FLOWER AND SNAKE III: PUNISHMENT
Titre: Hana to hebi: Shiiku-hen
Réalisateur: Shôgorô Nishimura
Interprètes: Minako Ogawa

 

Yuri Yau
Mariko Kajikawa
Sadami Sakamoto
Hideaki Nagai
Ryu Ikeda
Yuichi Minato
Année: 1986
Genre: Pinku / Erotisme / SM
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Débutée en 1974, la sage « Flower and Snake » avait pratiquement sauvé de la banqueroute la compagnie Nikkatsu. En dépit de nombreuses déclinaisons (comme UNE FEMME A SACRIFIER), il fallut pourtant attendre 1985 pour que Shôgorô Nishimura en propose une première suite officielle, toujours adaptée d’Oniroku Dan, le maître nippon de la littérature sado-maso. Ayant efficacement relancé la saga, Shôgorô Nishimura lui offre rapidement de nouvelles suites.

Dès 1986, FLOWER AND SNAKE 3 : PUNISHMENT débarque sur les écrans japonais, reprenant une formule à présent bien rodée basée sur la longue humiliation d’une jeune femme réduite à un objet prompt à satisfaire les désirs sadiques d’une poignée de pervers. Evidemment, d’abord réticente, la belle finit par y prendre goût et, dans les dernières minutes, en redemande. L’intrigue n’a donc rien d’originale.

Cette fois, un homme d’affaire, Takayoshi Tooyama, refuse de sauver l’entreprise d’un de ses anciens amis. Ce-dernier, pour se venger, kidnappe la femme du businessman, Shizuko, l’enferme, la soumet à diverses tortures et humiliations et décide de la transformer en chienne lubrique avant d’en faire la vedette d’un film porno. Ce projet ruinera définitivement la réputation de la demoiselle et celle de son mari. Par la suite, les kidnappeurs s’en prennent également à la servante de Shizuko, la forcément désirable Chiyo, qu’ils soumettent aux mêmes traitements dégradant. Pour sauver Chiyo de cette dépravation, Shizuko accepte d’obéir aux moindres souhaits de ses tourmenteurs.

Le scénariste Masahiro Kakefuda (auteur de quelques classiques du cinéma japonais déviant comme LE COUVENT DE LA BÊTE SACREE ou HORROR OF THE MALFORMED MEN) ne change pas un iota à l’intrigue, toujours très basique, des précédents épisodes de cette vague saga érotique. Il reprend les inévitables rapports de domination entre hommes et femmes et ne semble pouvoir envisager l’érotisme que par la brutalité et la contrainte imposée à des demoiselles attachées, « bondagées », fouettées, violées, tortures et humiliées.

Toujours porté sur l’urologie, FLOWER OF SNAKE 3 propose une scène assez étonnante au cours de laquelle la pauvre victime doit ingurgiter, via un entonnoir, des litres d’eau. Ses ravisseurs lui écrasent ensuite le ventre, évidemment distendu comme un ballon près à éclater, et la force à uriner au visage d’un homme agenouillé. Les autres passages érotiques se révèlent, eux, plus classiques, avec les inévitables suspensions inconfortables, les introductions d’objets variés dans les divers orifices de la suppliciées, les viols, les flagellations, les amours lesbiennes contraintes et, bien sûr, le traditionnel épandage de cire brulante sur un corps offert.

Du classique, forcément suggestif (le cinéaste ruse une nouvelle fois pour proposer du chaud sans révéler la moindre chatte), mais toujours plaisant pour les amateurs de pinku sadomaso, ici en terrain connu puisque FLOWER AND SNAKE 3 se contente de ressasser les mêmes éléments déjà vus et revus depuis le premier épisode.

En dépit du manque flagrant de budget, qui condense l’action dans un décor quasi unique, FLOWER AND SNAKE 3 se suit avec plaisir et s’avère un bon divertissement « pinku » dont les scènes chaudes, parfois gratinées, sauront contenter les amateurs de perversions.

En raison d’une durée ridiculement courte (à peine 70 minutes), il est quasiment impossible de s’ennuyer même si le film se contente de reprendre une formule à présent balisée, soit une suite de scènes avilissantes pour les protagonistes féminines qui délecteront les spectateurs mâles.

Dans le genre « pinku » à tendance sadomaso / torture (soft), ce nouvel opus de la prolifique saga constitue donc une bonne pioche.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013