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Certains films acquièrent au fil du temps un statut objectivement usurpés mais tenace. Par exemple, LES GUERRIERS DU BRONX 2, un produit opportuniste de la vague Post-Nuke à la MAD MAX / NEW YORK 1997 qui sorti jadis dans une certaine indifférence, froidement accueilli par la presse et le public. Même si peu de personnes allèrent le voir à l'époque, ce GUERRIERS DU BRONX 2 se trimballe aujourd'hui une étiquette de petit classique culte du bis rital des années 80. Tout d'abord, même si il est présenté comme une suite des GUERRIERS DU BRONX, un gros succès (tout est relatif) d'Enzo Castellarai, il entretient finalement peu de rapport avec son prédécesseur, si ce n'est un thème similaire et une même équipe technique. Mark Gregory reprend également du service. Monolithique, totalement inexpressif, il promène son faciès de gros casseur un peu benêt et son look de musicien heavy metal. En effet, avec son futal moulant, son marcel tâché de sueur et ses longs cheveux permanenté, Mark Gregory aurait pu jouer dans Manowar. Il a choisit le cinéma. Enfin la série B. Et dans LES GUERRIERS DU BRONX 2, la vie ne l'épargne pas: jugez-en, il voit sa maman brûlée par les méchants et une belle reporter périr sous les balles d'un cruel homme d'affaire. Résultat, forcément, il flingue des dizaines de types, mais rien n'y fait: pas la moindre trace d'expression sur son visage. Un vrai exploit, à côté d'un tel homme, nul doute que Steven Seagal est un acteur de composition. Mais, passons, le spectateur n'est pas là pour un concours d'interprétation. D'ailleurs le reste de la distribution est plutôt médiocre, elle aussi. A l'exception d'un Henri Silva suave et cabotin qui en rajoute dans l'ignoble au point de frôler la caricature, si pas la parodie. Lui, il extermine les rats, comprenez les citoyens du Bronx, et rien ne peut arrêter sa croisade dévastatrice. Castellari, d'ailleurs, en rajoute une couche via les dialogues. Et c'est peu dire que les répliquent donnent dans le lourd! La version française, imposée, n'arrange pas vraiment les choses, mais au moins le public a-t-il le choix de rire devant de telles énormités. Quelques exemples significatifs: Mark Gregory, pour sa part, tire sur tout ce qui bouge avec son petit révolver, faisant exploser une camionnette et même un hélicoptère! Les cadavres, eux, tombent comme des mouches. Une hécatombe qui se termine par un héros solitaire au centre d'un immense champ de bataille aux décors calcinés et encore fumants. Bien sûr, le cinéaste ne peut rivaliser avec les blockbusters américains, n'empêche qu'il en donne au spectateur pour son argent. Malgré des trucages grossiers, des maquettes très visibles et des mannequins peu crédibles, Castellari emporte le morceau en privilégiant un rythme alerte, sans temps morts, et une surenchère assez amusante dans l'action. Bien filmé, agréable, LES GUERRIERS DU BRONX 2, même si il ne se montre pas vraiment à la hauteur de sa réputation, constitue un bel exemple du cinéma bis rital des eighties, un western moderne et urbain situé entre MAD MAX 2 et NEW YORK 1997. Sympa! La copie DVD, correcte, est en scope, le son est d'époque (en version française uniquement) et le tout se passe du moindre supplément si ce n'est la bio / filmo de Castellari et Henri Silva. Mais comme le produit est vendu au prix d'une bouchée de pain, on ne fera pas trop la fine bouche. |
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Fred Pizzoferrato - Juillet 2007 |
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