EXORCISMO
Titre: Exorcismo
Réalisateur: Juan Bosch
Interprètes: Paul Naschy

 

Maria Perschy
Mercedes Molina
María Kosty
Jordi Torras
Luis Induni
Roger Leveder
Année: 1975
Genre: Horreur / Exorcist-rip off
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1975, EXORCISMO est un des nombreux décalques de L’EXORCISTE balancé dans les salles obscures pour espérer récolter quelques miettes de son succès. Après une première imitation américaine façon blaxploitation (ABBY), ce sont surtout les Européens, fortement imprégnés de traditions religieuses, qui se jetèrent dans la mêlée via des titres comme L’ANTECHRIST, BACCHANALES INFERNALES, LA MAISON DE L’EXORCISME, etc.

Par conséquent, il n’est guère étonnant qu’aux côtés de la Péninsule, la très catholique Espagne ait succombé aux charmes du démon avec cette modeste production co-écrite par l’inévitable Paul Naschy. Bien évidemment, ce-dernier affirme avoir eu l’idée originale d’EXORCISMO plusieurs années avant la publication du roman de William Peter Blatty ensuite adapté par William Friedkin. Une déclaration sujette à caution tant le produit fini reprend, dans ses grandes lignes, la trame de L’EXORCISTE.

Une jeune demoiselle, Leila, participe à une cérémonie païenne (« une bonne excuse pour prendre de la drogue et se livrer à la dépravation sexuelle ») et commence à agir de manière étrange après un accident de voiture. Très vite, les psychologues et les médecins s’avouent dépassés et impuissants devant le comportement de la jeune femme dont plusieurs connaissances (dont son frère et son amant) meurent sauvagement assassinés. Un prêtre, Adrian Dunning (joué par Paul Naschy en personne) conclut à la possession, cette fois causée non par le diable mais bien par l’esprit du père décédé de Leila. L’homme de Dieu décide finalement de pratiquer les rites sacrés du Grand Exorcisme afin de la délivrer du Mal.

Cette production mal-aimée (y compris par la majorité des fans de Naschy) se révèle, en effet, décevante reproduit, quasiment à l’identique, la plupart des péripéties de L’EXORCISTE sans y apporter la moindre innovation. Aucune surprise ne vient, dès lors, relancer l’intérêt du spectateur lequel attend, avec une impatience grandissante, les manifestations maléfiques, confinées durant les vingt dernières minutes du métrage.

Lors du climax, la jolie débutante Grace Mills (alias Mercedes Molina) voit son visage couvert d’un maquillage largement tributaire de celui crée par Dick Smith pour le film de Friedkin. Rien de novateur, encore une fois. Seule l’interprétation de Paul Naschy, toujours impliqué, élève un tant soit peu le niveau, l’acteur incarnant un ecclésiastique ayant une connaissance encyclopédique de la démonologie et de l’occultisme.

Languissant, EXORCISMO souffre d’un réel problème de rythme et génère rapidement davantage d’ennui que de frissons, le cinéaste Juan Bosch ne parvenant jamais à dépasser le simple hommage (ou plagiat) appliqué. Beaucoup de séquences trop bavardes alourdissent exagérément l’entreprise qui s’appuie, par intermittence, sur de brefs intermèdes érotiques pour éviter au spectateur un complet assoupissement. Malgré tout, le film fut un grand succès commercial et, dit on, l’œuvre la plus lucrative et profitable de Paul Naschy.

Pas complètement déplaisant mais sans grand intérêt, EXORCISMO doit être réservé aux inconditionnels de Paul Naschy ou aux « complétistes » des sous-EXORCISTE des années ’70. Les autres s’abstiendront sans regret.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2012