(BLACK) EMANUELLE EN ORIENT
Titre: Emanuelle nera: Orient reportage / Black Emanuelle 2
Réalisateur: Joe d'Amato
Interprètes: Laura Gemser

 

Gabriele Tinti
Ely Galleani
Ivan Rassimov
Giacomo Rossi-Stuart
Venantino Venantini
Koike Mahoco
Année: 1976
Genre: Erotique / Aventures / Romance
Pays:  
Editeur  
Critique:

Découverte dans un rôle très secondaire dans EMMANUELLE 2 : L’ANTI VIERGE, séquelle officielle du premier EMMANUELLE, la belle métisse Laura Gemser se vit, ensuite, offrir le rôle principale d’un succédané intitulé BLACK EMANUELLE EN AFRIQUE, réalisé en 1975 par Bitto Albertini. Flairant le bon filon, Joe d’Amato, metteur en scène spécialisé dans l’érotisme, l’horreur et l’exploitation, récupère les droits de la charmante journaliste pour une suite rapidement emballée, BLACK EMANUELLE EN ORIENT, connu aussi sous les titres EMANUELLE A BANGKOK, LA POSSEDEE DU VICE, EMANUELLE EN ORIENT ou BLACK EMANUELLE 2.

Le succès du long-métrage amena d’ailleurs d’Amato à réitérer en proposant, en trois ans, EMANUELLE EN AMERIQUE, EMANUELLE ET LES FILLES DE MADAME CLAUDE, EMANUELLE AUTOUR DU MONDE et EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES avant que Bruno Mattei ne récupère le personnage au début des années ’80 pour PENITENCIER DE FEMMES et REVOLTE AU PENITENCIER DE FILLES. La saga dura ainsi près d’une dizaine d’années et compte également des dérivés comme SŒUR EMANUELLE, DIVINE EMANUELLE ou LES 7 SALOPARDS, sans compter les long-métrages abusivement retitrés pour des raisons bassement commerciales.

Difficile, par conséquent, de s’y retrouver d’autant que si Gemser incarne, à chaque épisode, la même journaliste bisexuelle en quête d’un scoop, le ton des films varie grandement, allant de plaisante aventures exotiques à des productions proches du gore ou plongeant dans les délices du « Women In Prison ». L’érotisme, lui aussi, oscille entre le soft inoffensif et la pornographie hardcore qui comprend, parfois, du sadisme brutal ou même de la zoophilie.

Deuxième volet de la saga, EMANUELLE EN ORIENT se révèle, pour sa part, particulièrement gentillet et « grand public », ce qui le rapproche largement de la série officielle adaptée des romans d’Emmanuelle Arsan.

Misant d’avantage sur l’exotisme que sur l’érotisme, Joe d’Amato suit les pérégrinations d’Emanuelle, laquelle parcourt le monde pour rapporter à son journal des reportages sensationnels. Le début du long-métrage la voit arriver en Thaïlande avec son ami, l’archéologue Roberto (joué par Gabriele Tinti, heureux mari de Gemser dans la vraie vie), afin de photographier le Roi en personne. Emanuelle rencontre alors le prince Sanit, lequel souhaite renverser le monarque. Peu après, entraînée malgré elle dans une conspiration politique, la journaliste reçoit des menaces de mort. Lorsque son hôtel est dévalisé et son passeport volé, Emanuelle n’a d’autre choix, pour fuir le pays, que de coucher avec un douanier…A Casablanca, la demoiselle poursuit ses escapades en compagnie de son amie Debra tandis que Roberto tombe amoureux de Janet, laquelle se converti aux joies du lesbianisme en compagnie d’Emanuelle puis tombe dans les bras de Debra…

Sympathique production au scénario prétexte, EMANUELLE EN ORIENT se repose essentiellement sur la beauté des actrices et des paysages exotiques pour divertir le public. Exploitation oblige, Joe d’Amato glisse, en outre, un peu de snuff animalier (un duel entre un cobra et une mangouste, un combat de coq) et de violence dans son intrigue minimaliste, sans oublier un match de boxe thaïlandaise pour accroitre la « couleur locale ». Au niveau de l’érotisme, le cinéaste se montre étonnamment timide et les scènes chaudes, plutôt mal filmées, sont souvent très courtes, donnant à peine le temps d’admirer les corps féminins dénudés. La seule scène vraiment « osée » se déroule dans une boite de strip-tease et voit une demoiselle trouver un nouvel usage, ma foi fort intéressant, à quelques balles de ping pong. Le reste donne dans le soft à la manière d’un téléfilm de seconde partie de soirée, bref pas de quoi fouetter une chatte.

Aidé par une photographie souvent splendide et baignée de couleurs caressantes, EMANUELLE EN ORIENT constitue, au final, un joli rayon de soleil qui se suit sans grande passion mais également sans ennui. La musique de Nico Fidenco, pour sa part, s’avère toujours aussi agréable et le compositeur nous offre de nouvelles pépites lounge aux refrains irrésistibles, comme l’excellent « Sweet Living Thing » qui ponctue régulièrement le long-métrage.

Le principal problème d’EMANUELLE EN ORIENT réside, finalement, dans son scénario sans grand intérêt, bâti autour d’une histoire d’amour homosexuelle franchement quelconque. Le film ne s’élève donc jamais au-dessus d’un simple softcore et ne possède pas les images choquantes d’EMANUELLE EN AMERIQUE ou les passages horrifiques et gore d’EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES.

En résumé, EMANUELLE EN ORIENT demeure, probablement, l’épisode le plus faible de la saga mais les amateurs de nymphettes dénudées, de paysages enchanteurs et de musiques relaxantes y trouveront cependant suffisamment de qualité pour se risquer à une vision distraite.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2012