GOODBYE EMMANUELLE (EMMANUELLE 3)
Titre: Goodbye Emmanuelle
Réalisateur: François Letterier
Interprètes: Sylvia Kristel

 

Umberto Orsini
Jean-Pierre Bouvier
Alexandra Stewart
Olga Georges-Picot
Charlotte Alexandra
Caroline Laurence
Année: 1977
Genre: Romance / Drame / Erotique
Pays: France
Editeur Studio Canal
Critique:

Après un premier film quelconque mais plaisant et une première séquelle nettement plus intéressante et érotique, GOODBYE EMMANUELLE se devait de clore la série sur une note positive. Hélas, ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire puisque ce troisième épisode reste le moins intéressant et le moins sexy de tous, un véritable naufrage dont il est difficile d’extraire le moindre élément réussi.

François Letterier, futur réalisateur de quelques plaisantes comédies franchouillardes comme LES BABAS COOLS ou JE VAIS CRAQUER, se retrouve aux commandes de ces nouvelles aventures de la délurée Emmanuelle laquelle, cette fois, apparait lassée des incessants jeux érotiques pratiqués en compagnie de son mari, Jean. Aux Seychelles, le couple passe pourtant de plaisantes vacances, entièrement dévolues aux jeux de la séduction et de la sensualité. Mais Emmanuelle se fatigue de tout cela et souhaite que son époux soit plus possessif envers elle.

Sa rencontre avec un cinéaste en repérage sur l’île, Gregory, marque un véritable point de rupture pour le couple libéré. Amoureuse du jeune metteur en scène, Emmanuelle envisage de mener une existence plus traditionnelle, basée sur la fidélité et la confiance. De son côté, Jean se laisse aller à la jalousie et comprend peu à peu que l’attirance d’Emmanuelle pour Gregory n’est plus uniquement physique. Ce qu’il prenait pour un nouveau jeu sexuel se transforme en relation sérieuse et Jean ne peut accepter l’idée qu’Emmanuelle pourrait définitivement le quitter pour rejoindre Gregory.

Loin de la décontraction du second volet, GOODBYE EMMANUELLE se veut « sérieux » et refuse la facilité des saynètes sexy successives pour une intrigue plus cérébrale partagée entre une conception très soixante-huitarde et hédoniste du couple, jusque-là prisée par Emmanuelle, et la tentation d’une vie plus posée et traditionnaliste. Un questionnement relativement intéressant et plutôt bien vu dans le cadre d’un film érotique, la saga retrouvant l’aspect libertaire du premier épisode sans négliger, cette fois, les possibles conséquences destructrice du mode de vie prôné par l’héroïne.

Malheureusement, ce troisième volet désillusionné ne retrouve aucunement la fraicheur des deux précédents et sombre dans d’imbuvables séquences dialoguées qui ralentissent constamment « l’action ». L’érotisme, pour sa part, se voit promptement évacué du long-métrage, désespérément chaste, et bien trop bavard pour ne pas entrainer des bâillements continus.

Ce pesant mélo entrecoupé de timides et bien trop brefs passages sexy (lesquels n’excèdent généralement pas les trente secondes) traine en outre terriblement en longueur et seules les quinze dernières minutes s’avèrent un poil plus convaincantes et intéressantes. Ce final permet, en effet, de « boucler la boucle » et de clore (du moins provisoirement) la saga de manière crédible, apportant une véritable conclusion aux pérégrinations érotico-exotiques d’Emmanuelle. Mais cela ne suffit pas, hélas, à excuser la mollesse rédhibitoire de ce qui précède.

A l’exception d’une joli photographie en scope, de la beauté toujours très naturelle des actrices (en particuliers Sylvia Kristel, toutefois moins mise en valeur et surtout insuffisamment dénudée) et de la musique signée Serge Gainsbourg (dont le hit « Goodbye Emmanuelle » qui illustre le générique), difficile de ne pas considérer ce pensum pseudo libertin comme un ratage soporifique.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2015