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Le Dr Francis B. Gross, un expert autoproclamé, nous convie à un voyage dans les tréfonds de l'horreur absolue, à la recherche de l'ultime mystère: être face à la mort durant plus d'une heure trente. Ce film célèbre, concocté pour le marché japonais, reçut un succès inattendu et révélateur lorsqu'on sait qu'il se compose uniquement de scènes de meurtres non simulés. Ou présentés comme telles puisqu'il est à présent prouvé que les passages les plus spectaculaires (électrocution, décapitation au Moyen Orient, attaque d'animaux, etc.) sont truquées. D'autres (suicides et accidents de la route) sont, eux, authentiques et tirés d'archives. Les séquences reconstituées sont médiocrement interprétées mais les maquillages sont convaincants. Concernant les tueries non simulées d'animaux, une grande habitude du cinéma "mondo", on reste dubitatif, surtout lorsqu'on y joint les commentaires particulièrement hypocrites d'un simili expert. Inutile de se leurrer, les théories fumeuses et autres considérations philosophiques ne sont présentes que pour donner une certaine crédibilité à cet assemblage opportuniste d'atrocités. L'ensemble n'apporte rien, si ce n'est une certaine honte envers la race humaine.
Après d'autres atrocités (truquées ou pas) commises à l'encontre des animaux, nous observons la revanche de la nature, personnifiée par un crocodile qui dévore un garde dans une reconstitution indigne d'une série Z. Suivent de faux témoignages d'assassins avant une visite, réelle et abominable, aux victimes de divers accidents. La caméra se promène dans une morgue et, avec un sens moral effarant, masque les organes génitaux des victimes mais pas les blessures abominables. Pour les producteurs, la vision d'un sexe est plus offensante que celle d'une cervelle répandue ou d'intestins exposés. Drôle de conception de la décence, non?
Au delà de son aspect profondément choquant, il existe deux manière de prendre FACE A LA MORT: comme un documentaire réaliste ou comme un spectacle de grand-guignol. La seconde étant sans doute plus opportune. Nous sommes en effet plus proches de WIZARD OF GORE ou BLOODSUCKING FREAKS que d'une œuvre anthropologique sérieuse. Mais la mauvaise foi de ses concepteurs est tel que l'on sort écoeuré de cet étalage de bassesse. Un cocktail indigeste, quoique devenu culte. (et par conséquent régulièrement repris dans les listes consacrées aux cult-movies) Réservé aux "pervers", le film fut interdit dans 35 pays et classé nasty en Grande Bretagne. Préférez à cette chose un bon film gore et éviter de donner de l'argent aux personnes commercialisant de telles abominations. Pour ceux qui auraient malgré tout aimé, sachez qu'il existe de nombreuses "suites": FACE A LA MORT 2, FACE A LA MORT 3, FACE A LA MORT IV, FACES OF DEATH 5, FACES OF DEATH 6, THE WORST OF FACES OF DEATH et FACES OF DEATH - FACT OR FICTION? Sans oublier les décalques comme TRACES OF DEATH, FACES OF GORE, FACES OF TORTURE, SHOCKING ASIA, AMERICA EXPOSED. etc. Si le sujet vous intéresse il existe une bible (en anglais): Killing For Culture de Kerek & Slater. Quelle époque! |
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Fred Pizzoferrato - Février 2007 |
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