LE RIDEAU DE LA MORT
Titre: The Flesh and blood Show
Réalisateur: Pete Walker
Interprètes: Ray Brooks

 

Jenny Hanley
Luan Peters
Robin Askwith
Candace Glendenning
Tristan Rogers
Judy Matheson
Année: 1972
Genre: Thriller / Slasher / Horreur
Pays: Grande-Bretagne
Editeur  
Critique:

Réalisateur anglais ayant débuté sa carrière dans l’érotisme, Peter Walker aborde le thriller en 1971 avec DIE SCREAMING MARIANNE puis se lance joyeusement dans l’horreur via une demi-douzaine de productions d’intérêt variable mais souvent excessives et sanglantes.

Précurseur des futurs slashers, LE RIDEAU DE LA MORT emprunte également quelques éléments au giallo et, inévitablement, au roman « Les dix petits nègres » d’Agatha Christie, souvent plagié par ce type de long-métrage. L’intrigue, basique, suit le carnage d’une troupe d’acteurs venus répéter une nouvelle pièce dans un théâtre abandonné. Invité par un inconnu, les comédiens se retrouvent rapidement piégés puis décimés un par un…Mais qui peut être leur mystérieux assassin ?

Pour un film dont le titre original est « The Flesh and Blood Show », LE RIDEAU DE LA MORT se montre, malheureusement, timoré au niveau du gore. La première partie du long-métrage se révèle ainsi lénifiante et essentiellement basée sur des intermèdes pseudo-érotiques témoignant du passé de Walker dans la « sexploitation ». Les actrices se dénudent donc régulièrement et souvent intégralement pour des motifs futiles, comme en témoigne la première scène, d’une gratuité et d’une bêtise sidérante au point de sombrer dans la parodie involontaire. On y voit une demoiselle agressée chez elle par un maniaque à qui elle a ouvert sa porte dans le plus simple appareil. Mais le cinglé est un de ses amis acteurs voulant lui faire une blague d’un goût douteux. Une fois dans le théâtre, notre petit monde s’ennuie rapidement mais, heureusement, chacune trouve son chacun afin de s’occuper durant les froides nuits suivant les répétitions.

Plein de bonne volonté, Walker en remet logiquement une couche au niveau de l’érotisme gentillet et de la nudité complaisante. « Eh bien, c’est du rapide » déclare même une des protagonistes alors qu’une de ses copines s’éclipse avec un type rencontré quelques minutes plus tôt. De manière ironique, le cinéaste compare d’ailleurs régulièrement les actrices à des prostituées, sans toutefois creuser davantage cette position provocante et humoristique. Si les adeptes de nymphettes dénudées seront contentés dès les premières minutes, les amateurs d’horreur et de frissons devront, eux, patienter jusqu’à la seconde moitié du film pour voir, enfin, le sang couler. Hélas, Pete Walker se montre bien timide et propose une hécatombe proprette, à mi-chemin de l’épouvante et d’un banal « policier » de fin d’après-midi. Décevant même si le massacre d’une bande de jeunes sexuellement libérés, coincés dans un lieu clos en compagnie d’un tueur mystérieux, préfigure le slasher des années ’80 et donne à l’ensemble un semblant d’intérêt, au moins historique. Walker anticipe également sur certains giallos, en particulier THE KILLER RESERVED NINE SEATS ou son quasi remake, BLOODY BIRD, mais le long-métrage manque de style et de panache pour s’élever au-dessus de la moyenne.

Au bout d’une heure de projection, le cinéaste, probablement pour réveiller un public assoupi, balance une scène de flashback tournée en trois dimensions et fortement influencée par le Grand-Guignol. Cette idée originale mais, surtout, complètement gratuite s’apparente surtout à un gimmick commercial amusant mais sans grand intérêt. Pire, l’obligation de mettre (puis retirer) les lunettes bicolores, annoncée par un message qui barre l’écran de manière péremptoire, constitue une distraction supplémentaire pour le spectateur déjà peu concerné par cette mollassonne intrigue.

Au final, l’impression générale concernant LE RIDEAU DE LA MORT reste mitigée, pour ne pas dire décevante. Quelques scènes efficaces ne sauvent pas un film globalement ennuyeux et plombé par de nombreuses longueurs et dialogues inutiles. Si la nudité, bien présente, mérite le coup d’œil pour les (a)mateurs, l’horreur et le gore, réduit à la portion congrue, auraient demandés plus de hargne pour emporter l’adhésion. Bref, un petit film pas désagréable mais sans saveur particulière qui se suit d’un œil distrait et disparaît rapidement des mémoires.

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2014