ESSENTIAL KILLING
Titre: Essential Killing
Réalisateur: Jerzy Skolimowski
Interprètes: Vincent Gallo

 

Emmanuelle Seigner
David L. Price
 
 
 
 
Année: 2010
Genre: Thriller / Aventures
Pays: Pologne / Norvège / Irlande / Hongrie
Editeur  
Critique:

Mohammed (Vincent Gallo) vient d’abattre des Américains en Afganistan. Arrêté et transféré dans une base militaire de l’Europe de l’Est, Mohammed parvient à s’échapper et entame une longue cavale dans une nature hostile, couverte de neige, n’ayant aucune ressource ni d’autre choix que de tuer pour survivre…

Cinéaste réputé, Jezy Skolimowski tente le pari d’un cinéma radical et épuré à l’extrême, entièrement résumé dans son titre qui tient du concept : un homme traqué forcé de commettre des « crimes nécessaires » pour survivre dans un environnement hostile. Vincent Gallo porte le métrage sur ses épaules et choisit de ne pas prononcer le moindre mot, privant son personnage de la plus élémentaire caractérisation. Dès lors, le spectateur observe la lutte de l’individu fasse à l’adversité dans un parcours linéaire traversé d’embuches et de rencontres improbables. Cet antihéros court, se nourrit comme il peut (d’insectes, d’écorces) et se rappelle, parfois, son existence passée symbolisée par une femme en Burka censée représenter une vie heureuse.

ESSENTIAL KILLING ne développe pas davantage son argument et se contente de l’étirer dans la longueur bien au-delà du supportable. En dépit d’une photographie soignée, de quelques paysages à la beauté envoutante et d’une mise en scène habile, le métrage sombre rapidement dans l’ennui, les redites et la lassitude. En outre, et même s’il se défend de toute portée politique, Skolimowski réalise un film idéologiquement douteux qui transforme un terroriste taliban coupable de nombreux meurtres et attentats en héros de Survival.

Une approche s’opposant au thématiquement similaire mais cent fois supérieur RAMBO de Ted Kotcheff qui, à l’inverse d’ESSENTIAL KILLING, parvenait à rendre son principal protagoniste intéressant, émouvant et redoutable. Vincent Gallo, pour sa part, poursuit son parcours jusqu’au final prévisible devant lequel on a simplement envie de crier, au bout de près d’une heure et demie de torture, « tout ça pour ça ».

Branlette pseudo philosophique faussement intellectuelle camouflant derrière ses prétentions artistiques un vide sidérant, ESSENTIAL KILLING distille, durant 89 minutes, un ennui tenace et s’avère particulièrement soporifique et antipathique.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2011