FLESH FOR THE BEAST
Titre: Flesh For The Beast
Réalisateur: Terry West
Interprètes: Jane Scarlett

 

Sergio Jones
Clark Beasley Jr
Jim Coope
Aaron Clayton
Caroline Munro
 
Année: 2003
Genre: Horreur / Gore / Erotique
Pays: USA
Editeur Neo Publishing
3 / 6
Critique:

Un étrange solitaire, John Stoker, invite dans sa maison supposée hantée une équipe d'experts en phénomènes paranormaux. Mais, loin de chasser les fantômes, les expérimentations pseudoscientifiques de la joyeuse bande réveillent quelques succubes sexy bien décidées à se nourrir de chair fraîche.

Toute petite production, FLESH FOR THE BEAST se veut une sorte d'hommage au cinéma d'horreur fauché des années 80, époque bénie pour tout amateur de séries B à l'intrigue minimaliste dont l'intérêt se mesurait uniquement aux nombres de poitrines dévoilées et à la quantité d'hémoglobine répandue. Avec le soutien de Mad Movies et le prix du meilleur film au Festival de New York, l'amateur espère logiquement que le résultat sera à la hauteurs des attentes.

Malheureusement, ce ne sera pas vraiment le cas. Si le pré-générique s'avère bien gore et poisseux en dépit d'un budget sans doute restreint, le métrage perd rapidement de son intérêt alors que la sempiternelle équipe d'experts chasseurs de fantômes débarque dans la demeure maléfique. Tous les clichés répondent présents alors que les personnages, sans la moindre épaisseur, passent leur temps à déambuler dans des couloirs mal éclairés.

Car FLESH FOR THE BEAST est terriblement languissant et manque cruellement de mordant (un comble avec un titre aussi prometteur!), le cinéaste s'avérant incapable de donner le moindre rythme à cette intrigue très prévisible. Coutumier du cinéma érotique, Terry West demande évidemment à ses comédiennes (le mot est sans doute un peu mal choisi!) de tomber le haut, et même le bas, à intervalles réguliers. Dans la seconde partie du métrage, chaque personnage se retrouve ainsi isolé dans une pièce décrépie, en compagnie d'une beauté dénudée. Après l'inévitable scène de séduction, les demoiselles révèlent leur véritable nature, celle de succube dévorant leurs proies.

Avec son esthétisme de téléfilm érotique bas de gamme et ses nombreuses longueurs, FLESH FOR THE BEAST paraît rapidement ennuyeux, même si le film remplit honnêtement son quota de scènes gore. Cannibalisme et éviscération se succèdent donc avec une bonne santé perceptible jusque dans les très généreux geysers de sang qui aspergent régulièrement nos apprenties actrices. Les effets spéciaux sont réussis et renvoient aux grandes heures du latex et du sirop de maïs, à la grande joie des allergiques du tout numérique. Terry West se réfère explicitement à Romero et Fulci (y compris lors de quelques passages décalqués comme un vomissement de tripailles voisin de celui de FRAYEURS) mais sa mise en scène un peu trop découpée prive le spectateur d'une partie de l'action. Heureusement que la musique bien métallique de l'ex-Guns & Roses Buckethead donne un sacré coup de fouet à des passages sinon un peu trop classiques pour vraiment secouer l'amateur.

Au niveau des décors, le manque de budget est flagrant et jamais cette demeure en apparence grandiose ne parviendra à donner le frisson. Tout ressemble en fait à une vieille bâtisse en ruines, avec des pièces dépourvues de meubles, et on imagine très bien l'équipe ayant loué une maison entre deux déménagements. D'où l'absence des tableaux, sculptures et autres décorations inquiétantes d'habitude si prisées dans les films dit de "maison hantée".

Evidemment, Terry West ne vise pas le même public que Robert Wise avec LA MAISON DU DIABLE mais un minimum de soin au décorum aurait grandement amélioré l'impression laissée par ce métrage bien pauvre. Notons cependant l'apparition furtive de l'ex-Scream Queen (et ancienne Bond Girl) Caroline Munro qui accentue le côté nostalgique de cette oeuvrette. En résumé, FLESH FOR THE BEAST constitue une petite série B amateur vite mise en boîte où l'unique intérêt est de montrer le cast féminin à poil et beaucoup de scènes gore bricolées maison. On peut adhérer aux intentions du cinéaste tout en reconnaissant que le résultat reste malheureusement bien en deçà des espérances. Plutôt sympa si on n'attend pas un chef d'oeuvre du genre mais aussitôt vu, aussitôt oublié!

Le DVD Neo Publishing fait sans doute ce qu'il peut mais l'image est d'une qualité proche de celle des K7 vidéo de notre jeunesse, ce qui confère au film un côté "vintage eighties" à la fois référentiel est décevant. Trois pistes sonores sont disponibles: deux en version originale sous-titrées (Dolby Digital 5.1 ou DTS) et une, stéréo, doublée en français. A part ça les suppléments jouent profil bas avec un bande annonce et quelques photos.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007