THE EARTH DIES SCREAMING
Titre: The Earth dies screaming
Réalisateur: Terence Fisher
Interprètes: Willard Parker

 

Virginia Field
Dennis Price
Thorley Walters
Vanda Godsell
David Spenser
 
Année: 1964
Genre: Science Fiction / Horreur
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Sous ce titre prometteur se cache un thriller de science-fiction, teinté d’horreur, réalisé par le grand cinéaste anglais Terence Fisher, célèbre pour ses excellents LE CAUCHEMAR DE DRACULA, FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE et autres productions Hammer. Si THE EARTH DIES SCREAMING se révèle moins réussi que les œuvres précitées, il n’est pas inintéressant pour autant, ne serait-ce que par sa durée des plus restreintes (62 minutes) lui conférant un rythme prenant.

En 1964, Fisher se remet de l’échec de sa version du FANTOME DE L’OPERA, réalisée pour le compte de la Hammer, et se tourne vers la science-fiction, genre qu’il a déjà abordé une dizaine d’années auparavant avec quelques séries B oubliées. Au milieu des années ’60, Fisher va livrer coup sur coup ce THE EARTH DIES SCREAMING, suivi par THE HORROR OF IT ALL, L’ÎLE DE LA TERREUR et LA NUIT DE LA GRANDE CHALEUR. Des métrages divertissants mais largement en deçà de ses plus belles réussites dans le domaine de l’épouvante gothique.

Utilisant adéquatement un budget sans doute fort serré, THE EARTH DIES SCREAMING reste cependant sympathique et reprend le thème classique de l’invasion extra-terrestre combattu par un petit groupe de résistants. Malgré les promesses du titre nous ne verront toutefois de la Terre qu’un petit village ravagé par une mystérieuse attaque au gaz. Quelques rescapés se rassemblent alors pour tenter de comprendre la situation et de survivre, menés par un pilote décidé à lancer la contre-attaque. Bientôt, il apparaît que la menace vient de l’espace et de méchants extraterrestres débarquent pour exterminer les terriens…

Débutant par une poignée de minutes de haute volée montrant une série de personnes succombant à la « mort venue de l’espace », THE EARTH DIES SCREAMING se concentre ensuite sur quelques individus discutant de la fin du monde dans une maison. Une bonne manière d’économiser le budget et de dévier de la science-fiction, nécessitant par définition des moyens conséquents inaccessibles au cinéaste, vers le thriller et l’épouvante, genres nettement plus économiques.

Se focalisant, par choix personnels du cinéaste peut-être et contraintes financières des producteurs surement, sur les personnages, Fisher développe durant la première moitié du métrage un quasi huis clos construit sur les relations entre les protagonistes. La montée du suspense et les angoisses faces à une situation au départ inexplicable sont bien gérés par Fisher et possèdent une vraie dynamique en dépit du manque de moyens mis à la disposition du cinéaste.

Malheureusement, la seconde moitié de THE EARTH DIES SCREAMING se révèle moins efficace même si plus mouvementée. En effet, une fois l’origine extraterrestre de la menace confirmée et visualisée, le métrage s’inscrit dans un schéma très convenu et guère crédible voyant un homme courageux endiguer à lui seul une invasion planétaire. Toutefois, ce matériel peu passionnant (on ne doute pas un instant de la réussite du plan concocté par le valeureux héros) se voit compenser par quelques scènes effectives jouant sur l’angoisse et la terreur.

Les moments intimistes, plus rares vus le caractère précipité du métrage fonçant sans répit vers sa conclusion, n’en restent pas moins bien menés avec une économie de moyens forçant l’admiration. Très débrouillard, Fisher tire le meilleur parti de cette intrigue et élève ce modeste sujet au rang d’une honnête série B, dépassant en tout cas la piètre moyenne des films de science-fiction de la même époque traitant d’invasion extra terrestre.

Le casting, assuré par des vétérans comme Willard Parker (QUAND LES TAMBOURS S’ARRETERONT), Virginia Field et Dennis Price (ce dernier deviendra ensuite un des acteurs fétiche de Jess Franco), évite pour sa part l’emploi trop fréquent – déjà à l’époque – de teenagers inexpérimentés et confère à l’intrigue une crédibilité salutaire. Les robots extraterrestres, eux, sont nettement moins convaincants et peinent à se montrer réellement menaçants, ressemblant beaucoup trop à ce qu’ils sont réellement, à savoir des figurants engoncés dans des costumes hâtivement confectionnés.

Dans son approche réaliste, THE EARTH DIES SCREAMING anticipe de manière criante (mais avec moins d’efficacité) sur LA NUIT DES MORTS VIVANTS tournés quatre ans plus tard par George A. Romero. Même les victimes des monstres de l’espace, une fois « contaminées », se comportent à la manière de zombies, avançant vers leurs proies le regard vide. L’influence du métrage de Fisher sur des productions télévisées ultérieures comme Dr Who semble également évidente mais ne fait que renforcer l’impression initiale : THE EARTH DIES SCREAMING constitue un brouillon, pas très abouti mais distrayant, des grandes réussites de la science fiction horrifique à venir.

En résumé, THE EARTH DIES SCREAMING se révèle une petite série B nerveuse et rythmée se situant un peu au-dessus de la moyenne du genre mais dont la vision, aujourd’hui, sera surtout motivée par la curiosité. A réserver en priorité aux inconditionnels de Terence Fisher ou de la science-fiction rétro même si, en raison de sa durée réduite, le métrage n’a guère le temps d’ennuyer le spectateur et se révèle plutôt plaisant.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2010