etc.), Lee peut se montrer gourmand et exige un salaire important. La Hammer lui donne donc le rôle titre mais le comte apparaît finalement peu à l'écran, même si sa présence menaçante plane sur l'ensemble du film. Le scénario, lui, peine malheureusement à maintenir l'intérêt après une première demi-heure passionnante et bourrée de bonnes idées. Le film se révèle un peu moins intéressant une fois Dracula revenu à la vie mais l'ensemble reste pourtant de très bonne facture.

Tout débute par l'enterrement d'une jeune fille, soupçonnée d'avoir été victime d'un vampire. Le prêtre veut lui percer le cœur d'un pieu pour éviter tous les "désagréments" ultérieurs de sa condition mais un moine s'interpose. Le Père Sandor accuse le prêtre qui n'est, selon lui, q'un idiot superstitieux et effrayé. Pendant ce temps, quelques touristes débarquent dans la région: Charles Kent et son frère Alan, ainsi que leurs épouses, Diana et Helen. Après une rencontre dans la taverne du village, le Père Sandor conseille aux voyageurs d'éviter un certain château qui ne figure sur aucune carte.

Bien sûr, ce qui devait arriver arrive et nos touristes échouent à Karlsbad bien secoués ("rock the Karlsbad", donc), emmenés par une diligence dépourvue de cocher. Accueilli par Klove, le gardien du château, nos touristes s'offrent une nuit de repos. Malheureusement, Alan est assassiné par Klove et le sang répandu sur les cendres du Comte Dracula entraîne la résurrection du Prince des Vampires qui fait aussitôt d'Helen sa nouvelle disciple... Dracula revient à la vie lorsque son fidèle serviteur, Klaus, répand sur ses cendres le sang d'un innocent touriste.

La scène de la résurrection de Dracula s'avère particulièrement réussie, tout comme sa mort dans les glaces, originale et bien amenée. La première rappelle un peu LE MASQUE DU DEMON avec cette victime dont le sang ramène à la vie le vampire. La seconde voit Dracula périr par l'eau glacée, une faiblesse des vampires rarement-pour ne pas dire jamais-exploitée à l'écran. La fin de Barbara Shelley, poignardée d'un pieu en plein cœur, montre, elle, que l'école anglaise s'ouvre timidement aux excès sanglants, même si l'ensemble reste traditionnel, dans un style gothique dont Terence Fisher fut le meilleur représentant.

En dehors de ces morceaux de bravoures, le métrage manque un peu de...mordant et privilégie l'atmosphère, se reposant aussi sur les prestations des acteurs.Andrew Keir livre ici une belle performance en chasseur de vampires motivé. Christopher Lee, comme précédemment signalé, emmène le personnage dans une direction plus animale encore. Si il prononçait quelques phrases dans LE CAUCHEMAR DE DRACULA, son rôle est ici complètement muet. Lee grimace beaucoup pour compenser cette absence de dialogue, réduisant le vampire à un épouvantail menaçant. Apparemment les dialogues étaient si médiocres que Lee refusa de prononcer des pareilles idioties, un comble pour un acteur parfait polyglotte. Sa stature imposante compense heureusement ce choix et le comédien livre au final une composition crédible. Barbara Shelley, enfin, incarne la victime dans toute sa splendeur, vampirisée puis empalée par le moine lors d'un passage sensuellement symbolique.

En définitive, ce troisième Dracula s'impose comme une honnête réussite, agréable à suivre pour les nostalgiques, mais légèrement inférieur aux deux précédents, et même au suivant signé Freddie Francis. Quoiqu'il en soit DRACULA PRINCE DES TENEBRES reste un fort agréable exemple du cinéma d'épouvante anglais de l'époque et, malgré quelques réserves, une bonne production de la Hammer qui saura contenter les amateurs.

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007