FLOWER AND SNAKE 2
Titre: Hana to hebi: jigoku-hen
Réalisateur: Shôgorô Nishimura
Interprètes: Kaori Aso

 

Mami Fujimura
Sei Hiraizumi
Masaaki Hiraoka
Kayo Kiyomoto
Kenji Kodama
Akemi Nagisa
Année: 1985
Genre: Pinku / Erotique / SM / Tortures
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Adaptation d’un roman du spécialiste japonais de l’érotisme SM Oniroku Dan, FLOWER AND SNAKE avait été un grand succès en 1974, sauvant pratiquement la vénérable compagnie Nikkatsu alors en mauvaise posture financière. Une pseudo séquelle, UNE FEMME A SACRIFIER, est bien sûr produite dès l’année suivante et le romancier voit ensuite une dizaine de ses œuvres portées à l’écran.

Pourtant, il faut attendre 1985 pour que débarque une suite officielle à FLOWER AND SNAKE, laquelle s’apparente, en réalité, à un remake du premier film. Par conséquent, aucun des protagonistes de l’original ne revient dans cette « variation sur un même thème » guère innovant mais néanmoins divertissant pour les amateurs de pinku corsé.

Parti en voyage d’affaires, un homme laisse son épouse seule à la maison. Sa belle-fille profite de l’aubaine pour tenter d’arnaquer Madame et lui extorquer une forte somme d’argent. Pour ce faire, elle organise son propre enlèvement et espère partager sa rançon avec ses ravisseuses. Malheureusement, la demoiselle est doublée par ses complices et se voit réellement séquestrée. Des Yakuza, renseignés par le chauffeur de Madame, amoureux d’elle, interviennent et les délivrent. Mais les deux femmes ne sont pas au bout de leurs peines puisqu’elles vont être humiliées, battues, torturées et violées de diverses manières durant toute une nuit.

Né en 1930, le Japonais Shougorou Nishimura débute à la Nikkatsu en 1954 et y accomplit différentes tâches avant d’être promu réalisateur en 1963. Quelques années plus tard, le studio décide d’embrasser complètement le « roman porno » et le cinéaste, à l’aise dans ce genre alors en vogue, livre plus de 80 films érotiques en une quinzaine d’années. En fin de carrière, il dirige les 3 séquelles à FLOWER AND SNAKE produites au milieu des années ’80.

Rôdé aux outrances du pinku sadomaso, Shougorou Nishimura égrène donc, sur environ 70 minutes, tous les clichés attendus du genre. Une jeune femme délaissée tombe ainsi, en compagnie de sa belle-fille, dans les griffes d’une bande de sadiques et la majeure partie du long-métrage, au budget sans doute aussi serré que les cordes emprisonnant les demoiselles, se déroule, dès lors, en huis-clos. La valse des tortures peut commencer…

Linéaire et très classique dans sa progression, FLOWER AND SNAKE 2 reprend l’argument habituel du pinku, à savoir des jeunes femmes humiliées et violées qui finissent, bien sûr, par apprécier ce traitement, y prennent goût et en redemandent après être devenues de parfaites salopes soumises aux mâles tout puissants. Le film va donc assez loin dans le malsain et transforme rapidement ses protagonistes féminines en objet de plaisir qui se tordent de souffrance pour amuser une poignée de tortionnaires imaginatifs.

Comme dans la plupart des « roman porno », FLOWER AND SNAKE 2 joue la carte de la scatologie avec l’inévitable scène de lavement (ou « enema »). Ici, pour corser la situation, la belle-mère voit son anus remplit par deux seringue d’eau tandis que sa belle-fille, elle, se tord pour aller uriner…qui va perdre ce « concours » ? Au final, bien évidemment, les deux se soulagent en public, la plus jeune étant même forcée de goûter à l’urine imprégnant sa culotte trempée. La suite poursuit dans la même atmosphère de dégradation féminine avec divers viols, coups, etc. La routine du pinku.

L’aspect bondage, évidemment très développé, comprend les habituelles suspensions inconfortables et autres cordages qui s’incrustent dans la peau délicate des poitrines dénudées. Etrangement, l’ensemble garde une véritable esthétique et ne sombre jamais dans le répugnant, le cinéaste dosant habilement le suggestif et l’explicite en conférant au produit un réel style, bien au-dessus de la plupart des films occidentaux similaires.

Heureusement, quelques passages délaissent le côté malsain pour jouer plus franchement la carte du sexy. Les deux « héroïnes » se voient par exemple obligées de participer à des jeux coquins et Madame, recouverte de cire brulante tombant d’une bougie, est violée par sa belle-fille équipée d’un gode ceinture. Sans hésiter le meilleur passage du long-métrage.

Dans la tradition du genre, tout finira très mal avec une explosion de violence abrupte et surprenante ponctuée de coups de couteau saignants. Un petit carnage façon polar seventies. Mais, après tout, nous sommes dans le monde impitoyable des Yakuza. Très classique FLOWER AND SNAKE 2 constitue une intéressante plongée dans le monde dépravé du pinku sadomaso.

Les amateurs de cinéma érotique occidental seront évidemment choqués de cette glorification machiste de la souffrance féminine (tous les rapports sexuels sont basés sur la brutalité et la domination) mais les curieux ne seront pas déçus de ce petit film. L’ensemble se révèle en outre esthétiquement soigné et filmé avec un certain talent, ne serait-ce que pour ruser avec la censure et éviter de révéler la moindre foufoune. Un sacré défi étant donné les positions des jeunes femmes qui passent les neuf dixième du film dans le plus simple appareil.

La courte durée de ce FLOWER AND SNAKE 2 évite d’ailleurs de s’ennuyer et permet d’oublier son aspect très linéaire et prévisible pour goûter à ses charmes pervers. A réserver toutefois aux curieux ou aux amateurs de bizarreries nippones.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013