EXTERMINATOR 2
Titre: The Exterminator II
Réalisateur: Mark Buntzman [ & William Sachs]
Interprètes: Robert Ginty

 

Deborah Geffner
Mario Van Peebles
Frankie Faison
Scott 'Slo-motion' Randolph
Reggie Rock Bythewood
Bruce Smolanoff
Année: 1984
Genre: Vigilante
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1980, THE EXTERMINATOR (alias LE DROIT DE TUER) devint rapidement un succès surprise qui remit au goût du jour le « vigilante movie » ultra violent dans la tradition d’UN JUSTICIER DANS LA VILLE et consort. Interprété par Robert Ginty, le justicier urbain John Eastland, surnommé « l’exterminateur », revient pour cette séquelle cette fois produite sous l’égide des spécialistes de la Cannon.

Si la recette n’a guère changé, les producteurs optent ici pour une approche encore plus extrémiste et jusqu’au-boutiste de la violence urbaine, accouchant d’un spectacle excessif et tellement réactionnaire qu’il verse dans la parodie involontaire, proche des bandes dessinées à la « Punisher » ou des futurs délires sécuritaires du JUSTICIER DE NEW YORK.

Un vétéran du Vietnam, John Eastland, s’est jadis transformé en justicier pour nettoyer les rues des crapules. Affublé du sobriquet de « l’exterminateur », il s’est, à présent, rangé des voitures et travaille comme éboueur en compagnie de son ami Be Gee. Profitant d’une existence paisible avec sa nouvelle copine, la danseuse Caroline, Eastland ne peut cependant résister à la tentation de brûler vif une bande de raclures venant d’abattre un couple de personnes âgées. Malheureusement, l’un de ces sous-hommes n’était autre que le frère de X, un illuminé sanguinaire rêvant d’unifier tous les criminels de New York sous sa sanglante bannière. Un jour, Caroline, est agressée par quelques racailles alors qu’elle se promène dans Central Park. Paralysée, la jeune femme voit ses rêves de carrière brisés et sombre dans la dépression, ce qui l’amène à rompre avec Eastland. Ce-dernier décide alors de reprendre les armes et se console en brûlant au lance-flamme tous les salopards infestant New York. Le grand nettoyage peut commencer.

Datant de 1984, EXTERMINATOR 2 est entièrement ancré dans son époque, ce dont témoignent les costumes fantaisistes, les passages dansés, les chorégraphies « breakdance » et la bande originale, sorte d’électro-rock synthétique typique de la première moitié des eighties. Autant d’éléments réjouissants pour les aficionados, lesquels passeront généreusement l’éponge sur une mise en scène souvent défaillante et médiocre qui tire hélas l’entreprise vers le bas. Pour son unique réalisation, le débutant Mark Buntzman (producteur de l’original), tente toutefois de pallier son noviciat en alignant les scènes d’action et en limitant au maximum les passages d’exposition. Une bonne initiative en dépit de quelques longueurs, notamment des numéros de danse peu passionnants et l’inévitable « love scene » langoureuse et voulue sexy mais, en réalité, plutôt embarrassante. Pour l’anecdote, William Sachs, metteur en scène de deux « classiques » bis (LE MONSTRE QUI VIENT DE L’ESPACE et GALAXINA) co-scénarise le film et a également, selon la rumeur, mis la main à la pâte au niveau de la réalisation afin de suppléer aux carences de Buntzman.

Le rythme fonctionne, dès lors, en dent de scie: après un début rondement mené, le long-métrage s’éparpille dans des scènes inutiles avant un final pétaradant d’une petite demi-heure un peu handicapé par une confrontation finale décevante entre X et l’exterminateur. Durant les trente dernières minutes, l’exterminateur transforme son camion poubelles en véritable char d’assaut équipé de mitrailleuses commandées par des câbles et autres gadgets mortels. « L’agence tous risque » n’aurait pas fait mieux et le héros se voit, au propre comme au figuré, assimilé à un indispensable nettoyeur venu jeter dans sa benne à ordures les raclures de la ville.

L’interprétation, de son côté, s’avère fort inégale. Quoique limité, Robert Ginty accomplit un honnête boulot dans la peau de l’exterminateur, créant une silhouette iconique, celle d’un homme vêtu d’une simili armure, d’un masque métallique et d’un lance-flammes avec lequel il purifie la crasse. Mario Van Peebles, dans le rôle de son ennemi, simplement surnommé X, joue la surenchère et cabotine en hurlant « I am the streets ». Une pourriture irrécupérable qui trouvera finalement la juste récompense de ses méfaits. Spécialiste des seconds rôles à la riche filmographie, Frankie Faison compose un sympathique side-kick tandis que Deborah Geffner manque un peu de conviction dans le rôle, basique et ingrat, de la « demoiselle en détresse » agressée par les crapules.

Au final, EXTERMINATOR 2 souffre de trop de maladresses pour être une vraie réussite mais son énergie et sa hargne le rendent plaisant et sympathique. Les nombreuses scènes d’auto-justice sont, en effet, très divertissantes, le vigilante n’hésitant pas à torturer et massacrer ses ennemis sans la moindre pitié pour le plus grand plaisir du spectateur. Bref, un honnête exemple de cinéma d’action joyeusement réactionnaire que les amateurs du genre se plairont à savourer le sourire aux lèvres même si cette séquelle reste, logiquement, un cran en deçà du premier volet et verse souvent dans le nanar.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2016