MASSACRE AU DRIVE-IN
Titre: Drive In Massacre
Réalisateur: Stu Segall
Interprètes: John F. Goff

 

Bruce Kimball
Douglas Gudbye
Verkina Flower
Newton Naushaus
Catherine Barkley
Norman Sherlock
Année: 1977
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1977, DRIVE IN MASSACRE préfigure la vague de slashers qui s’apprêtait à déferler sur les écrans quelques années plus tard suite au succès de HALLOWEEN et VENDREDI 13. Malheureusement, un métrage « précurseur » ne signifie pas pour autant un film intéressant et DRIVE IN MASSACRE le prouve amplement en démontrant, durant 75 minutes, son incroyable médiocrité.

L’intrigue, d’une effarante nullité, concerne un drive-in californien dans lequel, chaque soir, un maniaque vient assassiner quelques innocents spectateurs plus occupés à se peloter qu’à regarder les chefs d’œuvres projetés sur les écrans. Deux flics incapables mènent mollement l’enquête pour tenter de coincer le meurtrier alors que les cadavres s’amoncellent. L’invraisemblance crasse du sujet se manifeste immédiatement tant il semble aberrant que les spectateurs puissent retourner, chaque soir, au drive-in sans s’inquiéter des nombreux meurtres qui y sont commis. Même en admettant qu’ils agissent ainsi par bravache comme expliquer l’incapacité des policiers à coincer un coupable revenant, inlassablement, dans le même lieu clos ? Bref, autant admettre tout de suite le manque de crédibilité générale de ce DRIVE IN MASSACRE pour se concentrer sur le pur divertissement. Hélas, même à ce niveau, le film échoue sur tous les tableaux et se montre inintéressant au possible.

Difficile de lister tous les manquements d’un titre aussi médiocre mais, tout d’abord, le réalisateur Stu Segall emballe le métrage avec une paresse épuisante, indigne d’un épisode mollasson de feuilleton policier de début d’après midi. Notons que Segall connaîtra, par la suite, une petite notoriété auprès des amateurs de cinéma X puisqu’il signa quelques « classiques » sous le pseudonyme de Godfrey Daniels, entre autre avec la célèbre Marylin Chambers (INSATIABLE 1 & 2, UP ‘N’ COMING).

Au scénario de DRIVE IN MASSACRE, l’amateur repérera les noms de John Goff (qui joue également le personnage principal) et George « Buck » Flowers, ce dernier étant un visage familier du cinéma bis, ayant joué dans 146 films, passant de THE SEX PROPHET et ILSA LOUVE DES SS à RETOUR VERS LE FUTUR et la plupart des films de John Carpenter, jusque son décès en 2004.

Consternant d’amateurisme, DRIVE IN MASSACRE est, hélas, souvent trop sombre pour que l’on puisse discerner ce qui se déroule à l’écran, même si, objectivement, les événements décrits sont rarement intéressants. L’interprétation calamiteuse n’arrange pas les choses et le rythme anémique, en dépit d’une durée réduite à 74 minutes, rend le film bien pénible.

Seuls quelques effets gore acceptables rendent DRIVE IN MASSACRE supportables même si les maquillages sentent l’amateurisme et ne possèdent pas le côté outré et grand-guignolesque des productions similaires signées Hershell Gordon Lewis.

L’enquête, menée par deux flics flegmatiques et incompétents (qui jouent à pile ou face pour déterminer qui sera le « bon » et le « méchant ») occupe en outre l’essentiel du temps de projection et s’avère fastidieuse et sans intérêt. Les interminables dialogues tentent de résumer la confuse investigation menée par nos policiers et présentent quelques suspects pour conférer un semblant de suspense policier à l’entreprise mais l’ennui s’est déjà installé, au point que le spectateur se désintéresse totalement de connaître l’identité du coupable.

L’enregistrement sonore, infâme, rend, de toutes manières, les répliques quasiment inaudibles et encourage les plus motivés à laisser tomber pour visionner un métrage moins pénible et plus divertissant. L’atmosphère aujourd’hui nostalgique des drive-in, vantée par une génération biberonnées aux petites productions d’exploitation « grindhouse », est, en outre, bien pauvrement retranscrite et ne capture jamais cet esprit festif et insouciant mis à mal par une série de meurtres sanglants.

La musique, pour sa part, mérite d’être soulignée tant elle se révèle d’une confondante médiocrité. Bâtie sur une répétitive rythmique produisant un « tchik tchik » continu, ponctuée de basses sur laquelle viennent se poser d’atroces mélodies jouées sur un clavier antédiluvien, la bande sonore donne la migraine aux plus résistants.

Jusque dans son gimmick final, ne fonctionnant que dans les drive-in (« le tueur des drive-in n’a jamais été retrouvé…nous venons d’apprendre qu’il serait dans cette salle ») DRIVE IN MASSACRE ressemble à un sketch d’une anthologie horrifique à la HISTOIRES D’OUTRE TOMBE…étiré péniblement pour atteindre la durée d’un long métrage. Complètement raté.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011