LA SECTE DES CANNIBALES
Titre: Mangiati vivi! / Eaten Alive (By The Cannibals)
Réalisateur: Umberto Lenzi
Interprètes: Janet Agren

 

Robert Kerman
Ivan Rassimov
Paola Senatore
Me Me Lai
Mel Ferrer
 
Année: 1980
Genre: Horreur / Aventures / Gore / Cannibales
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing
Critique:

Un assassin meurt à New York, écrasé par un camion, après avoir tué trois personnes à l'aide d'une sarbacane et de fléchettes empoisonnées. Des films trouvés laissent soupçonner que la jeune Diana est à présent retenue captive par la "Secte de la Purification" dirigée par Jonas Melvyn. Sheila, la sœur de la disparue, part avec l'aventurier Mark Butler dans la jungle de Nouvelle-Guinée afin d'essayer de la retrouver. Mais, outre la secte de Jonas, ils devront également affronter les redoutables cannibales.

De la "trilogie cannibale" d'Umberto Lenzi, on retient souvent davantage CANNIBALIS (pour sa valeur historique) et CANNIBAL FEROX (pour le jusqu'au boutisme de ses scènes gore) mais LA SECTE DES CANNIBALES n'a pourtant guère à rougir de la comparaison. L'intrigue est efficace, l'interprétation solide et l'ensemble permet de passer un bon moment, dénué d'ennui.

Inspiré d'un fait divers authentique survenu en novembre 1978, le massacre de Guyana, au cours duquel le révérend Jim Jones poussa au suicide 900 adeptes de sa secte, LA SECTE DES CANNIBALES est le second métrage consacré aux anthropophages par Umberto Lenzi, huit ans après le matriciel CANNIBALIS et juste avant son film le plus célèbre, CANNIBAL FEROX. Le résultat est une petite oeuvrette fort sympathique, qui combine dans des proportions diverses (mais avec un certain sens de l'équilibre) l'aventure exotique et l'horreur, sans négliger un érotisme bienvenu. Bref, LA SECTE DES CANNIBALES s'inscrit totalement dans le registre du cinéma populaire, sans autre ambition que de distraire le spectateur. Les figurantes membres de la secte se promènent ainsi à moitié nues, sans que cela soit forcément justifié mais personne n'ira s'en plaindre. Toujours au niveau de l'érotisme, Lenzi ne se prive pas de filmer un viol collectif subi par une indigène et découvre la belle Janet Agren, nue et couverte de peinture d'or comme si elle auditionnait pour GOLDFINGER, pénétrée par un gode couvert de venin de serpent!

Quand aux scènes gore, Lenzi ne lésine pas non plus: outre les traditionnelles séquences de cruauté animale gratuite, les cannibales dévorent l'un ou l'autre protagoniste à belles dents. L'amateur coutumier de ce genre de film remarquera d'ailleurs que les trois quarts des séquences sanglantes proviennent de productions antérieures mais cet usage du stock shot, pour facile qu'il soit, n'est heureusement pas trop voyant et ne gâche guère le plaisir ressenti à la vision de cette SECTE DES CANNIBALES. D'autant que certains passages sont, eux, originaux, et plutôt corsés, en particuliers cet horrible final qui voit deux jeunes femmes subirent le supplice promis par le titre original: elles sont ainsi littéralement dévorées vivantes, morceaux par morceaux et membres par membres, par les mangeurs d'hommes! Une castration (un classique du genre!), des organes arrachés, des corps démembrés et quelques joyeuseté du même acabit assurent le niveau sanglant du métrage, même si les maquillages laissent parfois un peu à désirer.

Pour le casting, Umberto Lenzi s'entoure de figures marquantes du bis comme Robert Kerman, ex-acteur porno reconverti dans le film de cannibale (il apparaît également dans CANNIBAL HOLOCAUST et CANNIBAL FEROX) et surtout Ivan Rassimov et Me Me Lai, tous deux également présents dans CANNIBALIS et LE DERNIER MONDE CANNIBALE. La belle Janet Agreen et Mel Ferrer complète la distribution. C'est surtout Rassimov qui tire son épingle du jeu en jouant avec beaucoup de conviction le leader charismatique et complètement cinglé de la secte.

Quoiqu'il ait ensuite renié complètement sa "trilogie cannibale", Umberto Lenzi parvient à donner un certain punch à ce récit en multipliant les rebondissements, tentatives d'évasion et autres attaques d'animaux féroces ou d'anthropophages. Evidemment, il ne faut pas attendre une action trépidante sur le modèle des blockbusters américains de l'an 2000 mais, pour un petit produit d'exploitation italien de 1980, LA SECTE DES CANNIBALES se montre plutôt généreux à tout point de vue. Les paysages somptueux et la musique envoûtante ne sont alors que des atouts supplémentaires qui finissent de transformer LA SECTE DES CANNIBALES en véritable petite réussite du genre.

En résumé, du bon cinoche, outrancier, vulgaire, parfois bête, souvent raciste mais foncièrement honnête et constamment distrayant pour tous les amateurs de "sick-cinema". A voir, donc!

Fred Pizzoferrato - Mars 2007