FLESH EATER
Titre: Zombie Nosh / Revenge of the Living Dead
Réalisateur: S. William Hinzman
Interprètes: S. William Hinzman

 

John Mowod
Leslie Ann Wick
Kevin Kindlin
Charis Kirkpatrik Acuff
James J. Rutan
 
Année: 1988
Genre: Horreur / Gore
Pays: USA
Editeur Uncut Movies


Critique:

Bill Hinzmann a incarné le premier zombie de LA NUIT DES MORTS VIVANTS, celui qui agresse Barbara ("They are coming for yoouuuu") et son frère dans le cimetière. Il s'occupa également de divers jobs sur les trois films suivants de George A. Romero et réalisa dans les années 80 un petit slasher de série, ONE BY ONE, écrit par John Russo, scénariste de LA NUIT DES MORTS VIVANTS (justement) et coupable de nombreux romans de gore (et de gare) exploitant les grandes lignes du chef d'œuvre de Romero.

Bref, l'idée de réaliser une séquelle à ce classique fondateur vient à l'esprit de Mr Hinzmann au milieu des eighties, lorsqu'il se rend compte de sa notoriété auprès du fandom. Le bonhomme met donc en chantier ce métrage amateur qui s'apparente à un remake déguisé sur lequel il assure presque toutes les fonctions: réalisation, interprétation, écriture, montage et production. L'ensemble paraît donc sympathique à défaut de vraiment convaincre.

Tout débute par le réveil d'un zombie enterré dans un champ suite à des rites satanique. Un fermier en est la première victime, bientôt suivit de beaucoup d'autres et les rares survivants se terrent pour échapper aux assauts de la meute affamée. Ce scénario peu original s'applique à recopier le classique de 1968 dans ces moindres détails, y compris lors d'un final ironique et identique. En effet, l'ultime bobine de ce FLESH EATER constitue un pur décalque et reprend toute la dernière partie de son modèle, sans même oublier l'ironie des dernières images. Gonflé, Mr Hinzmann!

La principale différence réside dans "l'explication" de l'apparition des morts vivants, ici liée à la sorcellerie et donc au pur fantastique, alors que la saga de Romero se rapproche de la science-fiction, et fatalement du roman "I Am A Legend" de Richard Matheson. Mais, très vite, FLESH EATERS oublie ces prémices (contrairement aux décalques italiens comme ceux de Romero qui gardent souvent cette atmosphère un peu "gothique") et aligne les poncifs les plus éculés.

Comme vingt ans se sont écoulés depuis LA NUIT DES MORTS VIVANTS et que, fatalement, beaucoup de sang a coulé sous les ponts, le cinéaste délaisse la suggestion et y va franco sur la boucherie pure. Pour mettre le produit au goût du jour, Hinzmann mise donc sur la nudité gratuite et les hectolitres d'hémoglobine, dans une démarche similaire à celle des gore ritals tournés au début des années 80. Les effets sanglants sont donc nombreux mais répétitifs et les maquillages pas toujours convaincants. Cœur arraché, tripes dévorées à pleines dents, têtes éclatées, impacts de balles, coup de hache ou de fourche, la bonne volonté est évidente et saura satisfaire les fans - pas trop exigeants - du genre.

La musique, par contre, devient rapidement crispante. Le thème choisi est efficace mais son utilisation forcenée dans chacune des séquences finit par lasser les plus réceptifs. Et ce n'est pas le seul défaut du métrage car l'amateurisme des acteurs n'arrange guère les choses, d'autant que le rythme n'est pas des plus soutenu.

Inévitablement, le spectateur s'ennuie un peu entre les passages sanglants mais ces derniers sont, heureusement, suffisamment nombreux pour maintenir l'attention. La forme est cependant soignée, ce qui surprend pour un produit au budget aussi misérable et tourné en 16 mm pour une exploitation vidéo.

En résumé, il est possible de s'amuser devant cette accumulation de séquences horribles, même si le tout s'avère assez déficient. Anecdotique mais sympathique, FLESH EATER plaira aux amateurs de zombie-movie très gore. Les autres peuvent s'abstenir.

Bonus: Making off détaillant les conditions de tournage épique de cette production fauchée, d'une durée de 36 minutes et sans langue de bois. Passionnant pour les bissophiles, il change agréablement du ton consensuel de mise dans la plupart des titres "grand public" édités en DVD. Le deuxième supplément, une bande défilante de photos, dure trois quarts d'heure, ce qui est sûrement beaucoup trop long pour 99,99% du public. Sinon voici une belle édition bien ficelée, limitée à 1.000 exemplaires, qui contentera aisément ses acheteurs, pour peu qu'ils sachent à quoi s'attendre.

Fred Pizzoferrato - Janvier 2008