LES EXTERMINATEURS DE L'AN 3000

Titre: Il giustiziere della strada
Réalisateur: Giuliano Carnimeo
Interprètes: Robert Iannucci

 

Alicia Moro
Luciano Pigozzi
Eduardo Fajardo
Anna Orso
Beryl Cunningham
Luca Venantini
Année: 1983
Genre: Science-fiction
Pays: Italie
Editeur
Critique:
Suite au succès de NEW YORK 1997, MAD MAX et, plus encore, de MAD MAX 2, l’Italie se prit d’affection pour les visions post-apocalyptiques et produisit une bonne douzaine de décalques des long-métrages de George Miller. Le genre semblait prédestiné pour les besogneux du bis italien puisqu’il combinait les paysages et l’ambiance du western avec la violence des polars rentre-dedans et le côté outrancier des costumes colorés hérités du péplum. 2020 TEXAS GLADIATORS, LES GUERRIERS DU BRONX, LES NOUVEAUX BARBARES, 2019 APRES LA CHUTE DE NEW YORK et autres ENDGAME, autant de sorties d’intérêt variable auxquels s’ajoutent ces EXTERMINATEURS DE L’AN 3000, sans doute le plagiat le plus éhonté de MAD MAX 2 vu de ce côté-ci de la Méditerranée.



Après une catastrophe atomique ayant détruit la couche d’ozone et transformé la Terre en une zone désertique et désolée, quelques survivants vivotent dans un camp retranché. Hélas, leurs ressources s’épuisent et l’eau vient à manquer. Un de ses survivants, John, a été envoyé en expédition d’exploration mais n’est jamais rentré. Une seconde mission, qui compte comme passager clandestin Tommy, le fiston du disparu, prend la route à son tour en quête d’une source d’eau potable. Malheureusement, Crazy Bull, chef d’un gang de pillards, les prend en chasse. Pour un de ses derniers films, le spécialiste du western Giuliano Carnimeo démontre qu’il n’a pas perdu la main et tire le meilleur parti possible du peu d’argent dont il dispose. Un casting composé de vétérans du cinéma populaire italien (Luciano Pigozzi alias Alan Collins, Eduardo Fajardo, Anna Orso et Beryl Cunningham), un héros baroudeur à la fois viril et tendre (joué par l’inconnu Robert Iannucci) et un gamin au bras bionique en quête d’une figure paternelle (Luca Venantini, déjà vu dans FRAYEURS et PULSIONS CANNIBALES) composent la galerie de principaux protagonistes prêt à en découdre dans les terrains vagues de la Péninsule.



Carnimeo orchestre en outre de belles cascades avec des tonneaux de bagnoles et des explosions joliment efficaces et saupoudre le long-métrage d’une bonne dose de violence sadique. Afin de garantir un rythme alerte, le cinéaste restreint judicieusement la durée à 83 minutes. Le scénario, de son côté, décalque celui de MAD MAX 2 avec une bonne santé stupéfiante, remplaçant simplement le pétrole par l’eau, devenue la denrée la plus recherchée après l’apocalypse. Même le grand méchant Crazy Bull s’avère un quasi sosie d’Humungus. Seule la musique, synthétique et mélodique, louche plus volontiers vers les compositions de John Carpenter.

Bref, sans la moindre originalité, LES EXTERMINATEURS DE L’AN 3000 fonctionne cependant gentiment et offre un potable divertissement science-fictionnel de série B.

Fred Pizzoferrato - Octobre 2017