EL RETORNO DEL HOMBRE LOBO
Titre: El Retorno del Hombre Lobo
Réalisateur: Paul Naschy
Interprètes: Paul Naschy

 

Julia Saly
Silvia Aguilar
Azucena Hernández
Beatriz Elorrieta
Rafael Hernández
Pepe Ruiz
Année: 1981
Genre: Horreur
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Au début des années ’80, l’épouvante gothique disparait des écrans, remplacée par les zombies et autres slashers. Paul Naschy, pourtant, y reste fidèle et ressuscite une nouvelle fois son personnage fétiche de Waldemar Daninsky, alias El Hombre Lobo. Apparu pour la première fois douze ans plus tôt dans LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA, notre lycanthrope malheureux et romantique était, par la suite, revenu pratiquement chaque année sur les écrans jusqu’à DANS LES GRIFFES DU LOUP GAROU en 1975.

Cette nouvelle variation sur un même thème - qui constitue, en réalité, un « remake » de LA FURIE DES VAMPIRES - fut malheureusement un cuisant échec et se solda par la quasi faillite de Naschy. Compréhensible tant, à l’époque de sa sortie, EL RETORNO DEL HOMBRE LOBO pouvait paraitre anachronique : les loups garous et autres vampires n’attiraient plus les foules quoique Joe Dante et John Landis s’apprêtaient à dépoussiérer le mythe (et les mites) via HURLEMENTS et LE LOUP GAROU DE LONDRES.

Revu aujourd’hui, le long-métrage a gagné en charme nostalgique et fonctionne plaisamment dans les limites de ses ambitions, à savoir une production de série qui se contente, trop souvent, de rabâcher des situations déjà vues et revues dans les titres antérieurs de la saga.

Trois étudiantes en anthropologie aux formes appétissantes (Karen, Barbara et Erika) partent pour les Carpathes, au fin fond de la Hongrie, pour réaliser un projet scolaire farfelu : découvrir la tombe de la célèbre « comtesse sanglante » Elizabeth Bathory. En réalité, Erika se livre au satanisme et espère ramener à la vie Bathory, adepte des arts noirs exécutée trois siècles auparavant pour ses débauches sadiques en compagnie de Waldemar Daninsky. Dans les Carpathes, les étudiantes sont agressées par des bandits mais sauvées par un mystérieux personnage armé d’une arbalète nommé Janos Burko. Ce dernier invite les demoiselles à rester dans son château. Il y vit, oublié du temps, aux côtés d’une servante défigurée, Mircalla. Karen tombe amoureuse de l’aristocrate tandis qu’Erika parvient à localiser la tombe de la Comtesse Sanglante et la ressuscite. En réalité, Burko n’est autre que Daninsky en personne, revenu à la vie après que des pilleurs de tombe aient ôté la croix d’argent plantée dans son cœur. Le loup-garou et la vampire s’apprêtent à combattre…

Estimant sans doute que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, Paul Naschy passe derrière la caméra pour filmer les nouvelles aventures de son loup-garou favori. Les recettes, elles, ne changent guère : flashback moyenâgeux, attaque de bandits, tentative de viol, castel mystérieux, pilleurs de tombe, vampires, sorcières sexy, sacrifices humains, lycanthropes,…Les clichés de l’horreur gothique, hérités de la Hammer et de la Universal, se mêlent à des éléments d’exploitation plus contemporains (nudité, gore) quoique ceux-ci restent timorés.

Malgré ses bonnes dispositions, d’un casting composé de jeunes comédiennes sexy et de la présence toujours très physique et charismatique de Paul Naschy, EL RETORNO DEL HOMBRE LOBO souffre cependant d’un rythme souvent défaillant. Préoccupé par l’atmosphère, le cinéaste se regarde filmer ou ralenti exagérément l’action afin de développer des personnages secondaires finalement peu important.

Après une introduction effective, le film perd rapidement des points au cours d’un long ventre mou mais, heureusement, le final mouvementé termine l’entreprise sur une note plus positive. Musicalement, la bande sonore parait régulièrement inappropriée de par l’utilisation de mélodies puisées dans d’autres productions, comme le célèbre thème de LA LAME INFERNALE de Stelvio Cipriani ou des titres d’inspiration western proche de Morricone.

En dépit de son charme suranné, EL RETORNO DEL HOMBRE LOBO peine donc à s’élever au-dessus d’une honnête moyenne. Les habitués de Paul Naschy n’y trouveront rien de fondamentalement novateur et devront se contenter d’un empilement sympathique mais peu original de conventions établies au cours des précédents volets. Si le film se regarde aujourd’hui sans déplaisir pour les nostalgiques, difficile de se sentir réellement passionné par cette intrigue trop convenue.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013