EL ASESINO ESTA ENTRE LOS TRECE
Titre: El Asesino esta entre los trece
Réalisateur: Javier Aguire
Interprètes: Patty Shepard

 

Simon Andreu
José Maria Prada
Jack Taylor
Paul Naschy
 
 
Année: 1973
Genre: Giallo
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Pillé par d’innombrables thrillers, giallo et slashers, « Les dix petits nègres » sert, une fois de plus, d’inspirateur principal à ce modeste « murder mystery » espagnol tourné par le vétéran Javier Aguire.

Lisa Mandel rassemble, le temps d’un week-end, une douzaine de personnes dans sa propriété. Durant le diner, elle porte un toast à son défunt époux, Carlos, apparemment mort dans un accident deux ans auparavant. Selon Lisa, ce décès cache, en réalité, un meurtre camouflé, Carlos ayant retiré de la banque une forte somme d’argent avant de trépasser. Au cours de la soirée, les travers des invités, qui dissimulent tous de lourds secrets, ne tardent pas à être dévoilés tandis que Lisa affirme que l’assassin de son mari se trouve parmi eux. Bientôt, ils succombent un par un sous les coups d’un mystérieux assassin.

Si EL ASESINO ESTA ENTRE LOS TRECE démarre de belle manière en convoquant une douzaine de suspects à un diner mortel, le récit montre rapidement ses limites en multipliant au-delà du raisonnable les coupables potentiels. Dès l’entame, en effet, Aguire patine et ne parvient guère à intéresser le spectateur, lequel perd rapidement de vue les diverses révélations concernant les invités. Chacun, bien sûr, dissimule quelque chose : adultère, problème d’argent, escroquerie, relations troubles,…autant de mobiles possibles pour avoir assassiné Carlos. Malheureusement, le cinéaste livre ces informations en rafales et de manière trop mécanique, énumérant les suspects de manière méthodique mais, également, ennuyeuse. Difficile, dans ses conditions, de rendre le film palpitant, le cinéaste étant en outre peu aidé pas des comédiens peu concernés. Ces-deniers, flegmatiques, acceptent avec un calme étonnant de rester coincés dans une demeure isolée aux côtés d’un meurtrier.

Durant une heure, l’intrigue se limite ainsi aux pénibles palabres des différents protagonistes transformant l’entreprise en l’équivalent cinématographique d’un soap. Alors que l’ennui s’est durablement installé, le cinéaste parait cependant se réveiller et verse plus frontalement dans l’exploitation au cours d’un derniers tiers plus rythmé.

Javier Aguire, sous l’influence du giallo alors triomphant, multiplie frénétiquement les meurtres, pas très convaincants au niveau des trucages (celui à la clé à molette fera involontairement sourire !) mais teintés d’une cruauté sadique de bon alois. Pour sa troisième et dernière collaboration avec Paul Naschy (après LE BOSSU DE LA MORGUE et LE GRAND AMOUR DU COMTE DRACULA), le cinéaste doit malheureusement se contenter d’un temps de présence restreint de la star ibérique. Naschy, en effet, a vu son temps de présence réduit et n’apparaît que dans un second rôle anecdotique.

Le reste de la distribution inclut l’Américaine Patty Shepard aperçue dans LA FURIE DES VAMPIRES et FOLIE MEURTRIERE, aux côtés de l’habitué Simon Andreu et de Jack Taylor, familier du cinéma de Jésus Franco vu notamment dans NECRONOMICON et LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT.

Dans l’ensemble, EL ASESINO ESTA ENTRE LOS TRECE n’est pas une grande réussite et ne marquera surement pas les mémoires. Mollasson, ce thriller au rythme lénifiant hésite entre le « murder mystery » à l’anglaise et le giallo à l’italienne. Il rappelle d’ailleurs l’adaptation officielle d’Agatha Christie, 10 PETITS NEGRES, réalisée à la même époque par Peter Collinson et guère plus convaincante en dépit de son casting classieux.

Excepté pour les inconditionnels du giallo ou les « complétistes » de Paul Naschy sa vision n’est donc pas prioritaire.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013