FINAL EXAM
Titre: Final Exam
Réalisateur: Jimmy Huston
Interprètes: Cecile Bagdadi

 

Joel S. Rice
Ralph Brown
DeAnna Robbins
Sherry Willis-Burch
John Fallon
Terry W. Farren
Année: 1981
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur Uncut Movies
Critique:

Immensément populaire durant les années ’80, une décennie référée par certains critiques comme celle des « dead teenagers », le slasher avait pour avantage un coût de production extrêmement réduit et d’énormes recettes potentielles. Un lieu clos bien défini, un casting de jeunots à belle gueule et de jeunettes prêtes à tomber le haut, une dizaine de meurtres à l’arme blanche,…rien de compliquer en apparence.

La recette, facile à cuisiner, constituait par conséquent une manière commode pour de jeunes cinéastes ambitieux de réaliser un premier long-métrage et, peut-être, de débuter une lucrative carrière. Sur les traces de VENDREDI 13 et HALLOWEEN, bien des réalisateurs novices firent ainsi couler le sang, de manière plus ou moins convaincante, en se contentant, bien souvent, de varier les décors des meurtres. A ce petit jeu, le potentiel des universités fut rapidement découvert puisqu’elles offraient l’avantage de permettre de nombreuses blagues bien lourdes annonçant les comédies à la PORKY’s ou AMERICAN PIE.

Pour la seule année 1981 on vit ainsi débarquer sur les écrans GRADUATION DAY, THE DORN THAT DRIPPED BLOOD, HAPPY BIRTHDAY TO ME et ce FINAL EXAM, en attendant les futurs SPLATTER UNIVERSITY, THE HOUSE ON SORORITY ROW, VŒUX SANGLANTS et autre SCREAM, sans oublier les parodies, style 13 MORTS ET DEMI. Malheureusement, FINAL EXAM, quoique sympathique, ne trouvera jamais sa place parmi les réussites du slasher.

L’intrigue, pour commencer, est extrêmement convenue et rabâchée, en plus d’être brouillonne et sans grand intérêt. Au collège de Lanier, une bande de gugusses appartenant à une confrérie estudiantine quelconque organise une fausse attaque terroriste sur le campus dans le seul but de permettre à l’un d’entre eux, surnomme Wildman, de gagner un peu de temps pour étudier…ou plutôt pour dérober les copies des examens de fin d’années ! Dérangé dans son inactivité consciencieuse, le shérif prend très mal la plaisanterie et jure de châtier les coupables mais les élèves, gardiens et professeurs trouvent, de leur côté, la blague plutôt drôles. Si, si ! Une autre époque. Mais passons. Hélas pour les turbulents trublions, un authentique serial killer (un quoi ?) choisit le collège Lanier pour venir détendre ses nerfs en massacrant quelques étudiants. L’un d’eux, le très « nerd » Radish, seul témoin du carnage, tente de prévenir les autorités mais, échaudées par la blague précédente, celles-ci refusent d’intervenir. Le tueur fou peut, par conséquent, poursuivre sa petite extermination de teenagers dans la joie et la bonne humeur…

Le principal problème de FINAL EXAM réside dans l’aspect disparate de son scénario, véritable patchwork de scènes sans lien entre elles. Après un premier meurtre balancé pour contenter les fans d’épouvante, le long-métrage se transforme, durant cinquante minutes, en une banale comédie de lycée en outre absolument pas drôle. Gags potaches et scènes de dragues se suivent mollement sans parvenir à conférer la moindre épaisseur aux personnages secondaires. Seule la timide étudiante Courtney (probablement vierge et destinée, par conséquent, à devenir la « final girl ») et l’intello philosophe Radish (« le crime de masse est à présent un phénomène quotidien » déclare t’il avec philosophie) bénéficient d’un minimum de développement et parviennent, parfois, à se montrer attachants. Le reste des protagonistes répond, de son côté, à tous les clichés en vigueur, du capitaine de l’équipe de football abrutis à la petite salope en rut qui couche avec les profs pour avoir de bonnes notes au lieu de réviser ses cours.

Lorsque le carnage commence réellement (soit durant le dernier tiers du film…oui, la patience est de rigueur !), le spectateur espère davantage d’énergie mais, malheureusement, la banalité continue de battre son plein. Les meurtres se succèdent sans la moindre inspiration et sont, hélas, désespérément timorés : quelques éclaboussures sanglantes, un couteau brandit par une main menaçante et basta, l’affaire est expédiée. Frustrant, d’autant que la nudité répond aux mêmes restrictions et, excepté une poitrine furtivement entrevue, FINAL EXAM refuse le moindre érotisme. Difficile de comprendre, par conséquent, sa sortie en DVD chez Uncut Movies, firme spécialisée dans le gore franc du collier souvent mâtiné de pornographie déviante.

La seule innovation, à double tranchant, du long-métrage consiste à dénier au serial killer le moindre background. Ni victime d’une mauvaise blague, ni noyé dans un camp de vacances, il n’a même pas surpris sa sœur à poil en train de câliner son petit copain. Non, le tueur reste, simplement, une ombre et le cinéaste évacue toute tentative « d’iconisation »: ni costume particulier, ni masque, ni arme fétiche. Simple silhouette, souvent maintenue dans la pénombre, qui tue une poignée d’étudiants sans mobile apparent, il ne possède pas, non plus, l’invulnérabilité apparente des increvables Jason ou Michael Myers. Si cette tendance réaliste donne un minimum d’originalité à FINAL EXAM elle lui interdit, à contrario, de proposer un « boogeyman » intéressant et marquant.

La musique, pour sa part, s’inspire ouvertement des thèmes composés par John Carpenter et s’avère relativement efficace mais, hélas, beaucoup trop minimaliste et répétitive pour ne pas lasser. A l’image, d’ailleurs, du film dans son ensemble.

En dépit de toutes ces faiblesses et d’un manque de rythme flagrant durant la première heure, FINAL EXAM se laisse cependant regarder d’un œil distrait par les inconditionnels. Dans la masse des slashers sortis durant la première moitié des années ’80 (une cinquantaine, au bas mot), le film de Jimmy Huston n’est, finalement, ni le pire ni le meilleur.

Juste un titre passe-partout, aussitôt vu et aussitôt oublié mais vaguement plaisant pour les nostalgiques, même si nous sommes loin d’une réussite…

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2012