DJANGO PREPARE TON EXECUTION

Titre: Execution
Réalisateur: Domenico Paolella
Interprètes: John Richardson

 

Mimmo Palmara
Franco Giornelli
Piero Vida
Rita Klein
Néstor Garay
Dali Bresciani Dali Bresciani
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur
Critique:
Encore un nouveau film apparenté à Django pour des raisons purement mercantiles. Ici, aucun personnage ne s’appelle Django. L’intrigue, brouillonne, peine à passionner mais tourne autour d’un type, Clips, libéré après plusieurs années de prison. Il possède un mandat qui lui permet d’arrêter légalement un certain John Coler, son ancien complice. Valable cinq ans, ce mandat arrive prochainement à expiration et Clips doit se dépêcher pour empocher la récompense promise (pas moins de 20 000 dollars quand même !). Après diverses recherches, Clips finit par retrouver Coler qui participe à un spectacle itinérant dans lequel il démontre ses talents de tireur. Cela attire l’attention d’infâmes bandits mexicains (pléonasme ?) qui capturent Clips et torturent John Coler. Ce dernier leur révèle qu’il n’est pas John mais son frère cadet, Bill. Tous se mettent ensuite à la recherche d’un stock d’or surveillé par un militaire infiltré.

DJANGO PREPARE TON EXECUTION est un honnête western dont le principal défaut reste un scénario sans grand intérêt qui brasse trop de sous-intrigues et part dans tous les sens. La première moitié du film se montre d’ailleurs assez ennuyeuse et donne l’impression que le cinéaste ne sait pas où aller, avec des personnages mal définis et des enjeux flous. La seconde moitié s’avère heureusement plus efficace : cela reste confus et guère palpitant mais, au moins, le spectateur reçoit sa dose d’action soutenue par une partition musicale de bonne facture. Un bon point, tout comme les paysages désertiques et très rocailleux qui changent agréablement de nombreux « spagh’ » verdoyants. Un décor superbe et rarement vu puisque le film fut, en effet, en partie tourné en Israël.




Au niveau des acteurs, le film se situe là aussi dans la bonne moyenne : l’Anglais John Richardson (LE MASQUE DU DEMON et UN MILLION D’ANNES AVANT JESUS CHRIST) s’avère convaincant dans son double rôle : il campe, forcément, les deux frangins, John et Bill. A ses côtés nous retrouvons Dick Palmer (de son vrai nom Mimmo Palmara) dont la carrière se partagea à part égale entre le péplum (LA GUERRE DE TROIE, HERCULE CONTRE ROME) et le western (MON COLT FAIT LA LOI, L’EVADE DE YUMA) durant les sixties. La mise en scène, elle, est assurée par Domenico Paolella, modeste artisan du cinéma populaire ayant débuté avec des films de pirates (LES PIRATES DE LA CÔTE, LA TERREUR DES MERS) puis une poignée de péplums sympathiques (en particulier le réussi et archétypal HERCULE CONTRE LES TYRANS DE BABYLONE). DJANGO PREPARE TON EXECUTION reste, avec HAINE POUR HAINE, un des rares westerns d’un réalisateur surtout connu des bisseux pour son intéressante nunsploitation LES RELIGIEUSES DU SAINT ARCHANGE.

Dans la tradition du spagh’, le cinéaste se montre inspiré par la violence, en particulier lors d’une scène de torture gratinée qui rappelle les grandes heures de l’horreur gothique italienne : le pauvre Bill est attaché à un poteau et fouetté par le chef mexicain à coup de fléau médiéval (la grosse boule hérissée de pointes !). Bill se retrouve logiquement ensanglanté et la crapule au sombréro vient poser en rigolant des sangsues sur les plaies. Digne d’une bande dessinée pour adultes tout ça ! Plus nerveux et énergique, le dernier acte multiplie les morceaux de bravoure et les cadavres tombent comme des mouches jusqu’au duel final, tout en retenue, au cours duquel le héros confronte le Mexicain et introduit, lentement, six balles dans le barillet de son révolver. La caméra alterne son visage déterminé avec celui de son antagoniste poisseux de sueur, sur une musique inspirée. On trouve aussi quelques placements de caméra originaux, comme lorsqu’un tir de révolver destiné à briser une corde de guitare est filmé…de l’intérieur de la caisse de résonnance de l’instrument. Plaisant.

DJANGO PREPARE TON EXECUTION recourt aussi à quelques ficelles (c’est le cas de le dire) du western italien avec une série de Winchester déclenchées à distance par un habile montage de cordes qui donnent l’impression d’une multitude de tireurs embusqués. Un procédé bien connu mais toujours sympathique. Dans l’ensemble, ce long-métrage oublié remplit agréablement son rôle de divertissement rythmé, violent et parfois sadique.

Un bon moment.

Fred Pizzoferrato - Août 2017