DRAGON THE MASTER
Titre: Zhan long
Réalisateur: Ray Wu Wai Shing
Interprètes: Dragon Shek

 

Roy Cheung
Billy Chow
Karen Cheung
Lily Chung
Edmond So
To Kong
Année: Dragon The Master
Genre: Bruceploitation / Kung fu
Pays: Hong Kong / Chine
Editeur  
Critique:

Cette petite production hongkongaise marque le retour, après une quinzaine d’années d’absence, de la bruceploitation. Joseph Lai, fameux producteur de « ninjas » bien Z dans les eighties et de sous KICKBOXER la décennie suivante tente ici le coup du faux Bruce Lee ("The Legend of Bruce Lee lives on!" prétend la jaquette) avec cette resucée des classiques du Petit Dragon. Drôle d’idée puisque la bruceploitation semblait avoir totalement disparu des écrans depuis l'amusant KARATE TIGER de Corey Yuen en 1986.

Le scénario, essentiellement inspiré (façon de parler!) par LE JEU DE LA MORT, du moins dans son dernier tiers ne tient pas vraiment la route et s'avère, d'ailleurs, peu palpitant. Il tourne autour du vol d'un nouveau jeu vidéo (« The Way of the Intercepting Fist », bonjour la référence facile !) par des méchants puis joue la carte de l'espionnage industriel et du techno-thriller bas de gamme afin de caser un maximum de combats. Ceux-ci sont, évidemment, l'intérêt premier - pour ne pas dire unique - de ce long-métrage à petit budget.

Heureusement, les duels martiaux sont nombreux et plutôt réussis même si la mise en scène se révèle, elle, franchement médiocre avec ses accélérés risibles, ses effets ridicules et son manque de moyen préjudiciable. Après un combat au sabre câblé, typique des Wu Xia en provenance de Hong Kong, entre deux demoiselles de jeux vidéo, les bastons se succèdent sur un rythme plaisant. Quoique peu ressemblant, le débutant Dragon Sek incarne le clone de Bruce Lee avec un minimum de présence et délivre beaucoup de cris et autres postures typiques de son glorieux inspirateur. Il démontre en outre de belles capacités martiales, spécialement durant la seconde partie du long-métrage.

Les trois premiers quarts d'heure sont, eux, plutôt ennuyeux et n'hésitent pas à verser dans les bons sentiments et les scènes lacrymales. Le héros, par exemple, paye la facture d'hôpital du méchant qu'il a précédemment tabassé. Si l’impitoyable Bruce Lee n’a jamais fait ce genre de compromis dans ses films, les temps changent et les héros d’aujourd’hui doivent se montrer compatissants et humains. La seconde moitié du film, heureusement, se montre plus nerveuse, grâce à l’arrivée inopinée d'un imitateur de Jackie Chan, lequel use de la boxe de l’homme ivre à la manière du véritable DRUNKEN MASTER. Amusant.

La dernière demi-heure de DRAGON THE MASTER copie, pour sa part, LE JEU DE LE MORT et présente Dragon Sek, vêtu du « traditionnel » training jaune accomplissant l’ascension d’une pagode pour affronter un adversaire tapi à chacun de ses niveaux. Le plus coriace d’entre eux n’est autre que le vétéran Billy Chow (KICKBOXER’s TEARS, IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE IV, DRAGONS FOREVER) et Dragon Sek devra le combattre dans une sorte de ring en fer barbelé.

Dans la saga des imitations du JEU DE LA MORT, cette copie tardive n’est certainement pas la pire du lot (un titre de « gloire » qui revient, sans hésiter, au catastrophique THE TRUE GAME OF DEATH) mais surement pas la meilleure non plus. Dans l’ensemble, ce modeste kung-fu remplit cependant son contrat de divertissement et se montre sympathique, sans plus ni moins.

En résumé, si ce film sera sans doute oublié dès la fin de son générique, il n’est pourtant pas désagréable et, dans la masse des piteuses bruceploitations sorties depuis le milieu des années ‘70, ce n’est déjà pas si mal. A voir avec une bière et des popcorns un soir de grande fatigue intellectuelle.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2014