ECHANGES DE PARTENAIRES
Titre: Echanges de partenaires
Réalisateur: Frédéric Lansac (aka Claude Mulot)
Interprètes: Dawn Cummings

 

Karine Gambier
Olivia Flores
Barbara Collins
Thierry de Brem
Guy Royer
Brendan Reed
Année: 1976
Genre: Erotique / Porno
Pays: France
Editeur Bach Films (version soft)
Critique:

Daté de 1976, ECHANGES DE PARTENAIRES s’inscrit en plein “âge d’or » du porno français et bénéficie du savoir-faire soigné de Claude Mulot à la mise en scène. Responsable (à la fois comme scénariste, réalisateur et producteurs) d’une poignée de classiques du hard franchouillard, Mulot livre ici une sorte de « comédie de mœurs » où les badinages et autres marivaudages laissent la place à des passages explicites.

L’intrigue (car il y en a bien une !) concerne un couple, Martine et Bob, fraichement marié en vacances chez leurs amis, Eric et Joelle, lesquels vivent une crise matrimoniale et sont au bord du divorce. La situation se complique à l’arrivée d’une nymphette nymphomane, Ange, qui trouble tout ce petit monde sous le soleil (si !) de Deauville. Se succède alors de nombreux passages érotiques qui restent agréables à l’œil en dépit des coupes imposées par cette version soft.

Le physique des comédiennes, parmi les plus célèbres stars du X des seventies, constitue évidemment la principale plus-value du long-métrage : Dawn Cummings (SENSATIONS et MES NUITS AVEC ALICE, PENELOPE, ARNOLD, MAUD & RICHARD) et Karine Gambier (LA RABATEUSE) exhibent longuement leur anatomie aux côtés de la jouvencelle Olivia Florès (BON CHIC BON GENRE… MAIS SALOPES !). Les trois jeunes femmes multiplient les scènes chaudes, lesquelles restent classiques mais démontrent une certaine variété salutaire : dans une baignoire, sur une moto, avec trois bikers en cuir, avec deux marins caricaturaux, etc. Au final, le titre ayant vendu la mèche, nous aurons droit au prévisible échange de partenaires annoncé et tout finira bien. Ouf !

Loin du porno graveleux, du hard crad ou du gonzo, ECHANGES DE PARTENAIRES demeure un petit film joyeux, plaisant, enjoué et empreint d’un ton libertin sympathique. Aujourd’hui, à l’heure des catégorisations à outrance, il serait sans doute qualifié de « porno chic » voir de « rom porn » tant le côté romantique prédomine. L’aspect ludique est également très présent et la plupart des scènes chaudes sont traitées comme de petits jeux « entre adultes consentants » destinés à épicer la vie sexuelle des protagonistes. La bonne humeur est donc de mise, y compris durant les inévitables scènes de viol qui sont traitées sur un ton léger et décontracté.

Joliment photographié par le très professionnel Roger Fellous (un des grands directeurs photos du cinéma français reconverti sur le tard dans le hard classieux), ECHANGES DE PARTENAIRES bénéficie d’un scénario correct, de comédiennes chevronnées, de jolis décors et d’une mise en scène sans reproche. Bref, nous sommes clairement au-dessus de la moyenne des pornos de l’époque et le film se situe même dans le haut de gamme de la production.

Une nouvelle confirmation que les réalisations de Claude Mulot sont à redécouvrir, le cinéaste étant, avec Francis Leroi, Gerard Kikoïne et quelques autres un « véritable label de qualité » pour les amateurs d’érotisme.

Belle copie de la part de Bach Film qui propose le film dans sa version française ou anglaise, en version soft (d’une durée de 65 minutes) assorti d’une sympathique présentation d’une dizaine de minutes assurée par Christophe Lemaire. De la belle ouvrage !

Fred Pizzoferrato - septembre 2015